Home SantéUne étude nationale cartographie l’origine des additifs alimentaires dans l’alimentation des enfants et des adultes

Une étude nationale cartographie l’origine des additifs alimentaires dans l’alimentation des enfants et des adultes

by Sophie Martin

Publié le 2025-12-10 03:45:00. Une étude nationale révèle que les enfants et les adolescents sont particulièrement exposés à des mélanges complexes d’additifs alimentaires, principalement via les produits ultra-transformés, soulevant des questions sur les potentiels effets sur la santé.

  • L’étude Esteban montre que les additifs alimentaires sont rarement utilisés seuls dans l’alimentation des Français.
  • Les enfants et les adolescents présentent une exposition aux additifs alimentaires, ajustée en fonction du poids corporel, environ deux fois plus élevée que celle des adultes.
  • La consommation de mélanges d’additifs est associée à des profils sociodémographiques et de santé moins favorables.

Une nouvelle étude, publiée dans la revue Scientific Reports, met en lumière l’exposition des adultes et des enfants français aux additifs alimentaires et à leurs combinaisons. Les additifs alimentaires, conçus pour améliorer l’aspect, la conservation, la texture ou le goût des aliments, sont devenus omniprésents dans notre alimentation. En France, plus de 50 % des produits alimentaires disponibles en contiennent.

Si l’utilisation d’additifs est largement répandue, des inquiétudes grandissent quant à leurs effets potentiels sur la santé, en particulier chez les enfants. Des recherches suggèrent qu’une exposition chronique à certains additifs pourrait être néfaste, et que ces substances pourraient agir de manière synergique lorsqu’elles sont consommées ensemble. Or, les évaluations de sécurité actuelles ne tiennent généralement pas compte de ces effets cumulatifs, faute de données d’exposition réelles et de méthodes d’évaluation adaptées.

L’étude Esteban, une vaste enquête transversale menée entre 2014 et 2016 auprès de 2 177 adultes (18-74 ans) et 1 279 enfants (6-17 ans), a permis d’évaluer précisément l’apport en additifs alimentaires. Les participants ont fourni des informations sur leur mode de vie et leur alimentation grâce à des questionnaires et des relevés alimentaires détaillés. L’apport nutritionnel a été analysé à l’aide d’une base de données exhaustive sur la composition des aliments, et la classification NOVA a été utilisée pour identifier les aliments ultra-transformés (UPF) et leur contribution à l’apport énergétique.

Les résultats de l’étude révèlent que les aliments ultra-transformés représentent en moyenne 34,2 % de l’apport énergétique quotidien des adultes et 49,3 % de celui des enfants. Au total, 125 additifs différents ont été identifiés dans l’alimentation des adultes et 122 chez les enfants. La consommation quotidienne moyenne d’additifs s’élève à 5,1 grammes par jour pour les enfants et 4,4 grammes pour les adultes, avec une exposition, ajustée en fonction du poids, environ deux fois plus importante chez les enfants.

L’étude a identifié plusieurs mélanges d’additifs alimentaires prédominants. Chez les adultes, trois mélanges distincts ont été mis en évidence, caractérisés par des régulateurs d’acidité, des colorants, des émulsifiants et des édulcorants, souvent présents dans les gâteaux industriels, les biscuits, les plats préparés et les boissons sucrées. Chez les enfants, quatre mélanges ont été identifiés, avec des compositions similaires, mais des profils d’exposition légèrement différents en fonction de l’âge et du niveau socio-économique.

L’analyse a également montré que la consommation de mélanges d’additifs est inversement associée à l’apport en protéines, en fibres alimentaires, en β-carotène et en vitamine C, mais positivement corrélée à l’apport énergétique, aux graisses saturées et aux sucres ajoutés. Des dépassements de la dose journalière acceptable (DJA) ont été observés pour l’extrait de romarin (E392) chez les enfants et les adultes, ainsi que pour le sucralose (E955) chez une faible proportion d’adultes.

Les chercheurs soulignent la nécessité de poursuivre les études pour mieux comprendre les effets sur la santé de ces mélanges d’additifs, en particulier à long terme. Ils rappellent que les données de l’étude Esteban ont été collectées il y a près de dix ans et que les habitudes alimentaires ont pu évoluer depuis. Des recherches complémentaires sont également nécessaires pour évaluer les interactions potentielles entre les additifs et leur impact sur le métabolisme.

Référence du journal :

  • de La Garanderie MP, Dechamp N, Verdot C, et al. (2025). Mélanges d’additifs alimentaires chez l’enfant et l’adulte français : l’étude Esteban représentative au niveau national. Scientific Reports. DOI : 10.1038/s41598-025-27819-8, https://www.nature.com/articles/s41598-025-27819-8

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