Home SantéUn nouveau traitement contre le cancer basé sur la lumière tue les cellules tumorales et épargne les cellules saines

Un nouveau traitement contre le cancer basé sur la lumière tue les cellules tumorales et épargne les cellules saines

by Sophie Martin

Publié le 2025-11-04 13:38:00. Des chercheurs américains et portugais ont mis au point une nouvelle approche prometteuse pour lutter contre le cancer, basée sur l’utilisation de nanoflocons d’oxyde d’étain activés par la lumière proche infrarouge, une alternative potentiellement moins agressive que la chimiothérapie et la radiothérapie.

  • Une nouvelle thérapie photothermique utilise des nanoflocons d’oxyde d’étain (SnOx) pour cibler et détruire les cellules cancéreuses.
  • Cette méthode, testée avec succès sur des cellules cancéreuses de la peau et du côlon, s’avère sélective et ne nuit pas aux cellules saines.
  • Le dispositif expérimental utilisé pour cette recherche est remarquablement abordable, coûtant environ 530 dollars.

La lutte contre le cancer est en constante évolution, et la recherche d’alternatives aux traitements traditionnels, souvent accompagnés d’effets secondaires importants, est une priorité. La chimiothérapie et la radiothérapie, bien qu’efficaces, agissent de manière non sélective, endommageant à la fois les cellules cancéreuses et les cellules saines. Une équipe de scientifiques de l’Université du Texas à Austin et de l’Université de Porto a récemment franchi une étape significative dans la quête de solutions plus ciblées.

Leur travail, publié dans la revue ACS Nano, porte sur des matériaux capables de convertir efficacement et en toute sécurité la lumière proche infrarouge (NIR) en chaleur, spécifiquement au niveau des cellules cancéreuses. Ces matériaux sont constitués de nanoflocons d’oxyde d’étain (SnOx), des particules minuscules dont l’épaisseur est inférieure à 20 nanomètres (un nanomètre équivaut à un millième de mètre).

La thérapie photothermique, qui consiste à chauffer les cellules cancéreuses pour les détruire, n’est pas une nouveauté. Cependant, l’utilisation de SnOx nanoflocons présente des avantages notables. Ces nanoflocons peuvent être conçus pour s’accumuler spécifiquement dans les tissus tumoraux, permettant un ciblage précis. Une fois en place, ils sont activés par une lumière à une longueur d’onde qui leur fournit l’énergie nécessaire pour générer une chaleur mortelle pour les cellules cancéreuses, tout en épargnant les tissus sains.

Les chercheurs estiment que leur approche pourrait améliorer l’efficacité, la biocompatibilité et l’accessibilité financière des thérapies photothermiques existantes. Selon Jean Anne Incorvia, professeure d’ingénierie à l’UT et co-directrice du projet,

« Notre objectif était de créer un traitement non seulement efficace, mais également sûr et accessible. Avec la combinaison de la lumière LED et des nanoflocons de SnOx, nous avons développé une méthode pour cibler avec précision les cellules cancéreuses tout en laissant intactes les cellules saines. »

Pour évaluer l’efficacité thermique de leur nouveau matériau, l’équipe a développé un système basé sur des diodes électroluminescentes proches infrarouges (NIR-LED) émettant une lumière à une longueur d’onde de 810 nanomètres, considérée comme inoffensive pour les tissus biologiques. Contrairement aux systèmes laser traditionnels, les NIR-LED offrent un éclairage plus uniforme et stable, réduisant le risque de surchauffe et nécessitant un investissement minimal. L’ensemble du dispositif expérimental, capable d’irradier jusqu’à 24 échantillons simultanément, coûte environ 530 dollars, ce qui en fait un outil de recherche biomédicale particulièrement abordable.

Les résultats des tests de transmission NIR sur les cellules cancéreuses traitées avec le SnOx se sont avérés très encourageants. L’Université du Texas a rapporté que, après seulement 30 minutes d’exposition, la méthode a permis d’éliminer jusqu’à 92 % des cellules cancéreuses de la peau et 50 % des cellules cancéreuses colorectales, sans aucun effet néfaste sur les cellules cutanées saines. Ces premiers résultats soulignent la sécurité et la sélectivité de cette nouvelle approche thérapeutique.

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