Home MondeTrump envisage de poursuivre la BBC en justice : 1 milliard de dollars pour les « coupes franches »

Trump envisage de poursuivre la BBC en justice : 1 milliard de dollars pour les « coupes franches »

by Clara Dubois

Publié le 12 novembre 2024 à 10h36. L’ancien président américain Donald Trump menace de poursuivre la BBC en justice pour un milliard de dollars, estimant qu’un montage vidéo diffusé par la chaîne l’a dépeint de manière mensongère et a nui à sa réputation. Cette affaire intervient après des remous internes à la BBC concernant son impartialité.

  • Donald Trump envisage une action en justice d’un milliard de dollars contre la BBC.
  • La chaîne britannique s’est excusée après avoir diffusé un montage d’un discours de Trump jugé trompeur.
  • Plusieurs responsables de la BBC ont démissionné suite à cette controverse.

L’ancien président américain Donald Trump a annoncé son intention de poursuivre en justice la BBC pour un montant d’au moins un milliard de dollars (environ 930 millions d’euros). Il accuse la chaîne publique britannique d’avoir manipulé un de ses discours, diffusé dans le cadre d’un documentaire intitulé « Trump : A Second Chance ? », diffusé en novembre 2024, avant son élection. Selon Trump, ce montage a créé une fausse impression selon laquelle il aurait incité ses partisans à prendre d’assaut le Capitole américain le 6 janvier 2021, une allégation qu’il a toujours fermement niée.

« Je pense que je dois intenter une action en justice », a déclaré Trump mardi soir lors de l’émission « The Ingraham Angle » sur Fox News. « Pourquoi pas ? Ils ont trompé le public et l’ont admis. Je pense que j’ai l’obligation de le faire parce que vous ne pouvez pas permettre qu’une chose pareille se produise. »

Le documentaire en question, qualifié de « Franken cut » par les producteurs – une expression désignant un montage assemblant des scènes disparates – a suscité une vive polémique. La BBC a reconnu que le montage avait donné l’impression que Trump avait directement appelé à la violence.

Cette affaire a mis en lumière des préoccupations internes concernant l’impartialité de la BBC. Le journal The Telegraph a révélé l’existence d’une note interne exprimant des doutes sur la neutralité des reportages de la chaîne.

Face à la controverse, le directeur général de la BBC, Tim Davie, a démissionné dimanche dernier, tout comme Deborah Turness, directrice de BBC News. Lundi, Samir Shah, président du conseil d’administration de la BBC, a présenté des excuses dans une lettre, reconnaissant que la manière dont le discours avait été édité avait « créé l’impression d’un appel direct à des actions violentes ».

L’équipe juridique de Trump a donné à la BBC un délai jusqu’à vendredi pour retirer le documentaire. Un porte-parole de la BBC a indiqué que la chaîne examinait la lettre.

La possibilité pour Trump de poursuivre la BBC aux États-Unis est sujette à débat. Ses avocats envisagent de déposer une plainte en Floride, l’État où il réside. Selon des experts juridiques, la question clé sera de déterminer si la BBC a une présence significative en Floride et si des téléspectateurs de cet État ont visionné le documentaire et se sont sentis induits en erreur, comme le rapporte l’agence Reuters.

Bien que le documentaire n’ait pas été diffusé aux États-Unis, il était jusqu’à récemment accessible sur la plateforme en ligne de la BBC. La BBC possède des bureaux à Los Angeles et à New York. Si un tribunal de Floride juge qu’il n’est pas compétent, l’affaire pourrait être rapidement classée.

Au Royaume-Uni, Trump ne peut plus intenter de poursuites pour diffamation, le délai d’un an après la publication étant expiré. De plus, l’indemnisation maximale y est limitée à environ 350 000 livres sterling (environ 470 000 francs suisses) et est rarement accordée dans son intégralité. Aux États-Unis, des demandes d’indemnisation élevées sont courantes, dans le but d’exercer une pression ou de favoriser un règlement à l’amiable.

Pour obtenir gain de cause, Trump devra prouver que la BBC a délibérément diffusé des informations fausses en sachant qu’elles étaient inexactes. Ses avocats pourraient exiger la communication de mémos internes et de courriels qui pourraient révéler une intention de tromper. Une note interne rédigée par un conseiller en éthique de la BBC, dénonçant un parti pris systématique en faveur de la gauche politique, pourrait également être utilisée comme preuve.

La BBC pourrait se défendre en invoquant le Premier Amendement de la Constitution américaine, qui protège la liberté d’expression. Elle pourrait également arguer que le documentaire est essentiellement exact et que le montage n’a pas créé une fausse impression. Enfin, elle pourrait contester l’idée que la réputation de Trump a été ternie, soulignant que l’ancien président affirme avoir subi des « dommages considérables à sa réputation et à ses finances ».

Ce n’est pas la première fois que Donald Trump intente des poursuites contre des médias. En 2024, il a poursuivi CBS pour 20 milliards de dollars suite à un entretien avec Kamala Harris, avant de parvenir à un règlement à l’amiable pour 16 millions de dollars. En juillet dernier, il a également intenté une action en justice contre le Wall Street Journal pour 10 milliards de dollars, en raison d’un article sur ses liens avec Jeffrey Epstein, un criminel sexuel décédé. Cette affaire est toujours en cours.

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