Publié le 24 octobre 2023 16:35:00. Une sénatrice australienne, Pauline Hanson, a été sévèrement sanctionnée par le Sénat après avoir porté une burqa en signe de protestation contre le refus d’examiner son projet de loi visant à interdire ce voile intégral dans l’espace public. Cette action a ravivé le débat sur l’islamophobie et le racisme en Australie.
- Pauline Hanson, figure controversée du parti One Nation, a été suspendue du Sénat pour sept jours consécutifs et a fait l’objet d’une motion de censure.
- Le geste de la sénatrice a été vivement critiqué, notamment par la leader du gouvernement au Sénat, Penny Wong, qui y voit une attaque contre la communauté musulmane australienne.
- Cette affaire intervient après qu’un tribunal a déjà reconnu Pauline Hanson coupable de discrimination raciale envers une autre sénatrice.
L’incident s’est produit lundi lorsque Pauline Hanson, 71 ans, est apparue au Sénat entièrement vêtue d’une burqa pour protester contre le rejet de son projet de loi visant à interdire les voiles dissimulant le visage. Elle a été immédiatement suspendue pour le reste de la journée. Mardi, une motion de censure a été adoptée, infligeant à la sénatrice une des sanctions les plus sévères jamais prononcées contre un membre du Parlement australien ces dernières décennies : l’interdiction de siéger pendant sept jours consécutifs. Le Sénat est ajourné jusqu’en février prochain, prolongeant ainsi la durée de sa suspension.
Pauline Hanson a défendu son action, affirmant qu’elle serait jugée par les électeurs lors des prochaines élections en 2028. Elle a dénoncé une hypocrisie de la part du Sénat, soulignant qu’il n’existe pas de code vestimentaire formel et qu’elle se voit interdire de porter un vêtement qu’elle n’aurait pas dû porter en premier lieu.
« Ils ne voulaient pas interdire la burqa, mais ils m’ont refusé le droit de la porter au Parlement. Il n’y a pas de code vestimentaire au Parlement, cependant, je n’ai pas le droit de la porter. Donc pour moi, c’est hypocrite. »
Pauline Hanson, sénatrice du parti One Nation
Cette provocation n’est pas la première du genre. En 2017, Hanson avait déjà porté une burqa au Sénat lors d’une manifestation similaire, sans être sanctionnée à l’époque. Elle avait également suscité la controverse en participant à une conférence conservatrice aux États-Unis ce mois-ci.
Penny Wong, leader du gouvernement au Sénat, a présenté la motion de censure, dénonçant un acte de « ridicule et de vilipendance » envers la foi musulmane, pratiquée par près d’un million d’Australiens (sur une population totale de 28 millions).
« Le spectacle superficiel et haineux du sénateur Hanson déchire notre tissu social et, je crois, affaiblit l’Australie, et a également des conséquences cruelles pour nombre de nos plus vulnérables, y compris dans nos cours d’école. »
Penny Wong, leader du gouvernement au Sénat
Mehreen Faruqi et Fatima Payman, les deux seules sénatrices musulmanes, ont également exprimé leur indignation. Faruqi a appelé à une lutte contre le racisme structurel, tandis que Payman a qualifié le geste de Hanson de « honteux ». Un tribunal avait déjà condamné Hanson l’année dernière pour discrimination raciale après des propos injurieux tenus envers Faruqi sur les réseaux sociaux, une décision contre laquelle elle a fait appel.
Rateb Jneid, président de la Fédération australienne des conseils islamiques, a dénoncé un comportement récurrent de Hanson visant à « vilipender les musulmans, les migrants et les minorités ». Hanson est connue pour ses positions controversées sur l’immigration et la race depuis son premier discours au Parlement en 1996, où elle avait mis en garde contre un risque d’« invasion asiatique ».
