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Au moins 64 morts dans une collision de trains près de Tolède

Au moins 64 personnes ont été tuées et 179 autres blessées dans une violente collision frontale et latérale entre deux trains à grande vitesse survenue le 28 octobre 2026 près de…

Au moins 64 morts dans une collision de trains près de Tolède

Au moins 64 personnes ont été tuées et 179 autres blessées dans une violente collision frontale et latérale entre deux trains à grande vitesse survenue le 28 octobre 2026 près de Tolède, en Espagne, un drame qui ravive les craintes sur la sécurité du réseau ferroviaire national.

La catastrophe ferroviaire s’est produite à 8 h 54 le mercredi 28 octobre 2026, entre les communes de Mora, d’Orgaz et d’Urda, à environ 150 kilomètres au sud de Madrid, sur la ligne à grande vitesse reliant la capitale à l’Andalousie. Un train de la compagnie privée Iryo, qui transportait 146 passagers et un bébé, était immobilisé sur la voie en pleine campagne. Un train AVE de la compagnie publique nationale Renfe a percuté la rame arrêtée.

La violence de l’impact a été telle que deux wagons de la rame Iryo et un wagon du convoi Renfe ont été propulsés en contrebas d’un talus, se disloquant sous la force du choc. Au total, plus de 500 personnes voyageaient à bord des deux trains au moment de la collision. Le président de la région de Castille-La Manche, Emiliano García-Page, a indiqué lors d’un point de presse qu’un nombre important de victimes se trouvaient dans les voitures les plus touchées, notamment dans la voiture numéro une du convoi de la Renfe. Nous parlons de 64 morts, dont 40 dans le train Iryo et 24 dans celui de la Renfe, a-t-il précisé, tout en avertissant que le bilan risquait de s’alourdir à mesure que les équipes d’urgence progressaient dans l’inspection des carcasses. Les services de secours ont dénombré 179 blessés, dont 15 personnes hospitalisées dans un état très grave.

Défaillance du système LZB et erreur humaine au centre de contrôle

Les premiers éléments recueillis auprès du centre de contrôle de la gare d’Atocha à Madrid permettent de retracer la chronologie technique de la catastrophe. Tôt le matin, une panne du système de sécurité LZB a provoqué l’interruption de la circulation sur l’ensemble de la ligne à grande vitesse, contraignant les gestionnaires à activer un dispositif de secours par signalisation latérale connu sous le sigle BSL. Une passagère de l’AVE, Cristina Cuerva, a raconté à la radio qu’il y avait eu plusieurs arrêts en raison de l’accumulation de la circulation avant le drame.

Si la mise en place de ce système de secours devait théoriquement entraîner un simple ralentissement des convois, le train Iryo n’est pas parvenu à repartir pour des raisons encore indéterminées. Malgré cet arrêt prolongé sur les voies, l’opérateur du centre de contrôle d’Atocha a autorisé le train AVE de la Renfe à poursuivre sa route alors qu’un signal rouge interdisant tout mouvement était allumé. Du côté du gouvernement, les premières informations pointent vers une erreur humaine au cœur de la chaîne de régulation.

Un choc national en pleine campagne pour les élections législatives

Ce nouveau drame survient à un mois à peine des élections législatives anticipées fixées au 29 novembre 2026. Le gouvernement du Premier ministre socialiste Pedro Sánchez, qui s’était engagé à investir massivement dans la maintenance après les drames précédents, fait face à une onde de choc politique immédiate. Le Parti socialiste (PSOE) a annoncé la suspension de toutes ses activités de campagne jusqu’au jeudi suivant, tandis que le chef de l’opposition de droite du Parti populaire (PP), Alberto Núñez Feijóo, a exprimé sa vive préoccupation sur les réseaux sociaux. Le roi Felipe VI a déploré une terrible tragédie pour l’Espagne, et le ministre des Transports, Óscar Puente, s’est déclaré absolument dévasté lors d’une conférence de presse.

Au moins 64 morts dans une collision de trains près de Tolède
Photo : Les Echos

Nous sommes absolument dévastés. C’est l’une des épreuves les plus difficiles que l’on puisse avoir à affronter.

Óscar Puente, ministre des Transports espagnol

La violence de l’accident rappelle immédiatement la catastrophe survenue le 18 janvier 2026 à Adamuz, dans la province de Cordoue, qui avait fait 46 morts sur le même axe ferroviaire vers l’Andalousie. À l’époque, ce premier accident mortel sur le réseau à grande vitesse ibérique depuis ses débuts en 1992 avait déjà provoqué de vives critiques de l’opposition contre la gestion de la sécurité publique. Face à l’interruption totale du trafic ferroviaire entre Madrid, Ciudad Real et l’Andalousie, la compagnie aérienne Iberia a décidé de bloquer ses prix au départ et à l’arrivée de la région, imitant la mesure prise lors de l’accident de janvier dernier. La Fédération espagnole de football a pour sa part ordonné le report de 24 matchs du premier tour de la Coupe du Roi prévus dans la soirée en signe de deuil et de solidarité.

L’identification des victimes et la mobilisation des secours

Les autorités locales de Castille-La Manche ont décrété un deuil de trois jours à compter de 14 heures le 28 octobre jusqu’au samedi 31 octobre à la même heure. Parmi les passagers touchés figure notamment Fátima Báñez, ancienne ministre et dirigeante de la fondation de la Confédération espagnole des organisations d’entreprises (CEOE), portée disparue à bord de l’un des convois.

Alors que le réseau ferroviaire espagnol à grande vitesse demeure le deuxième plus important au monde après celui de la Chine avec près de 4 000 kilomètres de voies, la succession rapide de ces accidents mortels relance avec acuité le débat sur la fiabilité de l’infrastructure et la rigueur des protocoles de sécurité gérés par le gestionnaire public Adif.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.