Publié le 8 janvier 2026. Après des accusations virulentes, le président américain Donald Trump a opéré un revirement spectaculaire dans ses relations avec la Colombie, invitant son homologue Gustavo Petro à la Maison Blanche et saluant une conversation téléphonique constructive sur les enjeux liés à la drogue.
- Donald Trump a invité le président colombien Gustavo Petro à la Maison Blanche.
- Cette invitation intervient après des critiques acerbes de Trump envers Petro et la Colombie concernant le trafic de drogue.
- Petro a mobilisé des milliers de manifestants pour s’opposer à d’éventuelles menaces militaires américaines.
Le 7 janvier, le président américain Donald Trump a surproné en annonçant un changement de ton radical envers la Colombie et son président, Gustavo Petro. Il a déclaré avoir eu une conversation téléphonique « amicale » avec le dirigeant sud-américain, axée sur la situation de la drogue et d’autres points de friction entre les deux pays. Trump a également étendu une invitation à Petro pour une visite à la Maison Blanche.
« C’est un honneur de parler avec le président colombien Gustavo Petro. Il m’a appelé pour expliquer la situation en matière de drogue et les autres conflits que nous avons eus. J’ai admiré son appel et son attitude. Et j’ai hâte de le rencontrer dans un avenir proche. »
Donald Trump, président américain
Ce geste de conciliation est d’autant plus inattendu que, quelques jours auparavant, Trump avait qualifié la Colombie de pays « gravement malade » et accusé Petro de « produire de la cocaïne et de la vendre aux États-Unis ». Il avait même laissé entendre que le mandat de Petro pourrait être de courte durée.
Plus tôt dans la journée, Gustavo Petro s’était adressé à une foule de plusieurs milliers de personnes rassemblées à Bogota pour protester contre ce qu’il percevait comme des menaces militaires américaines. Il a révélé avoir discuté avec Trump pendant environ une heure, notamment des questions liées au Venezuela et au trafic de drogue.
« Je parle de deux choses : le Venezuela et le problème du trafic de drogue. »
Gustavo Petro, président colombien
Petro a également affirmé qu’un « politicien colombien impliqué dans le trafic de drogue » avait délibérément fourni de fausses informations à Trump dans le but de nuire à ses relations avec la Colombie et de retourner l’opinion publique américaine contre lui. Il a dénoncé cette manœuvre comme étant à l’origine de la récente crise diplomatique.
Ce revirement de Trump est d’autant plus notable que Petro avait par le passé critiqué fermement les actions des États-Unis, notamment en qualifiant une éventuelle intervention américaine au Venezuela de « violation odieuse de la souveraineté » et la comparant aux bombardements de Guernica pendant la guerre civile espagnole.
La Colombie est traditionnellement l’un des alliés les plus proches des États-Unis en Amérique latine. Elle a joué un rôle central dans la stratégie américaine de lutte contre les stupéfiants au cours des trois dernières décennies, avec une coopération étroite en matière d’arrestation de trafiquants, de lutte contre les groupes rebelles et de promotion du développement économique dans les zones rurales.
Les tensions entre Washington et Bogota se sont toutefois accrues ces derniers mois. En octobre, l’administration Trump a imposé des sanctions à Petro, à des membres de sa famille et à un de ses collaborateurs, les accusant d’être impliqués dans le trafic de drogue. La Colombie est considérée comme un centre majeur du commerce mondial de la cocaïne.
En septembre, les États-Unis avaient ajouté la Colombie à leur liste des pays ne coopérant pas suffisamment à la lutte contre la drogue, une première en près de 30 ans. Cette désignation a entraîné une réduction significative de l’aide américaine au pays. Source : Associated Press
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