Home AffairesUne comptable licenciée après près de 18 ans a fait l’objet de « moqueries » lorsqu’elle a posé des questions sur les indemnités de licenciement, selon le WRC – The Irish Times

Une comptable licenciée après près de 18 ans a fait l’objet de « moqueries » lorsqu’elle a posé des questions sur les indemnités de licenciement, selon le WRC – The Irish Times

by Amélie Bernard

Publié le 16 décembre 2025 à 13h10. Une ancienne comptable d’une entreprise d’arcades et de bingos à Dundalk affirme avoir été licenciée injustement après avoir soulevé des questions sur la santé financière de l’entreprise, qui, selon elle, était en réalité florissante malgré les difficultés affichées.

  • Siobhán McDonagh réclame près de 40 000 € de dommages et intérêts pour licenciement abusif.
  • Elle affirme que son employeur lui a conseillé de demander des allocations chômage, tout en lui laissant entendre que l’entreprise dissimulait ses profits.
  • La direction de l’entreprise reconnaît des difficultés financières importantes et justifie le licenciement par des impératifs d’économies.

Siobhán McDonagh, contrôleur financier, a travaillé pendant près de 18 ans pour James P McCann Ireland Ltd, exploitant de salles d’arcade et de bingo. Elle a été licenciée en janvier dernier et conteste cette décision devant la Commission des relations sur le lieu de travail (WRC). Selon ses dires, elle a été surprise par son licenciement, d’autant plus qu’elle percevait l’entreprise comme étant en bonne santé financière.

Mme McDonagh témoigne avoir gagné un peu plus de 50 000 € par an. Elle avait initialement rejoint l’entreprise fondatrice de Jim McCann, Kimble Gaming Ltd, en 2007, avant d’être transférée lorsque celle-ci a fermé ses portes en 2023.

L’affaire révèle une situation financière complexe pour le groupe McCann. Si Jim McCann était autrefois impliqué dans une douzaine d’entreprises différentes, l’entreprise familiale ne possède désormais plus que deux salles d’arcade à Dublin, toutes deux confrontées à de « graves difficultés financières », selon les déclarations faites à la WRC.

Mme McDonagh affirme que son employeur s’est moqué d’elle lorsqu’elle a interrogé la direction sur la procédure à suivre pour obtenir des allocations chômage.

« Il a dit non ; je devrais réclamer mon licenciement auprès de l’État. »

Siobhán McDonagh

Elle estime que l’entreprise, bien que présentant des difficultés, était en réalité rentable.

Elle a déclaré à la WRC :

« J’ai demandé à Jim s’il allait liquider l’entreprise. Il a répondu : “Pourquoi devrais-je liquider alors que l’entreprise se porte bien, vole et gagne beaucoup d’argent ?” »

Siobhán McDonagh

Interrogée sur cette affirmation, Mme McDonagh a nuancé ses propos, expliquant qu’il s’agissait d’une question de trésorerie et que l’entreprise avait des pratiques comptables spécifiques. Elle a ajouté qu’elle n’avait plus accès aux comptes de l’entreprise, mais qu’elle se souvenait de sa rentabilité pendant son emploi.

Seoirse McCann, directeur général de l’entreprise, a expliqué que son père, Jim McCann, s’était retiré de la direction pour des raisons de santé cet été. Il a affirmé ne pas être au courant des commentaires allégués de son père concernant la situation financière de l’entreprise. Son avocat, Peter Dunlea de Peninsula Business Services, a questionné la validité de l’expression « ça vole ».

« Y a-t-il du vrai dans l’expression « ça vole » ? »

Peter Dunlea

Le directeur général a répondu sans équivoque :

« Non. Les deux sociétés connaissent d’extrêmes difficultés financières. »

Seoirse McCann

Il a précisé que James P McCann Ireland Ltd agissait comme une « société de gestion », fournissant des services de comptabilité, de paie et de maintenance à d’autres entreprises affiliées.

Suite à la fermeture d’une salle de bingo à Dundalk l’année dernière, l’entreprise ne desservait plus que deux salles d’arcade à Dublin, l’une gérée directement et l’autre par Starville Promotions Ltd. Le licenciement de Mme McDonagh est justifié par la volonté de réduire les coûts, avec une économie estimée à environ 30 000 € par an.

Conor McCrave, avocat de Mme McDonagh, a plaidé pour un licenciement abusif, soulignant le manque de procédure formelle suivie par l’entreprise. L’avocat de la défense, Peter Dunlea, a quant à lui soutenu que l’entreprise avait une certaine latitude dans ses décisions, compte tenu de sa taille et de sa situation financière.

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