Un composé naturel présent dans les raisins, les myrtilles et les framboises pourrait offrir une nouvelle piste pour améliorer la fertilité féminine. Une analyse approfondie des recherches existantes suggère que le resvératrol, connu pour ses propriétés bénéfiques sur la santé, pourrait avoir un impact positif sur la qualité des ovules et, potentiellement, sur les chances de grossesse.
Des chercheurs de l’Université Anglia Ruskin (ARU) à Cambridge, en Angleterre, ont mené une revue systématique de 24 études – incluant des recherches in vitro et in vivo, menées sur un total de 9 563 participantes – portant sur le resvératrol et la santé reproductive des femmes. Leurs conclusions, publiées dans la Revue internationale des sciences moléculaires, indiquent que ce polyphénol pourrait améliorer à la fois la quantité et la qualité des ovocytes.
L’étude révèle que quatre études se sont spécifiquement penchées sur la relation entre le resvératrol et le nombre d’ovocytes matures. Deux d’entre elles ont observé une augmentation, tandis que les deux autres n’ont pas constaté de différence significative. De plus, les deux études ayant évalué la qualité des ovocytes ont toutes deux rapporté une amélioration chez les femmes ayant consommé du resvératrol.
Plusieurs mécanismes pourraient expliquer ces effets. Le resvératrol agirait en réduisant le stress oxydatif, protégeant ainsi l’ADN mitochondrial des dommages et stimulant l’activité de la télomérase, un processus qui contribue à ralentir le vieillissement cellulaire. Il activerait également la molécule SIRT1, souvent présente en quantité réduite dans les ovocytes vieillissants, ce qui pourrait prolonger la durée de vie des ovaires.
L’analyse suggère également un potentiel thérapeutique du resvératrol dans le traitement de l’infertilité liée à l’endométriose, au syndrome des ovaires polykystiques et à l’obésité. Il pourrait agir en inhibant les voies de production d’androgènes et en réduisant l’inflammation et le stress oxydatif.
Cependant, les résultats concernant les taux de grossesse et de fausses couches restent mitigés. Cinq études ont analysé les taux de grossesse, avec des conclusions variables : deux ont signalé une augmentation, deux n’ont observé aucune différence et une a même constaté une diminution chez les femmes consommant du resvératrol. L’étude ayant rapporté une baisse des taux de grossesse a également fait état d’une augmentation des fausses couches, tandis qu’une autre n’a pas trouvé de différence significative.
Le resvératrol est généralement considéré comme sûr lorsqu’il est consommé avec modération dans le cadre d’une alimentation équilibrée ou via des compléments alimentaires, à des doses allant jusqu’à cinq grammes par jour pendant un mois. Néanmoins, la sécurité d’une supplémentation à forte dose et sur une longue période reste incertaine.
« Notre revue systématique offre un aperçu complet des recherches actuelles sur le resvératrol et la fertilité féminine, et met en évidence le potentiel de ce composé pour améliorer les résultats en matière de reproduction et ouvrir la voie à de nouveaux traitements moins invasifs, basés sur des substances naturelles », explique Lee Smith, professeur de santé publique à l’ARU et auteur principal de l’étude.
« Cependant, nos résultats sont limités par le nombre restreint d’études menées sur des humains, la variabilité des paramètres étudiés et le manque de données précises concernant les dosages et les effets secondaires, notamment en ce qui concerne les malformations congénitales ou les anomalies fœtales. Des essais cliniques supplémentaires, impliquant un plus grand nombre de participantes, sont donc nécessaires pour confirmer ces résultats prometteurs et établir des recommandations pratiques pour les femmes souhaitant améliorer leur fertilité, notamment en matière de dosage sûr et efficace du resvératrol. »