Publié le 26 octobre 2023. Taïwan refuse catégoriquement une proposition américaine visant à relocaliser une part importante de sa production de semi-conducteurs sur le sol américain, au moment où les négociations commerciales entre les deux pays se poursuivent.
- Le vice-Premier ministre taïwanais, Cheng Li-Chiun, a fermement rejeté l’idée que Taïwan produise 50 % de ses semi-conducteurs aux États-Unis.
- Cette position intervient après une visite à Washington où des discussions sur les tarifs douaniers américains sur les exportations taïwanaises ont eu lieu.
- Taïwan cherche à conclure un accord commercial avec l’administration américaine pour éviter l’imposition de tarifs de 20 % sur ses produits technologiques.
Le gouvernement taïwanais a clairement indiqué qu’il n’acceptera pas de condition imposant la production de la moitié de ses semi-conducteurs aux États-Unis. Selon le vice-Premier ministre Cheng Li-Chiun, cette proposition émane uniquement des États-Unis et n’a jamais fait l’objet de négociations de la part de l’équipe taïwanaise.
« Je tiens à préciser que c’est une idée des États-Unis. Notre équipe de négociation n’a jamais engagé 50% pour distribuer les quotas. Ils sont sûrs que nous ne discutons pas de ce problème et nous n’accepterons pas une telle condition. »
Cheng Li-Chiun, vice-Premier ministre taïwanais
Ces déclarations interviennent après une visite de Cheng Li-Chiun à Washington, où des progrès ont été signalés dans les négociations concernant les tarifs douaniers américains sur les exportations technologiques taïwanaises. Taïwan espère parvenir à un accord avec l’administration Trump pour éviter l’application de ces tarifs.
La demande croissante de technologies liées à l’intelligence artificielle a entraîné un excédent commercial important entre Taïwan et les États-Unis, attirant l’attention de l’administration américaine. Plus de 70 % des exportations taïwanaises vers les États-Unis concernent des produits de l’industrie des technologies de l’information et de la communication, notamment des puces, selon un communiqué du gouvernement taïwanais.
Pour tenter d’éviter les tarifs douaniers, Taïwan s’est engagé à augmenter ses investissements aux États-Unis, à accroître ses achats d’énergie américaine et à porter ses dépenses de défense à plus de 3 % de son produit intérieur brut (PIB). Cependant, Cheng Li-Chiun a réaffirmé la position ferme des fabricants taïwanais sur la question de la production locale.
« Ils doivent comprendre qu’il est essentiel pour vous de produire 50% »
Howard Lutnick, secrétaire américain au Commerce
Selon le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, une production de 50 % des puces taïwanaises aux États-Unis garantirait la capacité du pays à répondre à ses besoins. Washington vise à atteindre une part de marché de 40 à 50 % dans la production de puces.
Taïwan concentre actuellement plus de la moitié de la production mondiale de semi-conducteurs, une position stratégique souvent qualifiée de « bouclier en silicium » qui dissuade toute attaque ou tout blocus potentiel de la Chine.
Parallèlement aux négociations avec les États-Unis, le chancelier taïwanais, Lin Chia-Lung, a souligné la volonté de son pays de devenir un « partenaire fiable » pour l’Europe, contribuant ainsi au renforcement des industries européennes. Il a mis en avant l’importance d’un écosystème technologique résilient et diversifié pour soutenir le plan de réindustrialisation de l’Union européenne.
(Avec des informations de l’Agence de presse EFE)
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