Home SantéTaux de réussite de l’immunothérapie contre le cancer de la tête et du cou : ce que les patients doivent savoir en 2025

Taux de réussite de l’immunothérapie contre le cancer de la tête et du cou : ce que les patients doivent savoir en 2025

by Sophie Martin

Publié le 14 décembre 2025 à 13h02. L’immunothérapie, une approche thérapeutique qui stimule les défenses naturelles de l’organisme, transforme la prise en charge des cancers de la tête et du cou, offrant de nouvelles perspectives aux patients, même en cas de formes avancées ou récidivantes.

  • Les inhibiteurs de points de contrôle immunitaires, comme le pembrolizumab et le nivolumab, sont des traitements clés dans cette nouvelle approche.
  • Le taux de réponse à l’immunothérapie varie de 15 % à 36 % selon les caractéristiques du patient et de la tumeur.
  • La durabilité de la réponse et l’amélioration de la survie globale sont des atouts majeurs de l’immunothérapie, même en l’absence de réduction tumorale significative.

Le cancer de la tête et du cou englobe un ensemble de tumeurs affectant la cavité buccale, le pharynx, le larynx et les voies nasales. Plus récemment, on observe une augmentation des cancers de l’oropharynx liés à l’infection par le virus du papillome humain (VPH). Pendant des décennies, la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie ont constitué les piliers du traitement. Si ces approches restent indispensables, elles peuvent être difficiles à supporter pour les patients et ne sont pas toujours efficaces.

Au cours de la dernière décennie, l’immunothérapie a révolutionné le traitement de nombreux cancers solides. Cette approche vise à activer le système immunitaire du patient pour qu’il reconnaisse et détruise les cellules cancéreuses. Parmi les avancées les plus significatives, on compte l’introduction des inhibiteurs de points de contrôle immunitaires pour le carcinome épidermoïde de la tête et du cou (CEHNC) récurrent ou métastatique.

Comprendre l’efficacité de l’immunothérapie dans le traitement de ces cancers peut s’avérer complexe, car son mode d’action diffère de celui de la chimiothérapie. Les bénéfices de l’immunothérapie se manifestent souvent de manière progressive, et non immédiate. Cet article a pour objectif d’expliquer le fonctionnement de l’immunothérapie, d’identifier les patients qui en tirent le plus de bénéfices, d’analyser les résultats des essais cliniques en termes de réponse et de survie, et de décrire les résultats concrets pour les personnes atteintes d’un cancer avancé de la tête et du cou.

Taux de réussite de l'immunothérapie pour le cancer de la tête et du cou

Pour en savoir plus sur les cancers de la tête et du cou, consultez OncoDaily.

Comment l’immunothérapie agit-elle dans le cancer de la tête et du cou ?

Les médicaments d’immunothérapie les plus couramment utilisés pour traiter le cancer de la tête et du cou sont les inhibiteurs de PD-1, notamment le pembrolizumab et le nivolumab. Ces médicaments bloquent la protéine PD-1 présente sur les cellules immunitaires, empêchant ainsi les cellules cancéreuses d’utiliser ce mécanisme pour échapper à la surveillance du système immunitaire. Une fois la PD-1 bloquée, les lymphocytes T peuvent reconnaître et attaquer la tumeur avec plus d’efficacité. L’immunothérapie ne détruit pas directement les cellules cancéreuses, mais elle supprime les obstacles qui empêchent le système immunitaire de défendre l’organisme.

La réponse à l’immunothérapie varie considérablement d’un patient à l’autre. Certains observent une réduction rapide et durable de la taille de leurs tumeurs, tandis que d’autres connaissent une stabilisation de la maladie ou des changements minimes. Les chercheurs ont identifié plusieurs facteurs biologiques, tels que l’expression de PD-L1, le statut HPV et l’environnement immunitaire de la tumeur, qui peuvent aider à prédire la probabilité de réponse.

Que révèlent les essais cliniques sur les taux de réussite ?

Les essais cliniques fournissent les données les plus fiables sur l’efficacité de l’immunothérapie. Deux études majeures sont particulièrement importantes : KEYNOTE-048, qui a évalué le pembrolizumab en tant que traitement de première intention, et CheckMate 141, qui a étudié le nivolumab chez des patients dont le cancer avait progressé après une chimiothérapie.

Dans l’essai KEYNOTE-048, le pembrolizumab seul a montré un taux de réponse global d’environ 17 %, mais les résultats étaient significativement meilleurs – jusqu’à 23 % – chez les patients dont les tumeurs présentaient une expression élevée de PD-L1 (CPS ≥20). L’association du pembrolizumab à une chimiothérapie a permis d’augmenter le taux de réponse jusqu’à 36 %, ce qui en fait une option intéressante pour les patients nécessitant une réduction plus rapide de la tumeur. (Burtness et coll., 2019). Il est important de noter que le pembrolizumab a amélioré la survie globale, en particulier chez les patients présentant une expression élevée de PD-L1, et que certaines réponses ont persisté pendant des années.

L’essai CheckMate 141 a évalué le nivolumab chez des personnes atteintes d’un cancer de la tête et du cou récurrent ou métastatique ayant déjà reçu une chimiothérapie. Le taux de réponse global était d’environ 13 %, ce qui peut sembler modeste, mais la durabilité des réponses était remarquable. De nombreuses réponses ont duré plus d’un an et la survie globale s’est améliorée par rapport à la chimiothérapie standard (Ferris et coll., 2016). Cette durabilité est une caractéristique distinctive de l’immunothérapie : même lorsque les taux de réponse ne sont pas élevés, les bénéfices pour les patients qui y répondent peuvent être considérables.

Dans toutes les études, le taux de réussite de l’immunothérapie, défini comme une réduction significative et durable de la tumeur, varie d’environ 15 % à 36 %, en fonction du type de tumeur du patient, de ses antécédents de traitement et de son niveau de PD-L1. Bien que ce pourcentage ne soit pas aussi élevé que dans certains autres cancers, comme le mélanome, la qualité des réponses et l’amélioration de la survie à long terme sont significatives.

Taux de réussite par sous-groupe de patients

La probabilité de bénéficier de l’immunothérapie varie en fonction des différents groupes de patients atteints d’un cancer de la tête et du cou.

Cancer de l’oropharynx HPV-positif (p16-positif) :

  • Les patients atteints de tumeurs liées au VPH ont tendance à présenter une meilleure reconnaissance immunitaire et répondent souvent plus favorablement à l’immunothérapie. Bien que les taux de réponse varient, ces patients connaissent généralement une meilleure survie globale dans les essais d’immunothérapie. (Cohen et coll., 2019).

Expression PD-L1 élevée :

  • PD-L1 est une protéine présente sur les cellules tumorales et les cellules immunitaires. Les tumeurs présentant des taux élevés de PD-L1 sont plus susceptibles de répondre au pembrolizumab. Dans l’étude KEYNOTE-048, les taux de réussite les plus élevés ont été observés chez les patients PD-L1 CPS ≥20, avec des améliorations significatives de la réponse et de la survie.

Maladie récurrente ou métastatique :

  • Les patients dont le cancer est réapparu ou s’est propagé à d’autres organes disposent souvent de peu d’options de traitement. Dans ce groupe, l’immunothérapie offre les meilleures chances de contrôler la maladie à long terme, même si les taux de réponse initiale sont modestes.

Patients préalablement traités par chimiothérapie :

  • L’immunothérapie reste efficace même après l’échec de la chimiothérapie, comme l’a démontré CheckMate 141. Certains patients qui avaient épuisé tous les traitements standards ont vécu beaucoup plus longtemps grâce au nivolumab.

Pourquoi le succès ne se mesure pas uniquement à la réduction de la tumeur

L’immunothérapie fonctionne différemment de la chimiothérapie. Avec la chimiothérapie, les médecins recherchent une réduction rapide de la taille de la tumeur pour évaluer l’efficacité du traitement. L’immunothérapie peut produire un effet plus lent, mais plus durable. Certains patients présentent même une « pseudo-progression », où la tumeur semble initialement plus grande en raison de l’infiltration de cellules immunitaires avant de diminuer.

Pour cette raison, le succès est souvent mesuré en termes de :

  • Amélioration de la survie globale
  • Durée de la réponse
  • Qualité de vie

Dans les deux essais majeurs, les patients recevant une immunothérapie ont présenté des réponses plus durables qu’avec les traitements standards, même lorsque les taux de réponse étaient relativement faibles.

Combien de temps l’immunothérapie peut-elle contrôler le cancer ?

Pour les patients qui y répondent, l’immunothérapie peut contrôler le cancer de la tête et du cou pendant plusieurs mois, voire plusieurs années. Dans certains cas, les patients restent stables pendant de longues périodes après l’arrêt du traitement. La durabilité de la réponse est l’un des principaux avantages de l’immunothérapie chez les patients éligibles.

Dans KEYNOTE-048, près de 60 % des patients ayant répondu étaient toujours en réponse après deux ans. Dans l’étude CheckMate 141, certains patients ayant répondu au nivolumab ont continué à en bénéficier au-delà de la période de suivi de trois ans.

Taux de réussite de l'immunothérapie pour le cancer de la tête et du cou

Pour en savoir plus sur 10 essais d’immunothérapie dans le cancer de la tête et du cou présentés à l’ESMO 2025, consultez OncoDaily.

Effets secondaires : à quoi les patients doivent s’attendre

L’immunothérapie est généralement mieux tolérée que la chimiothérapie, mais elle peut néanmoins provoquer des effets secondaires. La plupart sont légers : fatigue, éruption cutanée, diarrhée ou inflammation mineure. Cependant, comme l’immunothérapie active le système immunitaire, elle peut parfois amener le système immunitaire à attaquer des organes sains, entraînant une inflammation de la thyroïde, une colite, une hépatite ou une inflammation des poumons.

Ces effets sont généralement gérables lorsqu’ils sont détectés précocement et les patients sont étroitement surveillés pendant le traitement. Il est essentiel de signaler rapidement tout symptôme inhabituel.

Ce que les patients devraient discuter avec leur oncologue

Chaque cancer est unique et plusieurs facteurs déterminent si l’immunothérapie est le traitement approprié :

  • Niveau d’expression de PD-L1 (score CPS)
  • Statut VPH
  • Si le cancer est réapparu après un traitement antérieur
  • La rapidité avec laquelle une réduction de la tumeur est nécessaire
  • L’état de santé général du patient et sa capacité à tolérer d’éventuels effets secondaires

Les patients doivent interroger leur équipe d’oncologie sur les avantages et les risques, le taux de réussite attendu pour leur cancer spécifique et si l’immunothérapie est disponible seule ou en association avec une chimiothérapie.

Points clés à retenir pour les patients

L’immunothérapie ne guérit pas la plupart des personnes atteintes d’un cancer de la tête et du cou, mais elle a fondamentalement modifié les perspectives de traitement. Lorsqu’on discute du taux de réussite de l’immunothérapie dans le cancer de la tête et du cou, il est important de comprendre que seule une partie des patients présente une réduction significative de la tumeur ; cependant, ceux qui y parviennent obtiennent souvent des bénéfices de survie à long terme et significatifs qui n’étaient pas possibles avec les traitements plus anciens. Pour le patient approprié, l’immunothérapie peut offrir de l’espoir, une durée de vie prolongée et une meilleure qualité de vie.

Pour en savoir plus, consultez la chaîne YouTube d’OncoDaily.

Rédigé par le Dr Armen Gevorgyan

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