Publié le 27 octobre 2025 à 00h42. Une exposition accrue à la lumière artificielle la nuit pourrait augmenter significativement le risque de maladies cardiovasculaires, selon une vaste étude britannique. À l’inverse, une meilleure exposition à la lumière du jour pourrait avoir un effet protecteur sur le cœur.
- Les personnes de plus de 40 ans exposées à une forte luminosité nocturne présentent un risque accru d’accident vasculaire cérébral et d’insuffisance cardiaque.
- L’étude révèle des différences selon le sexe et l’âge, avec un impact plus marqué chez les femmes et les jeunes adultes.
- Les chercheurs soulignent l’importance de maintenir des nuits sombres et de favoriser une exposition adéquate à la lumière du jour pour préserver la santé cardiovasculaire.
Une nouvelle étude, publiée dans JAMA Network Open, met en lumière un lien préoccupant entre l’exposition à la lumière artificielle pendant la nuit et le développement de maladies cardiaques. Les résultats de cette vaste recherche, menée auprès de près de 90 000 participants britanniques, suggèrent que la luminosité nocturne pourrait être un facteur de risque environnemental modifiable.
L’étude a révélé que les personnes de plus de 40 ans les plus exposées à la lumière vive la nuit présentent un risque significativement plus élevé de développer diverses affections cardiovasculaires, notamment une maladie coronarienne, un infarctus du myocarde, une insuffisance cardiaque, une fibrillation auriculaire et un accident vasculaire cérébral. Les associations observées étaient plus prononcées chez les femmes en ce qui concerne l’insuffisance cardiaque et la maladie coronarienne, et chez les participants plus jeunes pour l’insuffisance cardiaque et la fibrillation auriculaire.
Les rythmes circadiens, qui régulent de nombreuses fonctions physiologiques, notamment la tension artérielle, la fréquence cardiaque et l’inflammation, sont essentiels à la santé cardiovasculaire. La perturbation de ces rythmes, due à une exposition à la lumière artificielle la nuit, peut entraîner un stress vasculaire et métabolique, augmentant ainsi le risque de maladies cardiaques. Des recherches antérieures ont déjà établi un lien entre le travail posté, qui perturbe ces rythmes, et une mortalité cardiovasculaire accrue.
Les chercheurs de l’étude ont utilisé des capteurs de lumière portés au poignet pour mesurer avec précision l’exposition lumineuse des participants entre 2013 et 2016. Les données ont été analysées en tenant compte de divers facteurs démographiques, socio-économiques et liés au mode de vie, tels que l’âge, le sexe, le niveau d’éducation, le revenu, l’activité physique, le régime alimentaire et le tabagisme. Les problèmes cardiovasculaires ont été identifiés grâce aux dossiers hospitaliers, aux soins de santé primaires et aux registres de décès.
À l’inverse, l’étude suggère qu’une exposition accrue à la lumière du jour pourrait avoir un effet protecteur sur le cœur, en renforçant les rythmes circadiens naturels. Cependant, cette association était moins marquée après ajustement complet des facteurs liés au mode de vie. Lorsque l’activité physique a été retirée des modèles d’analyse, des associations inverses sont réapparues pour l’insuffisance cardiaque et les accidents vasculaires cérébraux.
Les auteurs de l’étude soulignent que, bien que les résultats soient prometteurs, ils ne permettent pas d’établir une relation de cause à effet. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre les mécanismes sous-jacents à cette association et pour déterminer si la réduction de l’exposition à la lumière artificielle la nuit peut effectivement prévenir les maladies cardiovasculaires. Ils insistent néanmoins sur l’importance de maintenir des nuits sombres et de favoriser une exposition adéquate à la lumière du jour dans les stratégies de santé publique.
Référence de l’étude :
- Windred, DP, Burns, AC, Rutter, MK, Lane, JM, Saxena, R., Scheer, FAJL, Cain, SW, Phillips, AJK (2025). Exposition à la lumière la nuit et incidence des maladies cardiovasculaires. JAMA Network Open 8(10) : e2539031. DOI: 10.1001/jamanetworkopen.2025.39031. https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2840489
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