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Une étude établit un lien entre des niveaux plus élevés d’oméga-3 et un risque moindre de pensées suicidaires

by Sophie Martin

Publié le 3 décembre 2025 à 15h13. Une étude menée auprès de plus de 258 000 adultes révèle un lien significatif entre des niveaux élevés d’acides gras oméga-3 dans le sang et une réduction des risques de pensées suicidaires et d’automutilation.

  • Des taux sanguins plus élevés d’acides gras oméga-3 (DHA, EPA, ALA et DPA) sont associés à une diminution des risques d’idées suicidaires.
  • L’étude a analysé des données sur une période médiane de 13,7 ans, renforçant la fiabilité des observations.
  • Les individus ayant les taux de DHA les plus élevés présentent un risque réduit de 33 % d’avoir des antécédents d’automutilation.

Des chercheurs ont mis en évidence une corrélation prometteuse entre l’apport en oméga-3 et la santé mentale. L’analyse, basée sur les données de la biobanque britannique, suggère que ces acides gras pourraient jouer un rôle protecteur contre les comportements d’automutilation et les pensées suicidaires. Les résultats, publiés dans la revue Lipids in Health and Disease, viennent s’ajouter à un ensemble croissant d’études soulignant les bienfaits des oméga-3 sur le bien-être psychologique.

L’étude a porté sur 258 012 participants, en comparant les niveaux plasmatiques d’acides gras oméga-3, mesurés par spectroscopie RMN, avec des informations autodéclarées et vérifiées par les dossiers médicaux concernant l’automutilation et les pensées suicidaires. Les chercheurs ont évalué trois catégories de résultats : les idées suicidaires passives, l’automutilation au cours de la vie et au cours de l’année écoulée (auto-évaluation et dossiers médicaux), ainsi que les futurs incidents d’automutilation. Tous les modèles statistiques ont été ajustés pour tenir compte de facteurs démographiques, de modes de vie, de la consommation de médicaments, de comorbidités et d’antécédents de santé mentale.

Les résultats ont révélé que les participants présentant des taux plus élevés de DHA, d’oméga-3 non-DHA (ALA+EPA+DPA) et d’oméga-3 totaux avaient systématiquement un risque plus faible de présenter des idées suicidaires passives, d’avoir des antécédents d’automutilation, d’avoir pratiqué l’automutilation au cours de l’année écoulée et d’être susceptibles de s’automutiler à l’avenir, selon les données des dossiers médicaux. Plus précisément, les individus appartenant au quintile supérieur en termes de DHA affichaient une réduction de 33 % du risque d’antécédents d’automutilation, tandis que ceux du quintile supérieur pour les oméga-3 non-DHA présentaient une diminution de 14 % du risque d’idées suicidaires passives au cours de l’année précédente.

« Nos résultats montrent que les individus ayant des taux plasmatiques d’oméga-3 plus élevés – en DHA, EPA, DPA et ALA – présentaient systématiquement des risques plus faibles de comportements d’automutilation passés et futurs. »

Dr W. Grant Franco, auteur principal de l’étude

« Bien que nous ne puissions pas établir de lien de causalité direct, la force et la cohérence de ces associations, en particulier pour les résultats confirmés par les dossiers médicaux, suggèrent un rôle protecteur potentiellement important des acides gras oméga-3 dans la santé mentale », a déclaré le Dr Franco. Le Dr William S. Harris, auteur principal et président et fondateur du Fatty Acid Research Institute (FARI), a ajouté : « Les acides gras oméga-3, en particulier le DHA et l’EPA, sont reconnus pour leur contribution au fonctionnement cérébral et à la réduction de l’inflammation. »

« Étant donné que les niveaux d’oméga-3 sont généralement faibles dans les populations occidentales, améliorer l’apport alimentaire ou envisager une supplémentation pourrait constituer une stratégie simple et sûre pour soutenir le bien-être mental, en particulier chez les personnes à risque élevé. »

Dr William S. Harris, président et fondateur du Fatty Acid Research Institute (FARI)

Les auteurs de l’étude soulignent plusieurs points importants pour la santé publique : les oméga-3 pourraient être un facteur de risque modifiable de l’automutilation et des idées suicidaires, en particulier dans les populations ayant un apport habituel faible. Les associations observées étaient plus fortes pour les résultats basés sur les dossiers médicaux, ce qui suggère que les résultats ne sont pas biaisés par des auto-déclarations. De plus, tant les oméga-3 DHA que non-DHA ont contribué aux associations protectrices, ce qui indique qu’un large éventail de sources d’oméga-3 pourrait être pertinent. Compte tenu des faibles risques associés à l’apport en oméga-3, des stratégies alimentaires et complémentaires pourraient être envisagées dans le cadre de la prévention en santé mentale.

Les chercheurs insistent sur la nécessité de mener des essais contrôlés randomisés afin de confirmer si l’augmentation des niveaux d’oméga-3 peut effectivement réduire les comportements d’automutilation ou les pensées suicidaires.

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