Home SantéLa pire épidémie depuis des décennies · Break Dengue

La pire épidémie depuis des décennies · Break Dengue

by Sophie Martin

Les cas de dengue connaissent une augmentation inquiétante à travers les Amériques, avec des chiffres qui rappellent des années records. L’Organisation panaméricaine de la santé (OPS) alerte sur une situation préoccupante, exacerbée par la pandémie de COVID-19 qui pourrait perturber l’accès aux soins.

L’Argentine est particulièrement touchée, avec un nombre de cas approchant rapidement les 80 000, un niveau comparable à celui de 2016, année record pour le pays. Le Paraguay et la Bolivie enregistrent également des chiffres sans précédent : le Paraguay a recensé près de 220 000 infections jusqu’au début juin, soit 50 fois plus qu’à la même période en 2019, et 18 fois le total de 2019. La Bolivie, quant à elle, a signalé près de 83 000 cas jusqu’à la semaine épidémiologique 22, soit dix fois plus qu’en 2019 et cinq fois le total annuel de cette année-là.

En 2019, la région des Amériques avait déjà été confrontée à une épidémie de dengue d’une ampleur considérable, avec plus de 3,1 millions de cas et 1 500 décès, selon l’OPS. Le Brésil avait alors été le pays le plus affecté, comptabilisant plus de 2,2 millions de cas et près de 800 décès.

Si le Brésil semble connaître une baisse des cas en 2020, avec environ 1,1 million d’infections signalées jusqu’au début juin (contre près de 1,7 million à la même période en 2019), d’autres pays voient les chiffres grimper. C’est le cas du Belize, de la Colombie, du Costa Rica, de la République dominicaine, du Salvador, de la Guadeloupe, du Guatemala, du Honduras, du Mexique, du Nicaragua, du Pérou et de Saint-Martin.

L’épidémie a même franchi l’Atlantique, avec la confirmation du premier cas de dengue contracté localement dans l’État de Floride, plus précisément dans le comté de Miami-Dade, fin mai 2020.

Les experts s’interrogent sur le rôle de la pandémie de COVID-19 dans cette recrudescence. La saturation des systèmes de santé et la crainte de contracter le virus pourraient dissuader les patients de consulter, entraînant une sous-déclaration des cas et un manque de traitement.

« Nous avions tous les trois la dengue, nous avions tous les symptômes, les douleurs, les éruptions cutanées, mais nous ne sommes pas allés dans une clinique ou un centre de santé pour ne pas nous exposer [au COVID-19) », a témoigné Sonia Fernández, une avocate paraguayenne, à l’agence Reuters. Elle et ses deux filles se sont rétablies sans soins médicaux.

Esteban Ortiz, chercheur en santé mondiale à l’Université des Amériques de Quito, en Équateur, souligne également la sous-déclaration des cas : « Il est très clair que la dengue est sous-déclarée. Les cas n’ont pas diminué ; le diagnostic des cas a diminué. » L’Équateur a signalé 9 300 cas de dengue en 2020, soit 1 100 de plus que le total de 2019.

Paradoxalement, les mesures de confinement et les restrictions de voyage liées à la COVID-19 pourraient également freiner la propagation de la dengue à l’échelle mondiale.

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