Home SantéUn médecin et une clinique doivent indemniser un adolescent pour une erreur de chirurgie laparoscopique

Un médecin et une clinique doivent indemniser un adolescent pour une erreur de chirurgie laparoscopique

by Sophie Martin

Une clinique privée de la banlieue ouest de Buenos Aires et un chirurgien ont été tenus responsables d’une faute professionnelle ayant entraîné de graves complications pour une adolescente lors d’une opération de la vésicule biliaire. L’affaire, qui a débuté par une intervention chirurgicale programmée, s’est soldée par une bataille judiciaire et une indemnisation conséquente pour la patiente.

La jeune femme, âgée de 16 ans, avait consulté pour des douleurs abdominales récurrentes, accompagnées de nausées et de vomissements. Après une série d’examens, dont une échographie, le diagnostic de cholécystite (inflammation de la vésicule biliaire due à des calculs) a été posé, et une intervention laparoscopique a été recommandée.

Selon le récit de la patiente, l’opération, initialement présentée comme simple et rapide, a duré plusieurs heures. Des douleurs abdominales intenses ont suivi l’intervention, nécessitant une hospitalisation prolongée. Rapidement, des complications sont apparues, conduisant à un transfert vers un établissement médical plus spécialisé.

C’est dans ce second établissement qu’un syndrome du canal biliaire principal a été diagnostiqué. Les médecins ont constaté que, lors de la première opération, le canal biliaire principal avait été lésé, nécessitant une reconstruction chirurgicale complexe. La patiente a ensuite été placée en soins intensifs, a subi un drainage percutané et a perdu 14 kilos durant sa convalescence, devant suivre un régime alimentaire spécifique et une surveillance médicale à domicile.

La patiente a alors engagé une action en justice contre la clinique et le chirurgien, réclamant réparation pour les préjudices physiques, moraux, psychologiques et esthétiques subis. Elle estimait que l’intervention initiale constituait une faute professionnelle ayant gravement altéré sa qualité de vie et entraîné de multiples interventions et traitements.

La clinique s’est défendue en arguant que le chirurgien n’était pas directement lié à l’établissement par un contrat de travail, mais avait été choisi par la patiente via son assistante sociale. Elle a également souligné que son rôle se limitait à fournir les infrastructures nécessaires et qu’elle ne pouvait être tenue responsable des résultats médicaux, les lésions des voies biliaires étant un risque inhérent à ce type d’intervention.

Le chirurgien a, quant à lui, affirmé que les complications survenues relevaient des événements indésirables possibles et que l’opération s’était déroulée conformément aux normes de la profession, sans anomalie peropératoire. Il a attribué l’évolution défavorable à une complication postopératoire indépendante de toute faute professionnelle.

L’expertise médicale a joué un rôle déterminant dans la décision de justice. Un expert a souligné que la lésion du canal biliaire principal était survenue lors de la première intervention et que l’équipe chirurgicale n’avait pas détecté les dommages pendant l’opération, ni effectué les contrôles nécessaires, comme une cholangiographie peropératoire, qui auraient permis de les identifier immédiatement. Un second expert, chirurgien, a cependant estimé que l’opération s’était déroulée sans incident et que la difficulté était apparue ultérieurement, en lien avec la pathologie initiale.

Le tribunal a finalement estimé que la clinique devait être tenue responsable des actes de ses praticiens, conformément à la loi sur la protection du consommateur. Le jugement de première instance a donné raison à la patiente, considérant que les preuves démontraient que la lésion avait été causée pendant l’opération et non par une évolution clinique indépendante.

La sentence prévoit une indemnisation de 24 millions de pesos (montant non converti) pour atteinte à l’intégrité physique, de 12 millions de pesos (montant non converti) pour préjudice moral et de 550 000 pesos (montant non converti) pour prise en charge psychologique, le tout indexé et majoré d’intérêts. Les frais de justice ont également été mis à la charge des défendeurs.

La clinique a fait appel de cette décision, contestant l’application de la législation sur les droits des consommateurs et l’absence de lien de subordination avec le chirurgien. Elle a également contesté le montant de l’indemnisation et les critères d’évaluation du préjudice.

La Cour d’appel civile et commerciale de Mercedes a confirmé le jugement initial. Les juges, après avoir examiné les rapports d’expertise, ont conclu que la complication était survenue pendant l’opération, lors de la lésion du canal biliaire principal, et ne pouvait être justifiée par le seul risque inhérent à l’intervention ou par un cas de force majeure. Ils ont souligné la clarté des éléments de preuve quant à la séquence des événements et l’absence de mesures préventives efficaces.

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