Publié le 12 octobre 2025 11:27:00. Un geste anodin en voyage ou à la salle de sport peut avoir des conséquences insoupçonnées : le partage d’objets d’hygiène personnelle, comme les serviettes ou les brosses à dents, favorise la propagation de bactéries, virus et champignons, et augmente le risque d’infections cutanées et autres.
- Le partage de serviettes augmente considérablement le risque d’infections cutanées, comme le staphylocoque doré résistant aux antibiotiques.
- Les brosses à dents et les rasoirs sont des vecteurs de transmission de virus (herpès, hépatite C) et de bactéries potentiellement dangereuses.
- Les personnes immunodéprimées, les bébés et les personnes âgées sont particulièrement vulnérables à ces infections.
Oublier sa trousse de toilette en voyage est une situation courante. La tentation de demander à un proche ou à un voisin de chambre de nous dépanner est grande, mais cette pratique, apparemment inoffensive, peut s’avérer risquée. De nombreux micro-organismes prolifèrent dans nos salles de bains et peuvent survivre longtemps sur différentes surfaces.
Des études scientifiques démontrent que les bactéries, les virus et les champignons pathogènes peuvent persister pendant des jours, des mois, voire des années sur les tissus, le métal et le plastique. Le champignon Aspergillus, par exemple, reste viable sur les textiles et les plastiques pendant plus d’un mois. Certaines bactéries peuvent même rester actives pendant des années, tandis que les virus peuvent survivre plusieurs mois sur des surfaces lisses comme la céramique ou le métal.
Le partage de serviettes est particulièrement problématique. Une épidémie de staphylocoque doré résistant aux antibiotiques a été observée dans une équipe de football d’un lycée américain. Les joueurs qui partageaient leurs serviettes étaient huit fois plus susceptibles de développer une infection. Une autre étude, menée auprès de 150 familles dont un membre était atteint d’une infection à staphylocoque, a confirmé que le partage de serviettes augmentait significativement le risque de contagion au sein du foyer.
Même une douche après l’exercice ne garantit pas une élimination complète des microbes. L’eau et le savon réduisent leur nombre, mais ne les détruisent pas tous. Ces micro-organismes prospèrent dans l’environnement chaud et humide de la salle de bain et peuvent s’installer sur la peau, entraînant des infections difficiles à traiter, surtout si elles sont résistantes aux antibiotiques.
Brosses à dents : un réservoir de virus
Les brosses à dents constituent un autre terrain fertile pour les micro-organismes. Elles peuvent provoquer des saignements des gencives, ce qui facilite la transmission de virus infectieux tels que l’hépatite C. De plus, elles propagent des virus comme l’herpès simplex (responsable des boutons de fièvre) et le virus d’Epstein-Barr (agent de la mononucléose infectieuse) par le biais de la salive.
Une analyse exhaustive de brosses à dents a révélé la présence de bactéries telles que E. coli et Staphylococcus, ainsi que de quantités suffisantes de virus de l’herpès pour provoquer une infection.
Le partage de rasoirs peut sembler moins risqué, mais il ne l’est pas. Le rasage provoque de micro-coupures qui peuvent servir de porte d’entrée pour des virus transmissibles par le sang, comme l’hépatite. Les rasoirs, à l’instar des serviettes, peuvent également propager le virus du papillome humain (VPH), responsable des verrues.
Certaines personnes sont plus vulnérables que d’autres aux infections contractées par le partage d’objets d’hygiène personnelle. C’est le cas des personnes souffrant de plaies ouvertes, d’un système immunitaire affaibli, de diabète, de cancer ou ayant subi une greffe d’organe. Les bébés et les personnes âgées sont également plus susceptibles de développer des complications.
Bien que le risque d’infection après un seul partage soit faible, il est déconseillé d’en faire une habitude. Le risque est limité aux partenaires intimes, qui partagent déjà un grand nombre de microbes.
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