Publié le 6 janvier 2026 à 16h26. La découverte d’ossements datant de plusieurs millénaires dans une grotte de Bandung Ouest prouve que la région était habitée bien avant les migrations austronésiennes, remettant en question les hypothèses sur les premières civilisations de l’île de Java.
- Des ossements humains, datés entre 9 500 et 5 600 ans, ont été découverts dans la grotte de Pawon, près de Bandung.
- L’analyse ADN révèle des similitudes génétiques entre ces premiers habitants et les Sundanais actuels.
- La découverte apporte un éclairage nouveau sur la légende locale de Sangkuriang et l’histoire géologique du bassin de Bandung.
La grotte calcaire de Padalarang, située dans le village de Gunung Masigit, district de Cipatat, dans la régence de Bandung Ouest, a livré un témoignage précieux sur le passé lointain de la région. La découverte des restes de l’« Homme de Pawon » confirme que le bassin de Bandung était déjà occupé par des populations humaines il y a des milliers d’années. Cette découverte, fruit de fouilles archéologiques menées dans un environnement difficile – couches de sol volcanique et excréments de chauves-souris – est un élément clé dans la recherche des origines de l’humanité en Indonésie.
Selon les experts, ces premiers habitants vivaient au Mésolithique, entre 9 500 et 5 600 ans avant notre ère. Ils utilisaient les grottes karstiques, formées à partir d’anciens récifs coralliens soulevés par des processus géologiques, comme abris. La position des squelettes, retrouvés en position fœtale, suggère l’existence de rituels funéraires élaborés au sein de cette communauté.
Physiquement, l’Homme de Pawon présente des caractéristiques mongoloïdes, avec des mâchoires robustes et des dents remarquablement bien conservées malgré leur ancienneté. Les chercheurs ont également mis au jour des artefacts autour des squelettes, notamment des outils en pierre de schiste, des bijoux confectionnés à partir de dents d’animaux et des traces de foyers anciens. Ces objets témoignent d’une maîtrise de techniques rudimentaires pour la survie, de la transformation de la nourriture à la fabrication d’ornements.
La situation géographique de la grotte de Pawon, à 716 mètres d’altitude, offrait un point d’observation privilégié sur l’ancien lac de Bandung. Cet emplacement stratégique facilitait la chasse et l’accès à des sources d’eau potable. La présence de ces populations à cet endroit remet en question l’idée que la région de Bandung était inhabitée avant l’arrivée des populations modernes ou des migrations austronésiennes. En réalité, ce site constituait un centre de civilisation bien antérieur aux royaumes de Tarumanegara et Pajajaran, qui ont prospéré plus tard sur les terres de Pasundan.
La découverte est également liée à la légende locale de Sangkuriang, qui raconte l’histoire d’un lac géant bloquant la région de Bandung suite à une éruption volcanique. Géologiquement, l’Homme de Pawon a vécu à une époque où l’ancien lac de Bandung existait encore, avant que l’eau ne se retire vers Sanghyang Tikoro.
Une analyse de l’ADN mitochondrial des squelettes a révélé des similitudes génétiques avec les Sundanais contemporains. Cette découverte renforce l’hypothèse selon laquelle les Sundanais sont les descendants directs des premiers habitants des grottes karstiques de Padalarang, qui ont évolué au fil du temps. Des recherches similaires sur l’île de Flores ont mis en lumière l’existence de l’Homo floresiensis, surnommé le « Hobbit ».
Afin de sensibiliser le public et de valoriser ce patrimoine historique, une réplique du squelette de l’Homme de Pawon est exposée dans la grotte. L’objectif est de permettre aux jeunes générations de se familiariser avec l’histoire de leurs ancêtres et de préserver la zone karstique de Citatah contre l’extraction de calcaire, qui pourrait entraîner la perte de vestiges archéologiques précieux. Le site archéologique de Pangguyangan à Sukabumi présente également des vestiges historiques intrigants, comparables à d’anciennes pyramides.
Les mystères du continent perdu du Sundaland continuent également de fasciner les chercheurs et de susciter des interrogations sur les origines des populations d’Asie du Sud-Est. (Muhafid/R6/HR-Online)