Publié le 9 décembre 2025 16:09:00. L’aide de 4,5 millions de dollars du Qatar pour la reconstruction du réseau électrique cubain a suscité une vive réaction de l’acteur Ulises Toirac, qui dénonce un système électrique en état de délabrement avancé et une approche gouvernementale axée sur des solutions de fortune plutôt que sur une refonte structurelle.
- Ulises Toirac critique l’aide qatarie comme une solution palliative face à un problème bien plus profond.
- L’acteur dénonce des décennies de négligence et de réparations improvisées du Système Électroénergétique National (SEN).
- Le don, administré par le PNUD, s’inscrit dans une dynamique de dépendance de Cuba aux financements étrangers pour maintenir ses infrastructures.
La récente annonce d’une aide de 4,5 millions de dollars (environ 4,1 millions d’euros) du Qatar pour la réhabilitation du Système Électroénergétique National (SEN) cubain, touchant les provinces de La Havane, Artemisa et Mayabeque, a déclenché une vive polémique. Si le gouvernement cubain a salué cette contribution humanitaire, destinée à rétablir les services essentiels dans les zones affectées par les ouragans, l’acteur et humoriste Ulises Toirac a exprimé une critique acerbe sur les réseaux sociaux.
Dans une publication sur Facebook, Toirac a dénoncé la tendance à célébrer une aide qui ne représente, selon lui, qu’une solution temporaire à un problème structurel. Il a utilisé une métaphore frappante pour illustrer l’état du SEN : « Ce n’est pas un petit trou, c’est une catastrophe tellement monumentale qu’on ne peut plus que l’attacher avec de la corde. »
Tout en reconnaissant l’importance de cette aide – « 4,5 millions ne traînent pas par terre », a-t-il concédé – Toirac a souligné que cette somme ne suffirait pas à résoudre les problèmes profonds qui affectent le réseau électrique cubain depuis des décennies. Il a comparé la situation à une paire de chaussures usées, rafistolées à plusieurs reprises avec de la colle et des coutures, jusqu’à ce qu’elles deviennent inutilisables.
« Les chaussures sont finies, voilà. C’est ce qui arrive avec le SEN. Même plus avec une corde autour. »
Ulises Toirac, acteur
Selon l’acteur, la solution nécessite un investissement bien plus important, un plan à long terme sur au moins sept ans, et surtout, une volonté politique ferme, qui fait défaut selon lui. « Mais concentrez-vous et faites-le, car sans électricité, il n’y a pas de pays. C’est oui ou non », a-t-il insisté.
Toirac considère que les 4,5 millions de dollars qataris ne représentent qu’un début, « l’étagère à chaussures pour le premier petit espace », alors que le problème est bien plus vaste et nécessite une reconstruction complète du système.
Il a conclu en lançant un appel au gouvernement à modérer son enthousiasme : « Faites la fête que vous voulez. Soyez heureux… Vous n’avez pas de chaussures, vous entendez ? »
Une aide internationale de plus pour un système à bout de souffle
Ce don qatari, administré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), s’inscrit dans une initiative humanitaire visant à rétablir les services essentiels dans les régions occidentales de Cuba touchées par les ouragans. Le Fonds du Qatar pour le développement a annoncé que ce projet bénéficierait à plus de 2,2 millions de personnes.
Cependant, cette aide met une fois de plus en évidence la dépendance du régime cubain aux fonds internationaux pour maintenir à flot ses infrastructures vieillissantes, sans pour autant mettre en œuvre de solutions structurelles à long terme. Bien que gérées par des organisations multilatérales, ces ressources tendent à renforcer un appareil d’État incapable d’entretenir seul le réseau électrique, les services de santé ou les chaînes de production.
Dans ce contexte, la population cubaine continue de subir des coupures de courant quotidiennes, des hôpitaux manquant de ressources et un système énergétique au bord de l’effondrement.
Un schéma récurrent
Le don qatari s’ajoute à d’autres aides récentes, comme les rations alimentaires distribuées par le Programme alimentaire mondial, qui sont également distribuées sous le contrôle total du gouvernement et sans mécanismes de contrôle indépendants.
Pour de nombreux observateurs, ces injections financières agissent comme des palliatifs temporaires qui permettent à l’État de justifier son inaction, de reporter les réformes nécessaires et de gérer la crise comme une situation conjoncturelle. La voix de Toirac se distingue par sa rupture avec la rhétorique officielle de la « gratitude » et par sa dénonciation d’un problème que personne au pouvoir ne veut admettre : le manque d’argent n’est pas le seul problème, il manque un véritable projet.
Et tant que ce projet n’existera pas, chaque don étranger ne sera qu’un pansement sur une plaie béante, un système que même une corde ne pourra plus maintenir ensemble.
