Publié le 24 juin 2025 10:32:00. De plus en plus de femmes de la génération Y se tournent vers un diagnostic de trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), souvent après des années de difficultés non expliquées et de stratégies d’adaptation complexes.
- L’auteure relate un parcours personnel marqué par la procrastination, les reports constants et un sentiment de décalage, qui l’ont conduite à envisager un diagnostic de TDAH.
- Elle souligne la reconnaissance tardive du TDAH chez les filles et les femmes, qui ont souvent appris à masquer leurs symptômes.
- L’espoir d’un soulagement grâce à une médication est au cœur de sa démarche, non pas pour obtenir une étiquette, mais pour améliorer sa qualité de vie.
Après des années à repousser l’échéance, à éviter son directeur de mémoire et à accumuler les dépenses inutiles, l’auteure a finalement rédigé son mémoire de maîtrise en une semaine. Un parcours semé d’embûches, de reports incessants et d’une incapacité à se concentrer, qui l’ont amenée à se questionner sur la possibilité d’un trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Elle a reprogrammé son dernier contrôle technique six fois, dépensé des sommes considérables dans des achats impulsifs qu’elle n’a jamais retournés, et même abandonné ses études universitaires une première fois, submergée par le travail.
« Il n’est donc pas étonnant qu’une certaine étape de la vie qui frappe de nombreuses femmes âgées de la génération Y soit venue m’appeler ? » se demande-t-elle. L’idée d’une évaluation pour un TDAH s’est imposée progressivement, mais elle ne fait pas l’unanimité. Beaucoup s’interrogent sur cette tendance à chercher des diagnostics pour expliquer les difficultés de la vie quotidienne. Pourtant, l’auteure insiste : pendant des décennies, ces troubles n’étaient tout simplement pas reconnus, diagnostiqués ou traités, en particulier chez les filles et les femmes qui avaient développé des mécanismes d’adaptation pour masquer leur neurodivergence et maintenir une apparence de réussite scolaire.
L’auteure ne cherche pas une simple étiquette ni la validation d’un diagnostic. Son objectif est plus pragmatique : espérer qu’une médication stimulante, si elle est prescrite par un psychiatre, pourrait atténuer la procrastination paralysante qui a entravé sa vie. Ce problème est apparu au lycée, dès que la responsabilité de son travail a augmenté et que la motivation personnelle est devenue essentielle. Elle a toujours repoussé les tâches au maximum, s’inquiétant plus de ce qu’elle n’avait pas fait que de se mettre au travail. Elle a eu recours à la tricherie, non par manque d’intérêt, mais par peur d’être découverte. En apparence, elle était brillante et bien élevée, mais intérieurement, elle était constamment agitée.
Ces dernières années, la médiatisation croissante du TDAH sur les réseaux sociaux a renforcé son sentiment d’identification. Elle a coché toutes les cases, se reconnaissant dans chaque vidéo Instagram Reel et TikTok consacrée à ce trouble. Pourtant, elle n’avait jamais osé envisager sérieusement la possibilité d’être atteinte elle-même, estimant qu’elle n’avait pas le profil type. Elle s’était résignée à penser qu’elle était simplement paresseuse et irresponsable.
C’est un psychologue clinicien qu’elle consulte occasionnellement depuis cinq ans qui a finalement suggéré une évaluation, après une discussion sur sa procrastination et ses conséquences néfastes. Il a évoqué le concept de « dysfonctionnement exécutif », souvent associé au TDAH, qui a affecté tous ses emplois. Elle se souvient encore de ses cauchemars récurrents lorsqu’elle travaillait comme pigiste à la radio, incapable de rédiger un bulletin d’information à temps et se retrouvant face à un écran vide et au silence radio. Le psychologue a également identifié un schéma de pensées incessantes, une sorte de surcharge mentale que l’auteure pensait être universelle.
Depuis cette suggestion, elle a passé des heures à rassembler des preuves de sa potentielle neurodivergence. Elle se souvient avoir été une enfant plutôt sage, mais aussi très anxieuse, cachant ses inquiétudes à tout prix. Elle n’a jamais été perturbatrice à l’école, mais elle a attiré l’attention des enseignants. Elle a même eu de graves ennuis en primaire pour avoir exprimé son opinion lors d’un exercice d’écriture, osant affirmer que l’école était « parfois ennuyeuse ». Elle a été humiliée devant toute la classe par un professeur qu’elle décrit aujourd’hui comme un tyran, réduite en larmes et craignant que ses yeux gonflés ne trahissent son embarras à son retour à la maison. Elle a tout caché, y compris, peut-être, les signes d’un TDAH.
Le processus d’évaluation est coûteux et complexe, et l’auteure se sent parfois comme une imposture. Mais elle est prête à persévérer si cela peut lui apporter le moindre soulagement face à la procrastination. Elle pourrait même commencer à rendre ses chroniques dans les délais impartis. Que se passe-t-il lorsque votre thérapeute ou votre médecin généraliste vous demande : « Vous êtes-vous déjà demandé si vous pourriez être neurodivergent ? ». Une étude révèle que les médicaments contre le TDAH peuvent réduire le risque de suicide, de toxicomanie et de criminalité chez les personnes nouvellement diagnostiquées.
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