Lando Norris a remporté le championnat du monde de Formule 1 en 2025, mais le titre aurait pu basculer à plusieurs reprises au cours d’une saison riche en rebondissements. Une analyse des courses clés révèle à quel point la lutte pour le championnat était serrée, et comment de simples incidents ont pu modifier le destin des pilotes.
La réalité du championnat est que Norris a devancé Max Verstappen de seulement deux points, tandis qu’Oscar Piastri a terminé troisième, à 13 points de son coéquipier chez McLaren. L’examen des courses suivantes ne vise pas à remettre en question ce résultat, mais à souligner la fragilité de la victoire et à démontrer que les trois prétendants auraient été des champions légitimes.
Australie : Un tête-à-queue sur une piste mouillée a coûté à Piastri un podium à domicile et, par conséquent, 16 points précieux. L’incident est d’autant plus marquant qu’il semblait que le pilote australien était sur le point de reprendre le contrôle de sa monoplace après avoir initialement quitté la trajectoire. Norris, qui le précédait, a également glissé dans le même virage, mais a réussi à maintenir le contrôle et à conserver la tête de la course.
Espagne : Ce Grand Prix a été un tournant pour Verstappen. Dans une saison où il a souvent dépassé les attentes de sa voiture, une erreur évitable a fait la différence. Après avoir reçu l’instruction de rendre sa position à George Russell suite à un duel en sécurité, Verstappen a délibérément percuté la Mercedes. Une pénalité de dix secondes l’a fait chuter de la cinquième à la dixième place, lui coûtant neuf points au championnat. Si l’on se base uniquement sur les points perdus, on peut affirmer que l’Espagne a coûté au Néerlandais son cinquième titre mondial.
Plusieurs scénarios alternatifs sont envisageables. Que se serait-il passé si la voiture de sécurité qui a conduit Verstappen à choisir des pneus durs peu performants n’était pas intervenue, en raison d’une sortie de piste de Kimi Antonelli ? Ou si Red Bull avait opté pour une stratégie différente, permettant à Verstappen de conserver des pneus tendres pour la fin de course et mieux défendre sa position face à Russell ? Ces facteurs étaient toutefois indépendants de la volonté de Verstappen, mais ils illustrent la complexité des événements qui ont mené au résultat final.
Canada : La collision entre Norris et Piastri a coûté des points cruciaux à Norris, le laissant à 22 points de son coéquipier après 10 courses. L’incident est d’autant plus frustrant pour Norris qu’il avait le rythme nécessaire pour dépasser Piastri à Montréal et semblait avoir retrouvé son élan après les courses de Monaco et d’Espagne. Bien que ces points n’aient pas été décisifs pour le championnat, ils auraient pu faciliter la tâche de Norris lors des dernières courses de la saison.
Autriche : Si l’on considère l’erreur de Verstappen en Espagne comme un moment clé, son abandon en Autriche est tout aussi déterminant. Sur le premier tour, Antonelli a mal jugé son freinage et a percuté la monoplace de Verstappen, entraînant l’abandon des deux pilotes. En supposant que Verstappen ait conservé sa sixième place (voire mieux), la collision lui aurait coûté huit points supplémentaires.
Grande-Bretagne : Piastri et Verstappen ont tous deux des raisons de regretter Silverstone. Piastri a été pénalisé pour son comportement erratique derrière la voiture de sécurité, lui coûtant la victoire au profit de Norris. Verstappen, quant à lui, a perdu le contrôle de sa voiture alors qu’il était en deuxième position juste avant le redémarrage de la course, terminant finalement cinquième. La décision de ne pas autoriser Piastri à reprendre sa position après la pénalité a également suscité des interrogations, certains y voyant un favoritisme envers Norris.
Pays-Bas : L’abandon de Norris lors du Grand Prix des Pays-Bas a été un coup dur. Alors qu’il était deuxième à quelques tours de l’arrivée, une fuite d’huile sur sa McLaren l’a contraint à l’abandon, lui faisant perdre 18 points et le laissant à 34 points de Piastri avec neuf courses restantes.
Norris a révélé après sa victoire à Abu Dhabi qu’il avait redoublé d’efforts après cet incident pour tirer le meilleur parti de lui-même et de sa McLaren. La question se pose de savoir s’il aurait été aussi performant lors des dernières courses sans la déception de Zandvoort, bien qu’il aurait probablement préféré les 18 points supplémentaires à la motivation accrue.
Monza : La consigne donnée à Piastri de rendre la deuxième place à Norris à Monza a suscité la controverse. Au-delà de la pertinence de cette décision, elle a entraîné un gain de six points pour Norris qui a failli être décisif dans la lutte pour le titre. Si l’on retire trois points à Norris et qu’on les ajoute à Piastri, c’est Verstappen qui aurait été couronné champion. McLaren aurait pu, et probablement aurait, échangé les positions de Piastri et Norris au dernier tour à Abu Dhabi si cela avait permis à Norris de battre Verstappen.
Singapour et Austin : Les limites de la politique “Papaya rules” de McLaren ont été testées lors des week-ends de course à Singapour et Austin. À Singapour, Norris a dépassé Piastri pour la troisième place, enfreignant la règle de ne pas se toucher. Des répercussions se sont ensuivies lors de la course suivante à Austin, où un accrochage impliquant les deux McLaren a entraîné leur abandon et une perte de points pour Verstappen. L’attitude de McLaren envers ses pilotes a suscité des débats, mais il est difficile d’affirmer que ces incidents ont modifié le cours du championnat.
Mexique : La performance de Norris au Mexique a été sa plus dominante de la saison, lui permettant de prendre la tête du championnat qu’il a conservée jusqu’au drapeau à damier à Abu Dhabi. Immédiatement après la course, une voiture de sécurité tardive a fait l’objet de discussions. Verstappen se rapprochait de Charles Leclerc pour la deuxième place lorsque Carlos Sainz a perdu le contrôle et s’est immobilisé dans la zone de dégagement. La direction de course a déployé la voiture de sécurité pour permettre aux commissaires de neutraliser les flammes et d’évacuer la voiture. Bien que la décision de déployer la voiture de sécurité ait été justifiée, certains fans de Verstappen ont protesté, estimant qu’elle l’a privé de la possibilité de dépasser Leclerc et de gagner trois points précieux.
Las Vegas : La disqualification des deux McLaren lors du Grand Prix de Las Vegas a permis à Verstappen de rester en lice jusqu’à la dernière course de la saison. L’usure excessive de la plaque de fond a été un sujet de discussion. La voiture de Norris a été jugée illégale en raison d’une usure de 0,12 millimètre (littéralement moins qu’un cheveu), soit 12 % au-dessus du seuil autorisé. La voiture de Piastri présentait une usure de 0,26 millimètre. Si les McLaren avaient été conformes, Norris aurait augmenté son avance sur Piastri de six points et conservé une avance de 18 points sur Verstappen. Dans ce scénario, Norris aurait été couronné champion lors de la course suivante au Qatar, malgré les erreurs stratégiques de McLaren.
Qatar : La stratégie ratée de McLaren lors du Grand Prix du Qatar a mis fin à tout espoir réaliste de titre pour Piastri. Le pilote australien dominait le week-end et aurait probablement remporté la course devant Verstappen si McLaren avait opté pour un arrêt aux stands en même temps que le reste du peloton lors d’une période de voiture de sécurité. La victoire de Piastri et la quatrième place de Norris auraient permis à Piastri de se rapprocher à neuf points de son coéquipier avant la dernière course, tandis que Verstappen aurait été à 19 points. En supposant que la dernière course se déroule comme elle l’a fait, Norris aurait tout de même remporté le titre, mais Piastri aurait terminé deuxième du classement général devant Verstappen.
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