Washington – Le président Donald Trump a pris des mesures drastiques pour accélérer la production d’armement américain, interdisant aux entreprises de défense de verser des dividendes ou de racheter leurs propres actions tant qu’elles ne démontrent pas une amélioration significative de leurs performances. Cette décision, annoncée mercredi, vise à réorienter les priorités de l’industrie vers l’efficacité et la rapidité de livraison, au détriment des intérêts financiers à court terme.
Selon le décret présidentiel, « avec effet immédiat, il leur est interdit, de quelque manière que ce soit, de verser des dividendes ou de racheter des actions, jusqu’à ce qu’elles soient en mesure de produire un produit de qualité supérieure, dans les délais et dans les limites du budget ». L’administration Trump et le Pentagone ont régulièrement dénoncé les coûts élevés et les délais de production trop longs qui, selon eux, entravent la capacité de l’armée américaine à répondre aux défis actuels.
« Notre nation ne peut être en paix que si nous maintenons sa force », souligne le texte de l’ordonnance. « La performance de la base industrielle de défense américaine est essentielle à cette capacité. Après des années de priorités mal placées, les entrepreneurs de défense traditionnels ont été incités à donner la priorité aux retours des investisseurs plutôt qu’aux combattants de la nation. »
Cette annonce a immédiatement provoqué une réaction sur les marchés financiers. Les actions de plusieurs géants de la défense ont chuté : Lockheed Martin a perdu 4,8 %, Northrop Grumman 5,5 % et General Dynamics 3,6 % en fin de journée à New York. RTX, la société mère de Raytheon, a initialement baissé de 2 % avant de se redresser et de gagner 2,5 % après la clôture des marchés.
Le président Trump avait déjà pointé du doigt Raytheon plus tôt dans la journée, sur son réseau social Truth Social, l’accusant d’être l’entreprise de défense la moins réactive aux besoins du Pentagone.
Désormais, le chef du Pentagone, Pete Hegseth, devra identifier dans les 30 jours les entreprises sous-performantes ayant procédé à des rachats d’actions. Il entamera ensuite des discussions avec ces entreprises, leur offrant la possibilité de présenter un plan de redressement dans un délai de 15 jours. Si ce plan est jugé insuffisant, des mesures coercitives pourraient être envisagées.
À plus long terme, le secrétaire à la Défense devra s’assurer que tous les futurs contrats incluent des clauses interdisant les rachats d’actions en cas de non-respect des engagements contractuels. De plus, la rémunération des dirigeants de ces entreprises ne pourra plus être liée à des indicateurs financiers à court terme, mais devra être axée sur le respect des délais de livraison.
L’ordonnance demande également à la Securities and Exchange Commission (SEC) américaine d’étudier la possibilité de réglementations pour mettre en œuvre ces restrictions. Par ailleurs, un contrat de 8,6 milliards de dollars (environ 7,9 milliards d’euros) a été attribué à Boeing pour la construction d’avions de chasse pour l’armée de l’air israélienne, un exemple concret de l’importance accordée à la modernisation de l’équipement militaire.
« Bien que les États-Unis produisent le meilleur équipement militaire au monde, nous n’en fabriquons pas suffisamment et assez rapidement pour répondre aux besoins de nos militaires et de nos partenaires », a déclaré un communiqué accompagnant l’annonce.
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