Publié le 8 novembre 2025 à 18h19. Une étude scientifique suggère qu’un régime riche en graisses et pauvre en glucides pourrait atténuer les effets du stress prénatal sur le développement cérébral des jeunes rats, ouvrant la voie à de nouvelles approches nutritionnelles pour prévenir les troubles mentaux.
- Un régime cétogène administré à des rats après le sevrage a presque complètement protégé leur progéniture des conséquences du stress subi par leur mère pendant la grossesse.
- Les chercheurs ont observé des mécanismes biologiques différents en fonction du sexe, suggérant la possibilité d’interventions nutritionnelles personnalisées.
- Cette recherche, présentée lors d’une conférence européenne, soulève l’espoir de prévenir les traumatismes prénatals grâce à la nutrition, plutôt que de simplement traiter les symptômes.
Des scientifiques italiens ont mis en évidence un lien surprenant entre l’alimentation et la résilience au stress chez les jeunes rats. Selon une étude présentée lors de la conférence du Collège européen de neuropsychopharmacologie à Amsterdam, un régime cétogène – riche en graisses et très faible en glucides – pourrait agir comme un bouclier protecteur pour le cerveau en développement.
L’équipe de l’Université de Milan a exposé des rates à un stress important juste avant la naissance. Après le sevrage, leur progéniture a été nourrie soit avec un régime cétogène (composé de viande, de poisson, de légumes à faible teneur en glucides, d’œufs et de graisses saines comme l’avocat et l’huile d’olive), soit avec un régime alimentaire standard. Les résultats ont révélé que seulement 22 % des mâles et 12 % des femelles ayant suivi le régime cétogène ont développé des problèmes liés au stress, tels que des difficultés sociales et des signes de dépression, contre 50 % dans le groupe témoin.
« Nous avons constaté que nourrir les jeunes rats avec un régime cétogène, immédiatement après le sevrage, les protégeait presque complètement des effets durables du stress qu’ils avaient subi avant la naissance », a déclaré la chercheuse principale, Alessia Marchesin. Elle explique que le régime semble agir comme un bouclier pour le développement du cerveau, empêchant l’apparition de problèmes sociaux et motivationnels.
Les chercheurs ont également identifié des mécanismes biologiques distincts en fonction du sexe. Chez les mâles, le régime cétogène a réduit l’inflammation, tandis que chez les femelles, il a renforcé les défenses antioxydantes. « Nous avons constaté que les hommes et les femmes bénéficiaient de différentes voies biologiques, ce qui suggère que nous pourrions être en mesure de personnaliser et d’affiner de telles interventions nutritionnelles », a précisé Alessia Marchesin.
Cette découverte ouvre des perspectives intéressantes pour la prévention des troubles mentaux liés aux traumatismes prénatals. L’objectif serait d’agir dès le début de la vie, en exploitant les propriétés thérapeutiques de la nutrition, plutôt que d’attendre l’apparition des symptômes et de recourir à des médicaments souvent associés à des effets secondaires.
Aniko Korosi, professeure agrégée à l’Université d’Amsterdam, qui n’a pas participé à l’étude, souligne l’importance de ces résultats : « L’étude présentée montre de manière intéressante que les risques de changements de comportement dus au stress prénatal peuvent être modulés par un régime cétogène après le sevrage. Il sera intéressant d’étudier plus en détail quels processus biologiques sont impliqués dans ces effets bénéfiques et si ces effets sont spécifiques au sexe. »
Bien que le régime cétogène puisse être bénéfique pour certains enfants atteints d’épilepsie, les experts médicaux insistent sur la nécessité de consulter un médecin avant d’envisager un tel régime pour un bébé. Les glucides restent essentiels à la croissance, au développement et à l’apport d’énergie.
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Au fait, vous voulez savoir comment suivre un régime si vous avez des enfants ? Vous pouvez le lire ici.
Source : EurekAlert
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