Home SantéUn contrôle individualisé de la pression artérielle peut-il prévenir le délire après une intervention chirurgicale chez les patients à haut risque souffrant de troubles du sommeil ? | Anesthésiologie BMC

Un contrôle individualisé de la pression artérielle peut-il prévenir le délire après une intervention chirurgicale chez les patients à haut risque souffrant de troubles du sommeil ? | Anesthésiologie BMC

by Sophie Martin

Publié le 2024-05-03 14:35:00. Une étude clinique menée en Chine explore l’impact de la gestion de la pression artérielle sur le risque de délire postopératoire chez les patients subissant une chirurgie gastro-intestinale, révélant des stratégies potentiellement cruciales pour améliorer le rétablissement des patients.

  • Une étude randomisée en simple aveugle a comparé deux approches de gestion de la pression artérielle chez des patients opérés d’une tumeur gastro-intestinale.
  • Les patients souffrant de troubles du sommeil préexistants ont été identifiés comme un facteur de risque important de délire postopératoire.
  • L’étude a rigoureusement suivi les protocoles éthiques et scientifiques internationaux, notamment la Déclaration d’Helsinki et les directives CONSORT.

Des chercheurs de l’Université médicale de Nanjing, en Chine, ont mené une étude clinique rigoureuse pour évaluer l’influence de différentes stratégies de gestion de la pression artérielle sur l’apparition du délire postopératoire (POD) chez les patients subissant une intervention chirurgicale pour une tumeur gastro-intestinale. L’étude, réalisée entre octobre 2022 et septembre 2023 au Lianyungang Clinical College, a impliqué 114 participants répartis aléatoirement en deux groupes : un groupe à pression artérielle élevée (MAP maintenue entre 100 % et 120 % de la valeur initiale) et un groupe à pression artérielle inférieure (MAP maintenue entre 80 % et 100 % de la valeur initiale). La pression artérielle moyenne (PAM) de base a été définie comme la moyenne de trois mesures prises au repos la veille de l’opération.

L’étude a mis en évidence l’importance de la qualité du sommeil comme facteur prédictif du délire postopératoire. Les participants ont été évalués à l’aide de l’indice de qualité du sommeil de Pittsburgh (PSQI), et un score supérieur à 7 indiquait la présence de troubles du sommeil. Les résultats suggèrent que les patients présentant des troubles du sommeil préexistants sont plus susceptibles de développer un délire après la chirurgie. L’échelle CAM-CR (Confusion Assessment Method-Chinese Reversion) a été utilisée quotidiennement pendant trois jours après l’opération pour diagnostiquer le délire, un score supérieur à 22 étant considéré comme indicatif de la condition.

Tous les patients ont reçu une anesthésie générale standardisée, incluant l’administration de sufentanil (0,3 à 0,5 μg·kg−1), de propofol (1,5 à 2,5 mg·kg−1) et de cisatracurium (0,2 mg·kg−1) pour l’induction. Pendant l’intervention, un mélange de sévoflurane (1 % à 2 %), de propofol (4 à 8 mg·kg−1·h−1), de rémifentanil (0,1 à 0,3 μg·kg−1·min−1) et de cisatracurium (0,1 à 0,2 mg·kg−1·h−1) a été utilisé pour maintenir une profondeur d’anesthésie appropriée, surveillée par l’indice bispectral (BIS) maintenu entre 40 et 60. Une analgésie postopératoire a été assurée par une pompe à perfusion contrôlée par le patient (PCA) contenant du sufentanil (2 μg·kg−1) et de l’azasétron (10 mg).

La gestion de la pression artérielle a été ajustée en fonction des besoins de chaque patient, avec des interventions pharmacologiques (noradrénaline ou urapidil) si nécessaire. L’étude a également surveillé de près d’autres paramètres physiologiques, tels que la fréquence cardiaque, la pression artérielle systolique et diastolique, et l’indice bispectral, à différents moments pendant et après l’opération. Les critères d’exclusion de l’étude comprenaient des antécédents de maladies cardiovasculaires ou respiratoires sévères, des troubles mentaux ou neurologiques diagnostiqués, une insuffisance hépatique ou rénale grave, un indice de masse corporelle (IMC) en dehors de la plage normale (≤ 18 kg/m2 ou ≥ 30 kg/m2), une hypertension sévère non contrôlée et des allergies médicamenteuses.

L’étude a été approuvée par le comité d’éthique du Collège clinique Lianyungang de l’Université médicale de Nanjing (ChiCTR2300071264) et a été menée conformément à la Déclaration d’Helsinki et aux directives CONSORT. Un consentement éclairé écrit a été obtenu de tous les participants. Les données ont été analysées à l’aide de SPSS (version 26.0) et de GraphPad Prism (version 9).

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