Publié le 2024-05-16 10:00:00. Une étude brésilienne suggère un lien possible entre l’activité solaire et un risque accru de crises cardiaques, en particulier chez les femmes, bien que les scientifiques appellent à la prudence quant à l’interprétation de ces résultats.
- Une étude menée à São Paulo a analysé les données de près de 1 400 patients hospitalisés pour un infarctus du myocarde entre 1998 et 2005, en les comparant à l’activité géomagnétique terrestre.
- Les résultats indiquent que les femmes pourraient être plus sensibles aux fluctuations du champ géomagnétique que les hommes, avec un risque accru de crises cardiaques lors des périodes d’activité solaire intense.
- Les chercheurs soulignent qu’il s’agit d’une première étude dans cette région du monde et que des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer ces observations et comprendre les mécanismes biologiques impliqués.
Des scientifiques brésiliens ont mis en évidence une corrélation potentielle entre les éruptions solaires et l’augmentation des problèmes cardiaques, notamment les crises cardiaques. Cette recherche, publiée dans la revue Nature Communications Medicine, est la première de son genre à être menée dans l’hémisphère sud et ouvre de nouvelles pistes de réflexion sur l’influence de l’environnement spatial sur la santé humaine.
L’étude s’est appuyée sur une vaste base de données provenant du réseau de santé publique de São Paulo, couvrant une période de sept ans (1998-2005) caractérisée par une activité solaire supérieure à la moyenne. Les chercheurs ont analysé les dossiers médicaux de 871 hommes et 469 femmes hospitalisés pour un infarctus du myocarde, en les confrontant aux variations du champ géomagnétique terrestre, un indicateur direct de l’activité solaire.
« Nous avons classé les jours analysés en fonction de leur niveau d’activité géomagnétique : calme, modérée ou intense », explique Luiz Felipe Campos De Rezende, chercheur à l’Institut national brésilien de recherche spatiale. « Nos données montrent que le nombre d’infarctus chez les hommes est globalement plus élevé, quel que soit le contexte géomagnétique. Cependant, si l’on examine le nombre relatif de cas, on constate une augmentation significative du risque chez les femmes pendant les périodes de troubles géomagnétiques. Dans la tranche d’âge 31-60 ans, ce risque est même multiplié par trois. »
Bien que l’étude ne puisse établir un lien de causalité direct entre l’activité solaire et les problèmes cardiaques, elle suggère que les femmes pourraient être plus vulnérables aux effets des fluctuations du champ géomagnétique. Les mécanismes biologiques sous-jacents à cette sensibilité accrue restent à élucider.
Des recherches antérieures, menées depuis la fin des années 1970, ont déjà suggéré que les particules magnétiques éjectées par le soleil pourraient influencer la santé humaine, en particulier le système cardiovasculaire. Ces études ont mis en évidence des modifications de la pression artérielle, de la fréquence cardiaque et du rythme circadien, un cycle biologique de 24 heures qui régule le sommeil et les fonctions corporelles.
« Il s’agit de la première étude sur ce sujet menée dans nos latitudes, mais elle n’est pas concluante », tempère Campos De Rezende. « Il ne s’agit pas d’une étude observationnelle idéale pour tirer des conclusions médicales définitives. Il est important de ne pas semer la panique, en particulier chez les femmes. Des recherches plus approfondies sont nécessaires pour confirmer ces résultats et comprendre les mécanismes en jeu. »
Les chercheurs soulignent également qu’il s’agit d’une première étape et que des études futures devront se pencher sur les raisons pour lesquelles les femmes semblent plus sensibles aux perturbations du champ géomagnétique. « Nous n’avons trouvé aucune publication significative dans la littérature scientifique sur ce sujet », ajoute le chercheur. « C’est une question qui mérite d’être explorée. »
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