Publié le 27 novembre 2025. Phnom Penh figure parmi les capitales d’Asie du Sud-Est où le réchauffement climatique s’accélère le plus, une situation qui exacerbe les risques liés aux catastrophes naturelles et met à rude épreuve la vie urbaine, la santé publique et les infrastructures, selon un nouveau rapport de l’ONU.
- Phnom Penh est identifiée comme un point chaud en Asie du Sud-Est, susceptible de connaître une augmentation significative des températures en raison de l’effet d’îlot de chaleur urbain.
- Le Cambodge pourrait connaître plus de 250 jours par an avec un indice de chaleur supérieur à 35°C (95°F) et jusqu’à 138 jours au-dessus de 41°C (106°F) d’ici la fin du siècle.
- L’ONU appelle à une planification à long terme, à un renforcement de la coopération régionale et à l’intégration de la chaleur dans les stratégies de gestion des risques.
L’Asie et le Pacifique sont confrontés à une augmentation alarmante des risques liés à la chaleur, comme le révèle le Rapport sur les catastrophes en Asie-Pacifique 2025 : hausse de la chaleur, risque croissant, publié le 26 novembre par la Commission économique et sociale des Nations Unies pour l’Asie et le Pacifique (CESAP). Le rapport met en évidence une tendance inquiétante : la chaleur extrême remodèle le paysage des catastrophes dans la région, affectant tous les pays et toutes les populations.
L’étude souligne que les zones urbaines sont particulièrement vulnérables en raison de l’effet d’îlot de chaleur urbain, un phénomène par lequel les surfaces densément construites emprisonnent la chaleur et augmentent les températures par rapport aux zones rurales environnantes. Selon l’analyse de la CESAP, cet effet pourrait ajouter entre 2°C et 7°C au réchauffement climatique déjà en cours dans des villes comme Séoul, Tokyo, Pékin, Delhi, Karachi, Dhaka, Manille, Jakarta et Phnom Penh.
Le Cambodge n’est pas épargné. Le rapport prévoit que le pays pourrait connaître plus de 250 jours par an avec un indice de chaleur dépassant les 35°C et jusqu’à 138 jours au-dessus des 41°C d’ici la fin du siècle. Ces températures extrêmes présentent de graves risques pour la santé, notamment des coups de chaleur, des problèmes cardiovasculaires et une vulnérabilité accrue pour les enfants, les personnes âgées et les travailleurs extérieurs.
La pression s’accentue sur les villes comme Phnom Penh, où l’urbanisation rapide et la densité de population aggravent l’effet d’îlot de chaleur. Les quartiers les plus pauvres et les plus densément peuplés sont particulièrement exposés, car l’accès au refroidissement, à l’eau et aux soins de santé y est limité.
« Alors que l’accès au refroidissement, à l’eau et aux soins de santé est de plus en plus mis à rude épreuve, les enfants, les personnes âgées et les travailleurs à faible salaire des zones urbaines pauvres et densément peuplées sont touchés de manière disproportionnée. »
Rapport sur les catastrophes en Asie-Pacifique 2025
La demande croissante en climatisation pourrait également mettre à rude épreuve le réseau électrique cambodgien, avec un risque de pannes en cas de chaleur extrême, ce qui pourrait avoir des conséquences potentiellement mortelles.
Le rapport de la CESAP s’inscrit dans un contexte régional plus large de crise climatique. En 2024, l’année la plus chaude jamais enregistrée, l’Asie et le Pacifique ont été frappées par de violentes vagues de chaleur, notamment au Bangladesh (affectant 33 millions de personnes) et en Inde (causant environ 700 décès). Les projections indiquent que les pertes annuelles liées aux catastrophes pourraient augmenter de 418 milliards à 498 milliards de dollars d’ici 2100 dans le pire des scénarios.
« La chaleur ne connaît pas de frontières ; par conséquent, les réponses politiques doivent anticiper les impacts, réduire l’exposition et la vulnérabilité à grande échelle et protéger les personnes les plus exposées. »
Armida Salsiah Alisjahbana, sous-secrétaire générale de l’ONU et secrétaire exécutive de la CESAP
Face à cette situation, la CESAP appelle les gouvernements à donner la priorité à une planification des risques à long terme, à renforcer la coopération régionale et à intégrer la chaleur dans les stratégies de gestion des risques. Seuls 54 % des agences météorologiques mondiales émettent actuellement des avertissements en cas de températures extrêmes. L’extension de ces systèmes d’alerte à 57 pays supplémentaires pourrait sauver environ 100 000 vies chaque année, selon le rapport.
Pour aider les pays à faire face à ces défis, la CESAP a annoncé trois nouvelles initiatives : l’élargissement des régimes de protection sociale résilients au changement climatique et inclusifs, l’établissement de corridors de refroidissement verts transfrontaliers et le déploiement de technologies spatiales pour améliorer la surveillance de la chaleur et l’alerte précoce. Ces initiatives ont été dévoilées lors de la neuvième session du Comité sur la réduction des risques de catastrophe, qui s’est tenue à Bangkok jusqu’au 28 novembre.
