L’Empire romain n’a jamais été aussi facile à explorer. Une nouvelle carte interactive, fruit d’une recherche scientifique internationale, révèle l’étendue impressionnante du réseau routier antique, bien plus vaste qu’on ne le pensait.
Le projet Itiner-e, basé sur des données publiées dans la revue Données scientifiques, cartographie près de 300 000 kilomètres de voies romaines, soit trois fois plus que les estimations précédentes. Cette carte ne se limite pas aux grandes routes commerciales, les viae publicae, mais inclut également les chemins secondaires, représentant environ les deux tiers du réseau total, soit 195 693,3 kilomètres.
La précision de cette reconstitution est remarquable. Les itinéraires tiennent compte de la géographie réelle, empruntant des cols de montagne sinueux plutôt que des lignes droites, comme c’était le cas dans d’autres projets similaires, tel qu’OmnesViae. La carte couvre une période allant de la première voie romaine, la Via Appia construite en 312 avant J.-C., jusqu’à environ 400 après J.-C., reflétant l’apogée de l’Empire romain vers 150 après J.-C.
Itiner-e se distingue également par sa transparence scientifique. Les chercheurs reconnaissent que l’emplacement exact des routes n’est certain qu’à environ 3 %, le reste étant basé sur des hypothèses rigoureuses et documentées.
L’outil permet de planifier des itinéraires comme si vous étiez un voyageur de l’époque. Sur le site itiner-e.org, les utilisateurs peuvent calculer la durée d’un trajet en fonction du mode de transport choisi : à pied, en charrette à bœufs, à dos d’âne ou à cheval.
Par exemple, un voyage entre Mayence (Mogontiacum) et Augsbourg (Augusta Vindelicum), sur une distance d’environ 340 kilomètres, prendrait 84 heures de marche ou 169 heures en charrette à bœufs. Traverser les Alpes depuis Augsbourg jusqu’à Trente (Tridentum) nécessiterait quant à elle 202 heures en charrette à bœufs.
« Si Hannibal avait eu Itiner-e à sa disposition, il aurait peut-être pu sauver un éléphant ou deux », ironise-t-on, soulignant l’utilité potentielle d’un tel outil pour les stratèges de l’Antiquité.
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