Publié le 30 septembre 2025. Taïwan maintient sa position de premier plan dans le dernier rapport américain sur la traite des personnes, mais des failles persistent dans la protection des travailleurs migrants, notamment dans le secteur de la pêche.
- Taïwan figure parmi les 33 pays ayant obtenu le meilleur classement (niveau 1) dans le rapport 2025 du Département d’État américain.
- Le rapport souligne des progrès dans la condamnation des trafiquants et l’aide aux victimes, mais met en évidence des lacunes dans l’identification des victimes et la protection des travailleurs migrants.
- Les produits de la pêche taïwanaise restent sur la liste américaine des marchandises produites par le travail des enfants ou le travail forcé.
Pour la 16e année consécutive, Taïwan a conservé son classement de niveau 1 dans le rapport annuel sur la traite des personnes publié par le Département d’État américain. Ce classement indique que l’île respecte pleinement les normes minimales requises pour l’élimination de la traite des êtres humains. Taïwan rejoint ainsi 32 autres nations, dont le Canada, la Finlande, l’Allemagne, la Suède, le Royaume-Uni et les États-Unis, à occuper cette position de premier plan.
Le rapport précise que le gouvernement taïwanais a intensifié ses efforts pour lutter contre ce fléau et s’est conformé aux exigences de la loi américaine sur la protection des victimes de la traite (TVPA) de 2000. Cependant, il est important de souligner que ce classement ne signifie pas pour autant que la traite des êtres humains a disparu à Taïwan, ni que les mesures prises sont suffisantes pour l’éradiquer complètement.
Les autorités taïwanaises ont notamment augmenté le nombre de condamnations pour trafic d’êtres humains et ont considérablement accru le nombre de victimes orientées vers des services d’assistance. Des enquêtes ont également été menées sur des cas présumés de travail forcé impliquant des entreprises. Néanmoins, le rapport relève une diminution du nombre d’enquêtes et de poursuites judiciaires, ainsi qu’un manque d’application complète des procédures d’identification des victimes. Cette situation complique l’accès à la justice et aux soins pour certaines personnes vulnérables.
Le rapport met également en lumière des faiblesses dans la réglementation du travail migratoire à Taïwan et dans les conditions de travail offertes aux travailleurs étrangers. Les protocoles d’inspection insuffisants et le manque de coordination entre les différents ministères entravent les efforts visant à identifier, enquêter et poursuivre les cas de travail forcé, en particulier dans le secteur de la pêche, un domaine particulièrement vulnérable. Les restrictions imposées aux travailleurs migrants concernant le changement d’employeur en cours de contrat, ainsi que l’absence de lois spécifiques protégeant les droits des soignants migrants, continuent d’exposer des milliers de personnes à l’exploitation.
Selon le rapport, la traite des êtres humains est définie comme un crime consistant à exploiter et à tirer profit d’adultes ou d’enfants en les contraignant à effectuer un travail ou à s’engager dans des activités sexuelles commerciales.
Enfin, le rapport signale que les produits de la pêche capturés par les navires taïwanais figurent toujours sur la liste biennale du ministère américain du Travail recensant les marchandises produites par le travail des enfants ou le travail forcé, une inscription qui a débuté en 2021 et a été renouvelée en 2023.
(Par Chung Yu-Chen et Wu Kuan-Hsien)
