Le Texas a procédé, le 25 septembre 2025, à l’exécution de Blaine Keith Milam, 35 ans, pour le meurtre d’Amora Carson, une fillette de 13 mois décédée en décembre 2008. L’affaire, initialement présentée comme un tentative d’exorcisme, a révélé une torture inimaginable et a mis en lumière les failles d’un système judiciaire confronté à des questions de santé mentale.
Milam a reçu une injection létale de pentobarbital de sodium à 18h19 dans la prison de Huntsville. Il a prononcé ses derniers mots, un appel à la foi : « Si l’un d’entre vous veut me revoir, je vous prie, qui que vous soyez, acceptez Jésus-Christ comme votre Sauveur pour que nous puissions nous retrouver. Je t’aime. Ramenez-moi à la maison, Jésus. » Il a été déclaré mort à 18h40.
L’affaire remonte à décembre 2008, lorsque Milam, alors âgé de 18 ans, vivait avec sa petite amie, Jesseca Carson, également 18 ans, dans une caravane à l’est du Texas. Le couple, au chômage et aux prises avec des difficultés financières, était responsable de leur fille, Amora Rose Carson, âgée de 13 mois. Des voisins et des proches avaient exprimé des inquiétudes quant à leur capacité à s’occuper de leur enfant, mais personne n’aurait pu imaginer l’horreur qui allait suivre.
Selon les documents de procès et les rapports médico-légaux, Amora a subi 30 heures de torture entre le 2 et le 3 décembre 2008. Son crâne a été fracturé, ses bras et ses jambes brisés, ses côtes fracassées et son corps couvert de marques de morsures humaines. Le médecin légiste a déclaré qu’il était impossible de déterminer une cause unique du décès en raison du nombre et de la gravité des blessures.
Initialement, Milam et Carson ont affirmé qu’Amora était « possédée par un démon » et qu’ils tentaient de l’exorciser. Cette affirmation, rapidement démentie par les enquêteurs, a servi de paravent à une violence extrême. Le procureur Michael Jimerson, présent lors de l’exécution, a rappelé avoir d’abord considéré le couple comme des parents endeuillés, avant de découvrir la vérité : « Nous ne saurons jamais ce qu’Amora aurait pu apporter au monde. »
L’enquête a révélé des contradictions dans les témoignages de Milam et Carson. Ils ont d’abord tenté de justifier les blessures d’Amora par des accidents ou des ingestions de matériaux isolants, avant d’invoquer l’exorcisme. Milam a accusé Carson d’avoir initié l’idée de l’exorcisme, tandis que Carson a accusé Milam.
Les deux ont été arrêtés. Milam a été reconnu coupable de meurtre, tandis que Carson a été condamnée à la réclusion à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle. La peine de mort de Milam a été suspendue à plusieurs reprises en raison de contestations liées à ses capacités intellectuelles. Ses avocats ont plaidé qu’il souffrait d’une déficience intellectuelle, ce qui aurait dû l’empêcher d’être exécuté en vertu de la Constitution américaine. Cependant, les tribunaux ont finalement jugé qu’il ne répondait pas aux critères légaux de la « déficience intellectuelle ».
La semaine précédant son exécution, la Commission de libération conditionnelle et le Parlement du Texas ont rejeté à l’unanimité sa demande de clémence. L’exécution de Milam est la 33e exécution de l’année aux États-Unis, le Texas étant l’État le plus actif en matière de peine capitale.
La vie d’Amora Carson, brève et tragique, ne subsiste que dans les archives judiciaires et les reportages. Elle n’avait que 13 mois et n’avait pas encore appris à dire « maman ».
