Home SantéUn programme virtuel de perte de poids montre le potentiel des vétérinaires atteints d’une maladie mentale grave

Un programme virtuel de perte de poids montre le potentiel des vétérinaires atteints d’une maladie mentale grave

by Sophie Martin

Publié le 17 décembre 2025 19h00. Un programme de perte de poids à distance, spécialement conçu pour les anciens combattants souffrant de troubles mentaux sévères et d’obésité, s’est avéré prometteur pour favoriser une perte de poids significative, selon une étude récente.

  • Les personnes atteintes de troubles mentaux graves présentent un risque accru de surpoids et d’obésité, et ces problèmes de poids peuvent exacerber leurs symptômes psychiatriques.
  • Un programme de perte de poids entièrement à distance de six mois, appelé CoachToFit, a permis aux vétérans concernés de perdre plus de poids que ceux recevant des soins habituels.
  • L’utilisation de technologies à distance, d’objets connectés et de pairs aidants pourrait surmonter les obstacles à la perte de poids pour cette population vulnérable.

Les personnes souffrant de troubles mentaux graves sont souvent confrontées à des difficultés supplémentaires pour maintenir un poids santé. Facteurs tels que les effets secondaires des médicaments psychiatriques, un mode de vie sédentaire, une alimentation déséquilibrée, l’isolement social et un accès limité aux soins de santé contribuent à un taux plus élevé de surpoids et d’obésité. Cette situation a des conséquences graves, car l’obésité est un facteur de risque majeur de maladies cardiovasculaires, qui réduisent l’espérance de vie de ces patients de 15 à 25 ans.

Une étude randomisée menée auprès de 256 anciens combattants a évalué l’efficacité du programme CoachToFit (CTF). Les participants du groupe CTF, qui bénéficiaient d’un accompagnement à distance de six mois, ont perdu en moyenne 7,1 livres (3,2 kg) de plus que ceux du groupe témoin, qui recevaient les soins habituels. Bien que cette différence ne soit pas statistiquement significative (P=0,07), les résultats sont encourageants.

L’étude a également révélé que 36,6 % des participants au programme CTF ont perdu au moins 5 % de leur poids corporel, contre 22,4 % dans le groupe témoin. Cette probabilité était 1,93 fois plus élevée dans le groupe CTF (intervalle de confiance à 95 % : 0,96-3,91, P=0,07). De même, 22,6 % des participants au programme CTF ont perdu au moins 7 % de leur poids corporel, contre seulement 8,2 % dans le groupe témoin, ce qui représente un risque 3,9 fois plus élevé (intervalle de confiance à 95 % : 1,45-10,36, P=0,007).

Le programme CTF se distingue par son approche innovante, qui combine des appels hebdomadaires avec un pair aidant de l’Administration des anciens combattants (VHA), une balance connectée Bluetooth, un traqueur d’activité physique et une application pour smartphone. Cette application, conçue pour tenir compte des déficits cognitifs potentiels de cette population, propose des informations sur la santé, permet de suivre les pas, de fixer des objectifs et de surveiller le poids.

Les chercheurs soulignent que le programme CTF pourrait être une option intéressante compte tenu du grand nombre de pairs spécialistes employés par la VHA, de son format entièrement à distance et de sa compatibilité avec les tablettes fournies par l’administration. Ils notent également que, bien que l’amélioration de la condition cardiorespiratoire, mesurée par un test de marche de 6 minutes, n’ait pas été statistiquement significative (P=0,67), une proportion plus importante de participants au programme CTF a augmenté leur performance de plus de 50 mètres, ce qui est associé à une réduction significative du risque de maladies cardiovasculaires.

L’essai clinique s’est déroulé à l’hôpital des anciens combattants de Pittsburgh d’octobre 2020 à septembre 2025. Les participants présentaient un indice de masse corporelle (IMC) de 30 ou plus et avaient reçu un diagnostic de schizophrénie, de trouble schizo-affectif, de trouble bipolaire ou de trouble dépressif majeur avec ou sans psychose, confirmé par leur dossier médical électronique.

L’âge moyen des participants était de 53,5 ans, et 68,8 % étaient des hommes. La majorité des participants (77,7 %) souffraient de troubles dépressifs majeurs. Seulement 13 % avaient déjà utilisé un médicament de type GLP-1 et 13,3 % avaient participé au programme MOVE!, un programme de gestion du poids pour les vétérans, au cours des six mois précédant l’étude.

Les auteurs de l’étude, publiée dans le journal JAMA Psychiatry, concluent que, malgré les limites liées à la taille de l’échantillon et à la généralisabilité des résultats, ces premiers résultats sont prometteurs et justifient des recherches plus approfondies sur des populations plus larges et sur des périodes plus longues.

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