L’Australie, déjà réputée pour sa faune parfois redoutable, vient de voir son inventaire s’enrichir d’une nouvelle espèce : une abeille singulière, baptisée « Lucifer » en raison de ses étranges « cornes » faciales. Cette découverte, réalisée en Australie-Occidentale, souligne l’importance de préserver les habitats menacés avant que d’autres espèces ne disparaissent à jamais.
C’est en étudiant une fleur sauvage en voie de disparition que Kit Prendergast, chercheuse à la faculté des sciences moléculaires et de la vie de l’Université Curtin à Perth, a fait cette surprenante découverte, le 11 novembre. L’abeille, de l’espèce Megachile (Hackeriapis) lucifer, s’est immédiatement distinguée par son apparence inhabituelle.
« La femelle présentait d’incroyables petites cornes sur le visage », a expliqué la scientifique dans un communiqué de l’université. Inspirée par la série télévisée « Lucifer » qu’elle regardait sur Netflix, Kit Prendergast a estimé que ce nom correspondait parfaitement à l’aspect diabolique de l’insecte.
Cette découverte est d’autant plus significative qu’il s’agit du premier nouveau membre de ce groupe d’abeilles à être décrit depuis plus de 20 ans. « Cela démontre combien de vie nous avons encore à découvrir, y compris dans des zones menacées par l’exploitation minière, comme les Goldfields », a souligné Kit Prendergast.
La chercheuse espère que cette découverte sensibilisera le public à la richesse de la biodiversité encore inconnue, et à la nécessité de la protéger. « Comme la nouvelle espèce a été découverte dans la même zone que la fleur sauvage en voie de disparition, les deux pourraient être menacées par la perturbation de leur habitat et d’autres processus comme le changement climatique », a-t-elle mis en garde.
Elle déplore également le manque de recensement des abeilles indigènes par de nombreuses sociétés minières. « Nous risquons de passer à côté d’espèces, notamment celles qui jouent un rôle crucial dans la préservation des plantes et des écosystèmes menacés. Nous risquons de les perdre avant même de connaître leur existence », a-t-elle affirmé. La survie de presque toutes les plantes à fleurs dépend en effet des pollinisateurs sauvages, et en particulier des abeilles, mais la perte d’habitat et le changement climatique mettent en péril de nombreuses espèces vitales.
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