Publié le 8 décembre 2025 10h44. Une nouvelle classification du diabète de type 2, basée sur des sous-groupes distincts, pourrait révolutionner la prise en charge de cette maladie chronique et permettre une meilleure prévention de ses complications.
- Le diabète de type 2 n’est pas une entité unique, mais se décline en cinq sous-groupes aux profils de risque et de comorbidités différents.
- Le diabète insulino-résistant sévère (SIRD) est particulièrement associé à un risque accru de maladies hépatiques, cardiovasculaires et rénales.
- Une identification précoce de ces sous-groupes est cruciale pour adapter les traitements et réduire la mortalité.
Le diabète de type 2, une maladie métabolique en constante augmentation, est traditionnellement considéré comme une affection unique. Cependant, des recherches récentes remettent en question cette vision simpliste. Une équipe suédoise a identifié cinq sous-groupes distincts, ouvrant la voie à une approche plus personnalisée de la prise en charge.
Cette classification, initialement présentée en 2018 (doi : 10.1016/S2213-8587(25)00283-9) et depuis confirmée par plusieurs études, repose sur l’analyse de six variables : la présence d’anticorps anti-glutamate décarboxylase (GADA), l’âge au diagnostic, l’indice de masse corporelle (IMC), le taux d’hémoglobine glyquée (HbA1c), la fonction des cellules bêta et la résistance à l’insuline.
Les cinq sous-groupes identifiés sont les suivants :
- Groupe 1 : Diabète auto-immun sévère (SAID) – Caractérisé par une apparition précoce, un IMC relativement faible, un mauvais contrôle métabolique, un déficit en insuline et la présence d’anticorps GADA.
- Groupe 2 : Diabète insulino-déficient sévère (SIDD) – Similaire au groupe 1, mais sans la présence d’anticorps GADA.
- Groupe 3 : Diabète insulino-résistant sévère (SIRD) – Associé à une forte résistance à l’insuline et à un IMC élevé.
- Groupe 4 : Diabète léger lié à l’obésité (MOD) – Caractérisé par l’obésité et une légère résistance à l’insuline.
- Groupe 5 : Diabète léger lié à l’âge (MARD) – Observé chez les patients âgés présentant de légers troubles métaboliques.
Une étude prospective menée auprès de près de 20 000 participants suédois, avec une période de suivi pouvant aller jusqu’à 14 ans, a permis d’évaluer le risque de comorbidités et de mortalité dans ces différents sous-groupes. Les résultats mettent en évidence des disparités significatives.
Le SIRD se distingue particulièrement par une prévalence élevée de comorbidités au moment du diagnostic : 69,8 % de dyslipidémie, 44,4 % d’hypertension artérielle, 10,9 % de maladies cardiovasculaires et 1,1 % de maladie hépatique stéatosique. Les patients atteints de SIRD présentent également un risque accru de développer une maladie hépatique stéatosique (HR 3,29 et 1,55), une insuffisance rénale (SIDD : HR 2,94 ; SIRD : HR 3,41) et un infarctus du myocarde (SIDD : HR 1,44 ; SIRD : HR 1,51).
Les sous-groupes SAID et SIDD présentent quant à eux un risque plus élevé de rétinopathie (SAID : HR 1,35 ; SIDD : HR 2,11 et SAID : HR 2,58 ; SIDD : HR 2,13), tandis que le risque de fibrillation auriculaire est plus important dans les groupes SIRD et MOD (SIRD : HR 1,32 ; MOD : HR 1,58). Enfin, le SIDD, le SIRD et le MOD sont associés à un risque accru de mortalité toutes causes confondues (HR 1,44-1,52), principalement due à des causes cardiovasculaires.
Les auteurs de l’étude insistent sur la nécessité d’une identification et d’un traitement précoces de ces sous-groupes. Ils soulignent en particulier l’importance du SIRD, un groupe à haut risque qui échappe souvent aux facteurs de risque traditionnels basés sur la glycémie. Ils suggèrent que la résistance à l’insuline, prédominante dans le SIRD, pourrait être à l’origine de la forte prévalence des comorbidités observées. Ils appellent à une prise en compte plus large de ces facteurs dans le diagnostic et le suivi des patients.
Selon les chercheurs, l’HbA1c, bien qu’utile, ne suffit pas à évaluer le risque global de complications. Une approche plus fine, tenant compte des caractéristiques spécifiques de chaque sous-groupe, est donc essentielle pour optimiser la prise en charge et améliorer le pronostic des patients diabétiques de type 2.
- Asplund O et al., Comorbidités et mortalité dans des sous-groupes d’adultes diabétiques avec un suivi jusqu’à 14 ans : une étude de cohorte prospective en Suède. Lancet Diabetes Endocrinol 2025, en ligne le 14 novembre.
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