Home SantéUn simple test sanguin cartographie les changements cachés de la maladie d’Alzheimer

Un simple test sanguin cartographie les changements cachés de la maladie d’Alzheimer

by Sophie Martin

Publié le 21 décembre 2025 à 21h59. Une vaste étude norvégienne révèle que les modifications cérébrales liées à la maladie d’Alzheimer sont bien plus fréquentes avec l’âge que ne le suggèrent les seuls symptômes cliniques, ouvrant de nouvelles perspectives pour le dépistage précoce, mais soulignant également sa complexité.

  • La prévalence des changements neuropathologiques liés à la maladie d’Alzheimer augmente considérablement avec l’âge, touchant jusqu’à 65 % des personnes de plus de 90 ans.
  • Un test sanguin mesurant la protéine tau phosphorylée (pTau217) s’avère un marqueur prometteur pour identifier les personnes à risque, même avant l’apparition des symptômes.
  • Le statut génétique (porteur du gène APOE ε4), le niveau d’éducation et la fonction rénale sont des facteurs associés à la prévalence de ces changements cérébraux.

La maladie d’Alzheimer représente un défi majeur de santé publique à l’échelle mondiale. Jusqu’à récemment, le diagnostic précis des modifications cérébrales associées à cette maladie nécessitait des examens invasifs et coûteux, tels que l’analyse du liquide céphalo-rachidien ou la tomographie par émission de positons (TEP). Une avancée majeure permet désormais de détecter la présence de pTau217 dans le sang, un marqueur étroitement lié à la pathologie de la tau, une des caractéristiques de la maladie d’Alzheimer.

L’étude, publiée dans la revue Nature, a analysé les données de plus de 11 486 participants aux études de population du Trøndelag Health (HUNT) en Norvège. Les chercheurs ont classé les individus en trois catégories – ADNC-négatifs, intermédiaires et ADNC-positifs – en fonction de leurs niveaux de pTau217 plasmatique. Ils ont ensuite étudié les liens entre ces niveaux et divers facteurs démographiques, génétiques et de santé.

Les résultats montrent que la prévalence des modifications neuropathologiques augmente de manière significative avec l’âge. Chez les adultes âgés de 58 à 69,9 ans, moins de 8 % présentaient des signes de ces changements, tandis que ce chiffre atteignait près de 65 % chez les personnes de plus de 90 ans. Parmi les personnes de 70 ans et plus, environ 10 % étaient considérées comme atteintes de maladie d’Alzheimer préclinique (cognition normale avec des marqueurs biologiques positifs), 10,4 % de maladie d’Alzheimer prodromique (troubles cognitifs légers avec marqueurs positifs) et 9,8 % répondaient aux critères de démence.

L’étude a également révélé que le porteur du gène APOE ε4, associé à un risque accru de maladie d’Alzheimer, était fortement corrélé à la positivité de l’ADNC. Les individus possédant deux copies de ce gène présentaient une prévalence significativement plus élevée de ces changements cérébraux. De plus, un niveau d’éducation plus élevé était associé à une prévalence plus faible, tandis qu’une fonction rénale réduite était liée à des concentrations plus élevées de pTau217.

Selon les critères d’éligibilité actuels aux traitements anti-amyloïdes, environ 10 % de la cohorte HUNT4 70+ et 11 % de la population norvégienne âgée de 70 ans et plus pourraient être éligibles. Cependant, les chercheurs soulignent que ces résultats doivent être interprétés avec prudence, car ils reposent sur un marqueur de substitution sanguin et non sur une confirmation neuropathologique directe. Ils insistent sur la nécessité de poursuivre les recherches pour affiner les stratégies de suivi des patients présentant des résultats intermédiaires et pour mieux comprendre l’impact de ces découvertes sur la prise en charge de la maladie d’Alzheimer.

Référence de l’étude :

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