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Trump accuse Petro d’être un leader du trafic de drogue | International

by Nicolas Lefèvre

Publié le 2025-10-19 13:28:00. L’escalade verbale entre le président américain Donald Trump et son homologue colombien Gustavo Petro a atteint un nouveau paroxysme, marquée par des accusations mutuelles de trafic de drogue et de violations de souveraineté, menaçant les relations bilatérales étroites entre les deux pays.

  • Donald Trump accuse Gustavo Petro d’être un “leader du trafic de drogue” et menace de suspendre l’aide financière à la Colombie.
  • Gustavo Petro dénonce des “meurtres” et des violations de la souveraineté colombienne par les États-Unis suite à un bombardement d’un navire dans les Caraïbes.
  • L’armée américaine a mené plusieurs opérations contre des navires soupçonnés de trafic de drogue, faisant un bilan de 33 morts.

La tension entre Washington et Bogota s’est exacerbée après qu’une opération militaire américaine a ciblé un navire dans la mer des Caraïbes, que les États-Unis présentent comme un sous-marin utilisé pour le transport de drogue. Le président Trump a affirmé que ce navire provenait du Venezuela, mais Gustavo Petro soupçonne une opération menée dans les eaux colombiennes, impliquant des citoyens de son pays.

L’échange de reproches a débuté la semaine dernière, lorsque Donald Trump a ordonné le bombardement d’un navire de faible profondeur. Le président républicain a déclaré sur son réseau social Vérité avoir visé un bateau de drogue en provenance du Venezuela. Gustavo Petro a immédiatement réagi, affirmant que l’attaque s’était produite dans les eaux colombiennes et que l’équipage était composé de Colombiens.

Les faits semblent confirmer les soupçons de Petro : deux survivants de l’attaque américaine ont été identifiés comme étant un Colombien et un Équatorien. Ils ont été rapatriés dans leurs pays respectifs, comme l’a annoncé Trump samedi. Petro a confirmé avoir reçu le citoyen colombien, déclarant sur les réseaux sociaux :

« Nous sommes heureux qu’il soit en vie et qu’il soit poursuivi conformément aux lois. »

Gustavo Petro, président de la Colombie

Le président colombien a également fait référence à un rapport du système médiatique public RTVC, précisant que le navire attaqué le 16 septembre était colombien, hors service et probablement situé dans les eaux territoriales colombiennes. Il a demandé l’ouverture d’une enquête :

« Alertez le bureau du procureur général. »

Gustavo Petro, président de la Colombie

Il a ensuite accusé les États-Unis d’avoir commis des “meurtres” et violé la souveraineté colombienne, exigeant des explications de Washington.

Cette querelle a des conséquences directes sur la coopération bilatérale. Washington est le principal partenaire commercial et militaire de Bogota. Trump a menacé de suspendre toute aide financière à la Colombie, estimant que le pays ne lutte pas efficacement contre le narcotrafic.

« C’est devenu, de loin, la plus grande entreprise de Colombie, et Petro ne fait rien pour l’arrêter, malgré les paiements à grande échelle et les subventions des États-Unis, qui ne sont rien d’autre qu’une arnaque à long terme. »

Donald Trump, président des États-Unis

Parallèlement, le secrétaire à la Défense américain, Pete Hegseth, a annoncé une septième opération contre des navires soupçonnés de trafic de drogue dans la mer des Caraïbes, affirmant qu’il s’agissait d’un navire affilié à l’Armée de libération nationale (ELN), une organisation terroriste désignée. Selon Hegseth, les trois membres d’équipage ont péri dans l’attaque, portant le bilan total de ces opérations à 33 morts. Il a comparé les cartels de la drogue à Al-Qaïda, promettant de les traquer et de les anéantir.

La Maison Blanche a qualifié ces opérations d’« actes de guerre », soulignant qu’elles contredisent le droit international et le système judiciaire américain.

Gustavo Petro a critiqué dès le début le déploiement militaire américain dans les Caraïbes, malgré les risques de détérioration des relations avec Washington. Trump a répliqué en dénonçant Petro comme un leader “peu reconnu et très impopulaire”, l’accusant de ne pas fermer les “camps d’extermination” de production de drogue.

Cette escalade intervient après que le gouvernement colombien a récemment subi une “dé-certification” de Washington dans la lutte contre les stupéfiants, bien qu’il ait pour l’instant évité les sanctions les plus sévères. Le visa de Petro a également été révoqué le mois dernier, suite à sa participation à une manifestation pro-palestinienne à New York, où il avait critiqué Trump et appelé à la création d’une force spéciale pour “arrêter le génocide en Palestine”.

En septembre, Trump avait également reconnu avoir autorisé des “actions secrètes de la CIA” sur le territoire vénézuélien, rappelant les périodes d’interventionnisme américain en Amérique latine.

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