Publié le 7 novembre 2025 à 21h19. Des chercheurs américains ont mis au point un vaccin nasal expérimental contre la grippe aviaire H5N1 qui induit une réponse immunitaire large et durable, offrant une nouvelle piste prometteuse pour la prévention de cette menace sanitaire mondiale.
- Un vaccin intranasal, appelé NanoVax H5, s’est avéré sûr et capable de stimuler une forte réponse immunitaire, même sans dose de rappel.
- L’étude démontre que le vaccin permet au système immunitaire de reconnaître différentes souches du virus H5N1, crucial compte tenu de son évolution constante.
- Cette approche vaccinale pourrait permettre d’utiliser des doses plus faibles, optimisant ainsi la disponibilité des stocks en cas d’épidémie.
La propagation de la grippe H5N1 (grippe aviaire) chez les animaux, avec des cas sporadiques de transmission à l’homme, continue de susciter des inquiétudes au niveau mondial. Face à cette menace, le développement de vaccins efficaces est une priorité. Des avancées significatives ont été réalisées ces dernières années, mais un nouveau vaccin expérimental vient d’attirer l’attention des chercheurs.
Une équipe du Centre pour le développement de vaccins et la santé mondiale de l’École de médecine de l’Université du Maryland a publié, le 6 novembre 2025, dans la revue Nature Communications, les résultats encourageants d’un essai clinique de phase précoce. Cette étude, financée par les National Institutes of Allergy and Infectious Diseases, met en lumière le potentiel des vaccins administrés par voie intranasale – directement dans les narines – pour renforcer les défenses immunitaires contre diverses souches de la grippe.
Le vaccin NanoVax H5 s’est révélé non seulement sûr et bien toléré, mais aussi particulièrement efficace. Les participants ayant reçu une dose de rappel par voie nasale ont présenté une « amorçage » immunitaire significatif, préparant leur système immunitaire à réagir efficacement à une éventuelle infection. Plus surprenant encore, le vaccin intranasal a induit des défenses immunitaires, tant au niveau des muqueuses que systémiques, même en l’absence de dose de rappel, un résultat que d’autres vaccins intranasaux recombinants contre la grippe H5 n’avaient pas démontré lors d’essais cliniques.
« Le vaccin a également aidé le système immunitaire à reconnaître plusieurs versions du virus H5N1, ce qui est essentiel car il existe différentes versions du virus et elles changent avec le temps. »
Meagan E. Deming, MD, PhD, professeur adjoint de médecine à l’UMSOM et co-auteur principal de l’étude
Selon les chercheurs, l’utilisation d’un adjuvant dans la formulation du vaccin pourrait permettre de réduire les doses nécessaires, optimisant ainsi l’accès à la vaccination en cas d’épidémie. Cette perspective est d’autant plus importante que les États-Unis ont récemment annoncé un investissement d’1 milliard de dollars (environ 930 millions d’euros) en février 2025 pour lutter contre la grippe aviaire hautement pathogène et protéger l’industrie avicole américaine, tout en soutenant les efforts de développement de vaccins.
Cette nouvelle avancée représente un pas important dans la lutte contre la grippe aviaire et souligne l’importance de la recherche continue pour développer des stratégies de prévention efficaces contre les maladies infectieuses émergentes.