Home SantéUn couple stérile a obtenu une grossesse après 19 ans grâce à l’intelligence artificielle | Aux États-Unis

Un couple stérile a obtenu une grossesse après 19 ans grâce à l’intelligence artificielle | Aux États-Unis

by Sophie Martin

Publié le 2024-02-29 14:35:00. Après 19 années d’échecs, une nouvelle technologie basée sur l’intelligence artificielle a permis à un couple américain de concevoir un enfant, ouvrant de nouvelles perspectives pour les hommes souffrant d’infertilité sévère.

  • Un système de suivi et de récupération des spermatozoïdes (STAR, pour Sperm Tracking And Recovery) a permis d’identifier des spermatozoïdes dans un cas d’azoospermie non obstructive, où le patient en produit très peu.
  • L’analyse automatisée de 2,5 millions d’images a révélé sept spermatozoïdes, dont deux mobiles, qui ont conduit à une grossesse clinique confirmée.
  • Des experts soulignent que l’IA ne remplace pas l’expertise humaine, mais vient compléter les techniques existantes de procréation assistée.

Une avancée majeure dans le domaine de la fertilité masculine a été rendue possible grâce à un système d’intelligence artificielle (IA) développé par des chercheurs de l’Université de Colombie. Après près de deux décennies de tentatives infructueuses, de multiples interventions chirurgicales et des cycles de fécondation in vitro (FIV) sans succès, un couple américain a enfin réalisé son rêve de fonder une famille. L’étude, publiée dans la revue médicale The Lancet, détaille comment cette technologie a permis de surmonter un obstacle majeur : l’azoospermie non obstructive.

Le système STAR, acronyme de Sperm Tracking And Recovery, est conçu pour faciliter la sélection des spermatozoïdes dans les cas où le patient produit une quantité très limitée de cellules reproductrices, empêchant leur présence dans le sperme. Il combine un système d’imagerie à grande vitesse, une puce microfluidique et un modèle de détection d’objets basé sur l’apprentissage profond. Cette combinaison permet une analyse continue et en temps réel des échantillons de sperme, avec une vitesse et une précision supérieures aux méthodes traditionnelles.

Dans le cas précis rapporté par l’étude, un examen manuel de l’échantillon de sperme n’avait révélé aucun spermatozoïde. Cependant, grâce au système STAR, l’analyse de 2,5 millions d’images en environ deux heures a permis d’identifier sept spermatozoïdes, dont deux étaient mobiles. Ces deux spermatozoïdes ont été utilisés pour féconder deux ovocytes matures – l’un fraîchement prélevé et l’autre décongelé – qui se sont développés en embryons. Treize jours après le transfert, la patiente a obtenu un premier test de grossesse positif, confirmé par la suite comme une grossesse clinique.

Contactée par Page|12, la Dre Marisa Geller, directrice médicale d’In Vitrio Buenos Aires et gynécologue spécialisée en médecine reproductive, a souligné l’importance de cette innovation. Elle a déclaré :

« L’injection intracytoplasmique de spermatozoïdes (ICSI) n’est pas une nouveauté, mais ce système contribue au domaine de la fertilité assistée et aide à compléter le travail que nous effectuons quotidiennement. »

Marisa Geller, directrice médicale d’In Vitrio Buenos Aires

La Dre Geller a également précisé que l’IA est de plus en plus utilisée dans divers aspects de la procréation assistée, notamment pour la sélection des donneurs et lors des échographies transvaginales. Cependant, elle insiste sur le fait que l’IA est un outil complémentaire et ne peut pas remplacer l’expertise humaine :

« Aujourd’hui, nous utilisons l’intelligence artificielle pour de nombreux aspects, cela concerne tout ce que nous faisons en matière de procréation assistée. Mais c’est un complément, parce que nous ne pouvons pas le résoudre avec ça seul. »

Marisa Geller, directrice médicale d’In Vitrio Buenos Aires

Selon la Dre Geller, le nombre de spermatozoïdes dans un échantillon normal est d’environ 15 millions (bien qu’un nombre inférieur puisse déjà être considéré comme faible). La sélection des spermatozoïdes les plus aptes est donc cruciale, et l’IA peut jouer un rôle important dans ce processus.

« En choisissant entre 15 millions, sélectionner lequel est le meilleur, c’est important. Et cela peut être fait avec l’IA ou d’autres techniques. Mais l’important est de pouvoir sélectionner les meilleurs spermatozoïdes. »

Marisa Geller, directrice médicale d’In Vitrio Buenos Aires

Jusqu’à présent, cette sélection reposait sur l’expertise du biologiste en charge du processus. Cependant, dans les cas d’azoospermie non obstructive, où la quantité de spermatozoïdes est extrêmement limitée, cette méthode s’avère souvent insuffisante. Le système STAR offre donc une solution prometteuse pour améliorer les chances de succès de la fécondation in vitro dans ces situations complexes.

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