Home MondeUn tribunal français augmente la peine de l’homme qui a violé Gisèle Pélicot

Un tribunal français augmente la peine de l’homme qui a violé Gisèle Pélicot

by Clara Dubois

Publié le 9 octobre 2025 17:01:00. Husamettin Dogan, un ouvrier du bâtiment impliqué dans un réseau de viols orchestré par l’ex-mari de sa victime, a été condamné à neuf ans de prison en appel. Cette affaire, qui a révélé une culture du viol choquante en France, a suscité une prise de conscience nationale et un élan de solidarité envers Gisèle Pelicot, la victime.

Le tribunal d’appel de Nîmes a confirmé la peine de neuf ans d’emprisonnement à l’encontre de Husamettin Dogan, 44 ans, pour viol aggravé. Le verdict est intervenu après un procès retentissant qui a captivé l’attention du public et mis en lumière les agissements de Dominique Pelicot, l’ancien mari de la victime, responsable de l’organisation des agressions.

Le jury d’appel était composé de trois juges professionnels et de citoyens tirés au sort. Le premier procès, qui avait déjà conduit à une condamnation, avait été jugé par cinq juges.

Contrairement à Dogan, les 50 autres hommes reconnus coupables de viol en décembre dernier n’ont pas fait appel du jugement initial. Parmi eux figure Dominique Pelicot, qui a été condamné à la peine maximale de 20 ans de prison pour son rôle central dans ces crimes.

Dominique Pelicot avait drogué et violé sa propre épouse avec l’aide d’autres complices, filmant les agressions commises dans leur domicile de Mazan, en Provence, et ailleurs. Ces vidéos constituent des preuves accablantes dans l’affaire.

Lors de l’audience, le procureur avait requis une peine de 12 ans de prison à l’encontre de Dogan. Il avait souligné l’importance de ne pas minimiser les faits, en s’appuyant sur des arguments datés.

« On ne peut pas, en 2025, penser que parce qu’elle n’a rien dit, qu’elle a accepté. Parce que ce genre de réflexion appartient à une autre époque ! »

Procureur

Dogan avait nié avoir eu l’intention de violer Mme Pelicot, affirmant avoir été manipulé par Dominique Pelicot. Il a reconnu son rôle dans les faits, mais a contesté la qualification de viol.

L’affaire a pris une dimension internationale lorsque Mme Pelicot a refusé que le procès se déroule à huis clos, une demande formulée par plusieurs accusés. Le tribunal lui a donné raison, permettant ainsi une transparence totale sur les événements.

Le courage de Mme Pelicot a inspiré les militants contre les violences sexuelles et sexistes et a déclenché une prise de conscience nationale sur la culture du viol en France. Cette affaire a mis en évidence la nécessité de lutter contre les préjugés et les stéréotypes qui peuvent conduire à la banalisation des agressions sexuelles.

Une procédure civile est prévue en novembre à Avignon pour déterminer les dommages et intérêts dus à Mme Pelicot et à sa famille, qui seront financés conjointement par les condamnés.

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