Des milliers d’assurés sociaux en Loire-Atlantique et en Vendée continuent de subir des retards importants dans le versement de leurs indemnités journalières, un problème persistant lié à un nouveau logiciel défaillant mis en place par l’Assurance Maladie. Malgré les promesses de résolutions rapides, la situation reste préoccupante pour de nombreux travailleurs accidentés ou souffrant de maladies professionnelles.
Selon la CGT, près de 10 000 personnes ont été affectées en Loire-Atlantique au cours de l’année écoulée, et des dizaines, voire des centaines, sont toujours en attente de leurs paiements. Le logiciel, baptisé Arpège et développé depuis 2020, avait pour objectif d’automatiser le traitement des arrêts de travail et d’accélérer les versements. Son déploiement dans les « caisses pilotes » de Vendée et de Loire-Atlantique à l’automne 2024 s’est cependant heurté à « des difficultés techniques et organisationnelles importantes », a indiqué la Caisse nationale d’Assurance Maladie (CNAM) à l’AFP.
Les retards de paiement sont particulièrement criants pour les accidents du travail et les maladies professionnelles. En Vendée, le délai moyen de paiement s’élève actuellement à 33,6 jours, et à 42,1 jours en Loire-Atlantique, contre une moyenne nationale de 30,8 jours. « Même si c’est marginal en volume, on a des personnes dans une panade sans nom, en souffrance », a déclaré Stéphane Guillou, représentant de la CGT à la CPAM de Loire-Atlantique. Il évoque des assurés confrontés à « des impayés sur leur logement, des menaces d’expulsion », des « frais bancaires » ou des « grandes difficultés à récupérer la part complémentaire santé », même après régularisation de leur dossier.
En octobre 2024, syndicats et élus locaux avaient déjà alerté sur la situation de 5 000 assurés « privés de leurs indemnités ». En mars dernier, le ministre de la Santé, Yannick Neuder, avait promis une résolution rapide des problèmes, assurant que les retards seraient résorbés sous quelques semaines. « Ce n’est pas réglé », ont déploré la CGT et la CFDT vendredi.
Cependant, des améliorations ont été constatées concernant les arrêts maladie classiques. Grâce aux nombreux correctifs apportés à Arpège, les délais de versement sont désormais plus courts en Vendée (17,4 jours) et en Loire-Atlantique (19,2 jours) qu’au niveau national (23,6 jours).
La situation a également un impact sur les agents de l’Assurance Maladie, dont certains commencent à « demander des mutations » en raison des difficultés liées au logiciel. L’Assurance Maladie affirme avoir mis en place des acomptes pour les assurés touchés et renforcé sa plateforme téléphonique ainsi que les effectifs locaux des caisses concernées.
Un « audit externe », dont les conclusions doivent être rendues mi-novembre, doit permettre de préserver « ce qui fonctionne » sur Arpège et de « revoir en profondeur » le reste, selon la CNAM. À ce stade, le déploiement national du logiciel, initialement prévu pour 2025, reste suspendu.