Publié le 9 octobre 2024 20h30. Un détenu a décédé après une série de retards critiques dans sa prise en charge médicale, révélée par une enquête suite à son décès en juillet 2023. L’incident soulève des questions sur les procédures d’urgence et la prévention du suicide au sein de l’établissement pénitentiaire.
- Un détenu de 26 ans est décédé moins de 15 minutes après son arrivée à l’hôpital régional des Midlands, à Portlaoise.
- L’intervention médicale a été retardée de près de 40 minutes en raison d’un manque de réactivité du personnel pénitentiaire à son appel à l’aide.
- Un dysfonctionnement de l’ascenseur a ajouté un délai supplémentaire lors de son transport vers l’ambulance.
L’enquête, menée par le Bureau de l’Inspecteur des prisons (OIP), a mis en lumière une chaîne d’événements malheureux qui ont contribué au décès du jeune homme, incarcéré pour un peu moins de cinq ans et dont la libération était prévue pour le 2 août 2025. Selon le rapport, le détenu avait activé le système d’appel de sa cellule, mais personne n’y a répondu pendant plus d’une demi-heure. Il a finalement été découvert inconscient par les gardiens.
Les faits se sont déroulés le 17 juillet 2023. Vers 14h10, lors de la sortie pour la récréation, le détenu avait choisi de rester dans sa cellule pour téléphoner à son frère. Plus tard, vers 15h30, alors que les portes des cellules étaient rouvertes, un gardien a remarqué le voyant d’appel clignoter en rouge. Une tentative d’entrée a été bloquée par un matelas placé contre la porte.
Les ambulanciers, arrivés sur place vers 15h54, ont commencé à transférer le détenu sur une civière, mais se sont retrouvés bloqués dans l’ascenseur suite à une panne électrique. Ils ont été libérés après environ cinq minutes et ont immédiatement transporté l’homme à l’hôpital régional des Midlands, où son décès a été constaté peu après son arrivée.
La famille du défunt a exprimé son étonnement face à son geste, déclarant aux enquêteurs qu’elle ne pensait pas qu’il aurait pu se faire du mal intentionnellement. Sa sœur avait même eu une conversation téléphonique avec lui le jour même, sans percevoir de signes de détresse.
« Elle ne s’était pas inquiétée de son bien-être à ce moment-là. »
Témoignage de la sœur du défunt
Suite à cette tragédie, l’OIP a formulé plusieurs recommandations. Il est préconisé que le Service pénitentiaire irlandais (IPS) établisse une procédure opérationnelle standard concernant la gestion des appels provenant des cellules. De plus, l’élaboration d’une politique et d’une stratégie de prévention du suicide est jugée essentielle. L’OIP souligne également la nécessité de définir une procédure claire pour l’évacuation des personnes handicapées des cellules et de rappeler au personnel pénitentiaire son obligation de s’assurer du bon état de fonctionnement de l’équipement.