Publié le 18 octobre 2025 19:41:00. L’océan Pacifique Nord affiche des températures record, un phénomène déroutant les scientifiques qui craignent désormais un hiver plus froid en Europe, notamment au Royaume-Uni et potentiellement en Norvège.
- Les eaux du Pacifique Nord ont connu leur été le plus chaud jamais enregistré, avec une température de surface dépassant de plus de 0,25 °C le précédent record de 2022.
- Cette anomalie thermique, qui s’étend sur une superficie dix fois supérieure à celle de la mer Méditerranée, pourrait influencer les conditions météorologiques hivernales en Europe.
- Les causes de ce réchauffement exceptionnel restent mal comprises, mais des changements récents dans la composition du carburant maritime pourraient y contribuer.
L’océan Pacifique Nord connaît une vague de chaleur marine sans précédent. Entre juillet et septembre, la température de sa surface a atteint des niveaux jamais observés, suscitant l’inquiétude des climatologues. Une analyse de la BBC met en lumière cette canicule marine mystérieuse, qui défie les modèles climatiques établis.
Cette augmentation de température, massive et étendue, est d’autant plus préoccupante qu’elle intervient dans un contexte de réchauffement climatique global. Selon les données, la surface de l’océan a dépassé de plus de 0,25 °C le précédent record enregistré en 2022, et ce, sur une zone équivalente à dix fois la superficie de la mer Méditerranée.
Si le changement climatique rend les vagues de chaleur marines plus fréquentes, les scientifiques peinent à expliquer l’ampleur et la persistance de ce phénomène dans le Pacifique Nord.
« Il se passe certainement quelque chose d’inhabituel dans le nord de l’océan Pacifique »,
Zeke Hausfather, climatologue à Berkeley Earth (États-Unis)
Zeke Hausfather qualifie cette situation de « tout à fait remarquable », soulignant l’importance de cette anomalie.

Les conséquences de cette chaleur anormale ne se limitent pas à l’océan. Selon les analyses du Service climatique européen Copernicus, la région s’est réchauffée rapidement au cours des deux dernières décennies, et les prévisions pour 2025 indiquent une température encore plus élevée.
Cette situation pourrait avoir des répercussions sur les conditions météorologiques à l’échelle mondiale. Les vagues de chaleur marines ont déjà contribué aux températures estivales extrêmes observées au Japon et en Corée du Sud, ainsi qu’aux tempêtes qui ont frappé les États-Unis.
Les climatologues anticipent également un possible impact sur l’Europe. Amanda Maycock, professeure de dynamique climatique à l’Université de Leeds, explique que les connexions entre les conditions météorologiques dans différentes parties du monde, appelées téléconnexions, pourraient favoriser des conditions de haute pression sur le continent, ouvrant la voie à une influence accrue de l’Arctique.
« Bien que les conditions chaudes actuelles se produisent dans le Pacifique Nord, elles peuvent générer des mouvements de vagues dans l’atmosphère qui peuvent modifier notre météo en aval dans l’Atlantique Nord et en Europe. »
Amanda Maycock, professeure de dynamique climatique à l’Université de Leeds
Cela pourrait se traduire par un hiver plus froid en Europe, notamment au Royaume-Uni et en Norvège. Cependant, les prévisions à long terme restent incertaines, et d’autres facteurs météorologiques pourraient influencer les températures hivernales, qui tendent à augmenter avec le réchauffement climatique.
Une autre piste explorée par les scientifiques concerne les changements récents dans la composition du carburant maritime. Avant 2020, l’utilisation d’huiles moteur polluantes libérait d’importantes quantités de dioxyde de soufre, un gaz nocif pour la santé. Cependant, ce soufre formait également des particules réfléchissant la lumière du soleil, contribuant ainsi à limiter l’augmentation des températures. La suppression de cet effet de refroidissement pourrait révéler l’ampleur réelle du réchauffement anthropique, notamment dans les zones de transport maritime intenses comme le Pacifique Nord.
