Publié le 16 novembre 2025 à 09h05. Une vaste opération de cyberfraude ciblant des citoyens américains a été démantelée à Bangalore, en Inde, par une équipe conjointe de la police. Les enquêteurs ont mis au jour un centre d’appels sophistiqué où des individus se faisaient passer pour des techniciens de Microsoft afin d’extorquer de l’argent à leurs victimes.
- Vingt-et-un employés ont été arrêtés dans le cadre de cette opération.
- Les fraudeurs utilisaient des scripts préétablis et des systèmes VoIP pour masquer leur identité et leur localisation.
- Une enquête est en cours pour identifier les commanditaires de cette arnaque et évaluer l’ampleur des préjudices financiers.
La police de Bangalore a démantelé un réseau de cyberfraude élaboré qui exploitait des citoyens américains en se faisant passer pour le support technique de Microsoft. Les raids coordonnés, menés par la cellule spéciale du Cyber Command et la police de la cybercriminalité de Whitefield, ont révélé un centre d’appels de 4 500 pieds carrés (environ 465 mètres carrés) opérant depuis août 2025.
Selon les enquêteurs, l’établissement fonctionnait comme une véritable entreprise, dotée de réseaux informatiques, d’agents formés et de procédures d’appel structurées. Les employés étaient entraînés à se faire passer pour des techniciens Microsoft et ciblaient principalement des résidents américains, en adaptant leurs horaires d’appel aux fuseaux horaires américains afin de maximiser leurs chances de succès et de maintenir l’illusion de légitimité.
Les victimes étaient alertées de fausses menaces informatiques – logiciels malveillants inexistants, failles de sécurité imaginaires ou systèmes compromis – et incitées à accorder un accès à distance à leurs ordinateurs. Une fois l’accès obtenu, les fraudeurs exigeaient des sommes importantes pour des services fictifs, volaient des informations bancaires ou manipulaient les victimes pour effectuer des paiements en ligne.
Ce type d’arnaque au support technique, qui suit un schéma international bien connu, a déjà été observé à plusieurs reprises dans les grandes villes indiennes, selon les responsables de la police.
Vingt-et-un employés ont été interpellés vendredi et samedi lors de l’exécution de mandats de perquisition. Les enquêteurs ont saisi une grande quantité de matériel informatique, notamment des ordinateurs de bureau, des ordinateurs portables, des téléphones portables, des routeurs, des appareils de routage d’appels, des scripts numériques, des listes de clients étrangers et des documents relatifs à des transactions financières. L’analyse de ces éléments suggère une organisation hiérarchique bien définie, avec des équipes spécialisées dans les appels, le traitement des données et la collecte des paiements.
Une évaluation préliminaire indique que l’arnaque générait déjà des revenus considérables malgré sa récente création.
Une plainte a été déposée en vertu des articles 66 et 66(C) de la loi informatique de 2000, qui concernent le vol d’identité, la fraude informatique et l’utilisation abusive d’informations numériques. De plus, l’article 318(4) du Bharatiya Nyaya Sanhita (BNS) a été invoqué, couvrant la fraude commise par usurpation d’identité et par des moyens électroniques.
Les personnes arrêtées seront interrogées afin d’identifier les cerveaux derrière cette opération. La police recherche activement les propriétaires, les recruteurs et les coordinateurs techniques qui ont mis en place l’infrastructure de cette fraude.
Le matériel numérique saisi a été envoyé pour une analyse médico-légale approfondie. La police espère ainsi récupérer les journaux d’appels, les pistes financières, les enregistrements des conversations, les bases de données des victimes et les sessions d’accès à distance, ce qui pourrait permettre de remonter toute la chaîne de commandement.
Un haut responsable a souligné que ces opérations deviennent de plus en plus sophistiquées, les fraudeurs utilisant des serveurs cloud, des lignes VoIP étrangères et des outils d’anonymisation pour échapper à la détection.
« Ces réseaux fonctionnent comme de véritables entreprises, avec des recrutements, des formations et des objectifs basés sur des primes. »
Officier de police (non nommé)
Les autorités suspectent que l’opération MUSK Communications pourrait être liée à des configurations frauduleuses similaires dans d’autres villes. L’analyse médico-légale pourrait révéler si le groupe a collaboré avec des gestionnaires internationaux ou des fournisseurs de données tiers.
Étant donné que les victimes sont principalement des citoyens américains, la police de Bangalore pourrait collaborer avec des agences internationales, notamment des organismes américains de cybersécurité et des autorités fédérales. Un échange transfrontalier de données pourrait être initié si des preuves d’importantes pertes financières à l’étranger sont établies.
Les enquêteurs pensent que les personnes arrêtées ne sont que les opérateurs de première ligne. Les bénéficiaires financiers, les techniciens back-end et les équipes chargées de l’acquisition de données restent probablement en liberté. Plusieurs équipes ont été déployées pour retrouver les suspects restants et identifier les canaux de financement.
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