Home SantéTaux de réussite de l’immunothérapie pour le cancer du sein. Ce que les patients doivent savoir en 2025

Taux de réussite de l’immunothérapie pour le cancer du sein. Ce que les patients doivent savoir en 2025

by Sophie Martin

Publié le 12 octobre 2025 18:51:00. L’immunothérapie, une approche novatrice dans le traitement du cancer, offre des perspectives encourageantes, en particulier pour le cancer du sein triple négatif (CSTN). Les dernières avancées et les taux de réussite de cette thérapie sont au cœur des préoccupations des patients et des spécialistes.

  • L’immunothérapie, en activant le système immunitaire pour combattre les cellules tumorales, représente une avancée significative par rapport aux traitements traditionnels.
  • Le cancer du sein triple négatif (CSTN) se distingue comme le sous-type le plus réactif à l’immunothérapie, grâce à ses caractéristiques immunitaires spécifiques.
  • Des essais cliniques récents, notamment avec l’atezolizumab et le pembrolizumab, ont démontré des améliorations notables de la survie sans progression et de la survie globale chez les patientes atteintes de CSTN.

L’immunothérapie, qui consiste à stimuler les défenses naturelles de l’organisme pour lutter contre le cancer, s’impose de plus en plus comme une option thérapeutique essentielle, aux côtés de la chimiothérapie, de l’hormonothérapie et des thérapies ciblées. Cette approche, particulièrement prometteuse pour les cancers agressifs comme le cancer du sein triple négatif (CSTN), suscite un intérêt croissant de la part des patients et des professionnels de santé.

Pour comprendre l’efficacité de l’immunothérapie, il est crucial de saisir son mécanisme d’action. Les cellules cancéreuses du sein ont souvent la capacité d’échapper à la surveillance du système immunitaire en exploitant des mécanismes d’inhibition, tels que PD-1 et PD-L1, qui affaiblissent la réponse immunitaire. Les médicaments appelés inhibiteurs de points de contrôle bloquent ces mécanismes, permettant ainsi au système immunitaire de reconnaître et de détruire les cellules tumorales.

Le CSTN, caractérisé par un manque de récepteurs hormonaux et de surexpression du gène HER2, présente une particularité qui le rend plus sensible à l’immunothérapie. Il a tendance à avoir un niveau plus élevé de lymphocytes infiltrant la tumeur et d’expression de PD-L1, des facteurs qui favorisent une réponse immunitaire plus forte.

Plusieurs traitements d’immunothérapie ont déjà été approuvés par la FDA (l’agence américaine des médicaments). L’atezolizumab (Tecentriq) a été le premier inhibiteur de point de contrôle immunitaire à obtenir cette autorisation. L’essai clinique IMpassion130 a démontré que l’association d’atezolizumab et de nab-paclitaxel prolongeait significativement la survie sans progression chez les patientes atteintes de CSTN métastatique exprimant PD-L1. La survie médiane sans progression est passée de 5,0 mois à 7,5 mois, ce qui représente une réduction de 38 % du risque de progression de la maladie (Schmid et al., Journal de médecine de la Nouvelle-Angleterre, 2018).

Par la suite, le pembrolizumab (Keytruda) a également reçu l’approbation de la FDA suite à l’essai KEYNOTE-355, qui associait le pembrolizumab à une chimiothérapie dans le traitement du CSTN métastatique. Chez les patientes présentant une expression de PD-L1 (CPS ≥10), le pembrolizumab a amélioré la survie globale médiane de 16,1 à 23,0 mois, soit une augmentation de 35 % (Cortes et al., Lancet, 2022). Ces résultats ont fait du pembrolizumab un pilier de l’immunothérapie dans le CSTN métastatique PD-L1 positif.

L’immunothérapie montre également un potentiel prometteur dans le traitement du cancer du sein à un stade précoce, où elle est utilisée en association avec la chimiothérapie pour améliorer les résultats chirurgicaux et à long terme. L’essai KEYNOTE-522 a révélé que l’association de pembrolizumab et de chimiothérapie avant et après la chirurgie améliorait à la fois la réponse pathologique complète (pCR) et la survie sans événement dans les CSTN précoces à haut risque. Les patientes ayant reçu du pembrolizumab ont obtenu une pCR dans 64,8 % des cas, contre 51,2 % avec la chimiothérapie seule, tandis que la survie sans événement à trois ans s’est améliorée de 76,8 % à 84,5 % (Schmid et al., Nejm, 2022). Cela a conduit à l’intégration du pembrolizumab dans le schéma thérapeutique standard pour le CSTN à un stade précoce.

Le taux de réussite de l’immunothérapie varie considérablement en fonction du sous-type moléculaire du cancer du sein. Le CSTN reste le sous-type le plus réactif, tandis que les autres formes présentent des résultats plus limités. Dans le CSTN, l’immunothérapie associée à la chimiothérapie permet d’obtenir des taux de réponse objectifs compris entre 35 % et 40 % dans les maladies métastatiques PD-L1-positives et des taux de réponse pathologique complète supérieurs à 60 % dans les tumeurs à un stade précoce. Pour le cancer du sein HER2-positif, les recherches combinant des inhibiteurs de points de contrôle avec le trastuzumab ou d’autres thérapies ciblant HER2 ont donné des taux de réponse de 10 à 15 % (Nikura et al., Science du cancer, 2021). En revanche, le cancer du sein à récepteurs hormonaux positifs a tendance à être moins immunogène et les taux de réponse sont généralement inférieurs à 10 %, bien que des essais en cours avec des inhibiteurs de points de contrôle et des inhibiteurs de CDK4/6 visent à améliorer les résultats (Emens et al., JCO, 2023).

Pour optimiser l’efficacité de l’immunothérapie, les oncologues explorent des stratégies combinées ciblant simultanément plusieurs voies biologiques. La combinaison de l’immunothérapie et de la chimiothérapie s’est avérée particulièrement efficace, car la chimiothérapie peut augmenter la libération d’antigènes tumoraux et améliorer la reconnaissance du système immunitaire. D’autres combinaisons prometteuses incluent l’immunothérapie avec des inhibiteurs de PARP pour les tumeurs mutées par BRCA, la radiothérapie pour induire la mort cellulaire immunogène et les agents ciblant HER2 pour augmenter l’activation immunitaire.

Les données actuelles indiquent que le taux de réussite de l’immunothérapie dépend fortement du stade de la maladie, de la biologie de la tumeur et de l’expression des biomarqueurs. Dans tous les sous-types de cancer du sein, le taux de réponse moyen à l’immunothérapie varie de 20 % à 30 %. Dans les CSTN PD-L1-positifs, les taux de réponse atteignent jusqu’à 40 % dans les maladies métastatiques et plus de 60 % dans les cas à un stade précoce lorsque le pembrolizumab est associé à une chimiothérapie.

Plusieurs facteurs clés influencent la réponse à l’immunothérapie. L’expression de PD-L1 est le prédicteur de réponse le plus fiable, une expression plus élevée étant corrélée à de meilleurs résultats. La présence de lymphocytes infiltrant les tumeurs améliore également l’immunogénicité, renforçant ainsi l’efficacité du blocage des points de contrôle. De plus, une charge mutationnelle tumorale élevée (TMB) et les mutations BRCA augmentent la formation de néoantigènes, améliorant ainsi la détection immunitaire. Ces biomarqueurs sont désormais systématiquement évalués pour déterminer l’éligibilité à l’immunothérapie.

Bien que l’immunothérapie offre des avantages significatifs, elle peut entraîner des effets secondaires d’ordre immunitaire, tels que l’inflammation de la thyroïde, la pneumonite, l’hépatite et les réactions cutanées. Ces événements surviennent chez environ 15 à 20 % des patients et sont généralement gérables avec des corticostéroïdes. Comparée à la chimiothérapie traditionnelle, l’immunothérapie tend à offrir un profil de sécurité plus favorable, en particulier en cas d’utilisation à long terme.

L’avenir de l’immunothérapie dans le cancer du sein s’annonce prometteur. Les chercheurs développent de nouveaux inhibiteurs de points de contrôle immunitaires ciblant LAG-3, TIGIT et TIM-3, ainsi que des vaccins personnalisés contre le cancer et des thérapies à base de cellules CAR T dirigées contre des antigènes spécifiques du sein comme MUC1 et HER2. La combinaison de ces approches avec le profilage génétique et immunitaire augmentera probablement encore davantage le taux de réussite de l’immunothérapie contre le cancer du sein, élargissant ainsi son utilisation au-delà du CSTN à d’autres sous-types.

En conclusion, le taux de réussite de l’immunothérapie pour le cancer du sein varie considérablement en fonction des caractéristiques de la tumeur. Les bénéfices les plus importants sont observés dans le CSTN PD-L1 positif, où le pembrolizumab et l’atezolizumab ont montré des résultats remarquables, avec des taux de réponse de 35 à 65 % selon le stade de la maladie. Dans le CSTN à un stade précoce, l’immunothérapie associée à la chimiothérapie est devenue un traitement standard, améliorant considérablement la survie et le potentiel de guérison. Bien que les résultats restent modestes dans les cancers HER2-positifs et à récepteurs hormonaux positifs, les recherches en cours et les stratégies combinées élargissent rapidement l’impact de l’immunothérapie. Avec la poursuite des progrès scientifiques, le taux de réussite de l’immunothérapie contre le cancer du sein devrait augmenter, offrant ainsi un nouvel espoir aux patientes de tout le spectre de la maladie.

Vous pouvez en regarder plus sur OncoDaily Youtube TV.

Rédigé par Armen Gevorgyan, MD

You may also like

Leave a Comment