Home SantéUn simple changement dans le traitement du sepsis pourrait sauver des milliers de vies

Un simple changement dans le traitement du sepsis pourrait sauver des milliers de vies

by Sophie Martin

Publié le 6 janvier 2024 19h10. Une étude menée en Afrique de l’Est révèle qu’un traitement précoce contre la tuberculose pourrait considérablement améliorer les chances de survie des patients atteints de septicémie, une complication fréquente chez les personnes vivant avec le VIH.

  • La tuberculose est identifiée comme la cause la plus fréquente de septicémie chez les patients séropositifs en Afrique de l’Est.
  • Un traitement antituberculeux immédiat, même avant confirmation du diagnostic, améliore significativement les taux de survie.
  • L’étude, baptisée ATLAS, a été menée en Tanzanie et en Ouganda avec une équipe internationale de chercheurs.

La septicémie, ou sepsis, une réponse extrême de l’organisme à une infection, demeure une cause majeure de décès dans le monde, responsable d’environ un cinquième de l’ensemble des décès. En Afrique, cette maladie est particulièrement préoccupante, surtout chez les personnes vivant avec le VIH, qui présentent un risque accru de développer une septicémie et d’en décéder.

Pendant cinq ans, une équipe de chercheurs de l’Université de Virginie, en collaboration avec des collègues tanzaniens et ougandais, a étudié de près les patients atteints de septicémie liée au VIH. Leur travail a permis de mettre en évidence un lien crucial : la tuberculose est la cause la plus fréquente de cette septicémie. L’étude a démontré qu’en initiant un traitement antituberculeux dès les premiers signes de sepsis, avant même d’avoir un diagnostic formel de tuberculose, les chances de survie des patients augmentaient considérablement.

« Nous avons conçu un essai clinique en Tanzanie et en Ouganda en ciblant spécifiquement les personnes vivant avec le VIH, car elles sont plus susceptibles de développer une septicémie et d’en mourir », explique le Dr Scott Heysell, directeur du Centre UVA pour l’équité en santé mondiale et co-investigateur principal de l’étude.

« Plus de la moitié des participants à cet essai se sont finalement révélés atteints de tuberculose et, ceux qui ont reçu immédiatement un traitement antituberculeux avaient beaucoup plus de chances de survivre. »

Dr Scott Heysell, directeur du Centre UVA pour l’équité en santé mondiale

L’étude ATLAS, financée par les National Institutes of Health, a mobilisé une équipe multidisciplinaire d’une trentaine de professionnels de la santé – médecins, infirmières, pharmaciens, statisticiens et coordinateurs de recherche. Parmi les figures clés de cette collaboration figurent le Dr Stellah Mpagama, de l’hôpital des maladies infectieuses de Kibong’oto en Tanzanie, et le Dr Conrad Muzoora, de l’Université des sciences et technologies de Mbarara en Ouganda, deux experts reconnus dans les domaines du VIH et de la tuberculose.

« Cet essai est l’aboutissement de près de 20 ans de collaboration avec nos collègues en Ouganda et en Tanzanie, dans le but d’améliorer notre compréhension, le diagnostic et la prise en charge de la septicémie », souligne le Dr Christopher Moore, professeur de médecine et d’équité en santé mondiale à l’École de médecine UVA.

« Les résultats de l’étude ATLAS ont des implications importantes pour le traitement de la septicémie en Afrique, une maladie trop fréquente et trop mortelle, qui risque de s’aggraver avec les réductions prévues dans le financement de la santé publique mondiale. »

Dr Christopher Moore, professeur de médecine et d’équité en santé mondiale à l’École de médecine UVA

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