Le FBI tire la sonnette d’alarme face à une organisation criminelle en ligne particulièrement perverse, baptisée 764, qui cible les enfants vulnérables et les incite à l’automutilation et à la violence. Plus de 350 personnes potentiellement liées à ce réseau sont actuellement sous enquête à travers les États-Unis.
Deux hommes, soupçonnés d’être des figures de proue de 764, ont été inculpés ce jour par le bureau de l’avocate Jeanine Pirro, qui suit de près cette affaire. « C’est une entreprise d’exploitation d’enfants visant à détruire des jeunes innocents », a-t-elle déclaré. « Il ne s’agit pas seulement d’exploitation, mais aussi de mutilation. »
Selon l’acte d’accusation fédéral, les individus inculpés auraient enseigné à d’autres membres potentiels de 764 comment préparer des mineurs à commettre des actes de violence. Les enquêteurs ont découvert des images et des vidéos choquantes montrant des enfants s’infligeant des blessures, participant à des actes sexuels ou maltraitant des animaux, le tout dans le but d’accroître leur notoriété au sein du réseau.
« Ils demandent aux enfants de verser de l’eau de Javel sur leurs bras, puis d’y mettre le feu », a révélé Pirro, soulignant la cruauté extrême des méthodes utilisées. Le groupe utilise également le chantage pour contraindre ses victimes à créer du contenu compromettant, menaçant de le divulguer à leur entourage s’ils refusent.
Le nom « 764 » proviendrait des trois premiers chiffres du code postal d’une ville du Texas où le groupe aurait pris ses racines avant de s’étendre à l’échelle mondiale. Les membres ciblent les enfants isolés, sans soutien familial ou social, via des plateformes de messagerie et des sites de jeux en ligne.
Le Centre national pour les enfants disparus et exploités (NCMEC) a constaté une augmentation significative de ce type de cas, qu’il qualifie d’« exploitation sadique en ligne ». Fallon McNulty, directrice du CyberTipline du NCMEC, a indiqué que plus de 2 000 signalements ont été enregistrés au cours des neuf premiers mois de l’année. Les victimes ont généralement entre 14 et 17 ans (75 % des cas) ou entre 11 et 13 ans (21 % des cas).
Pirro insiste sur la nécessité pour les parents d’éduquer leurs enfants sur cette menace et de surveiller attentivement leur activité en ligne. Elle recommande également de rechercher des signes physiques tels que des coupures ou des contusions récentes, ainsi que des changements de comportement ou d’apparence.
« Ces cas me tiennent éveillée la nuit », a-t-elle confié. « Ils bouleverseraient n’importe qui. »
Par ailleurs, un homme de 20 ans, originaire du Maryland, a été inculpé le mois dernier dans une affaire distincte pour des crimes présumés contre trois jeunes filles potentiellement liées à 764. Il est accusé de cyberharcèlement, d’exploitation sexuelle, de coercition et d’incitation à la violence envers un enfant. Il risque une peine de 15 à 30 ans de prison en cas de condamnation.
Ces affaires s’inscrivent dans le cadre de « Projet Enfance Sûre », une initiative nationale visant à lutter contre l’exploitation et les abus sexuels sur enfants en ligne.
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