Home SantéUne étude révèle un lien entre la consommation de fromage et un risque moindre de démence – The Irish Times

Une étude révèle un lien entre la consommation de fromage et un risque moindre de démence – The Irish Times

by Sophie Martin

Publié le 26 décembre 2025 à 06h02. Une nouvelle étude à grande échelle suggère un lien entre la consommation régulière de fromage et de crème et un risque réduit de démence, remettant en question les recommandations nutritionnelles traditionnelles sur les graisses saturées.

  • La consommation d’au moins 50 g par jour de fromage gras (comme le cheddar, le brie ou le gouda) est associée à un risque de démence inférieur de 10 % par rapport à une consommation inférieure à 15 g.
  • Des résultats similaires ont été observés pour la crème fraîche, avec une consommation d’au moins 20 g (environ 1,3 cuillère à soupe) par jour corrélée à un risque réduit.
  • L’étude souligne la complexité de l’impact des graisses saturées sur la santé, suggérant que d’autres composants des produits laitiers pourraient jouer un rôle protecteur.

Des chercheurs de l’Université de Lund, en Suède, ont mené une étude de longue haleine auprès de près de 28 000 adultes, recrutés dans les années 1990. Les participants ont détaillé leurs habitudes alimentaires pendant une semaine, puis ont été suivis jusqu’en 2020 pour déterminer l’incidence de la démence, grâce aux données du registre national suédois.

Les résultats, publiés dans la revue Neurology, révèlent une association entre la consommation de fromage et de crème gras et une diminution du risque de démence. Plus précisément, environ 10 % des participants consommant au moins 50 g de fromage gras par jour ont développé une démence, contre 13 % chez ceux qui en consommaient moins de 15 g. L’étude a également pris en compte d’autres facteurs de risque, tels que le tabagisme, la consommation d’alcool, l’hypertension artérielle et les antécédents familiaux de maladies cardiovasculaires.

Ces découvertes interviennent alors que les recommandations nutritionnelles concernant les graisses saturées sont en pleine remise en question. Aux États-Unis, Robert F. Kennedy Jr., le secrétaire américain à la Santé, a annoncé que la prochaine édition des directives alimentaires fédérales, attendue début 2026, abandonnerait les conseils de limiter les graisses et insisterait sur la nécessité d’en consommer. Cette annonce suscite l’inquiétude de nombreux experts, craignant une augmentation des maladies cardiovasculaires.

L’épidémiologiste nutritionnelle Emily Sonestedt, de l’Université de Lund et principale auteure de l’étude, nuance ces résultats :

« Ces résultats ne signifient pas que les graisses saturées sont saines, mais plutôt que d’autres aspects de certains produits laitiers peuvent compenser les méfaits potentiels des graisses. »

Emily Sonestedt, épidémiologiste nutritionnelle à l’Université de Lund

Elle souligne que l’étude ne démontre qu’une association, et non un lien de cause à effet.

Le Dr Patricia Chocano-Bedoya, médecin et épidémiologiste nutritionnel à l’Université de Berne en Suisse, qui n’a pas participé à l’étude, confirme qu’il s’agit de l’une des études les plus vastes et les plus longues sur le sujet. Elle met toutefois en garde contre une interprétation trop hâtive : l’évaluation du régime alimentaire des participants n’a été effectuée qu’une seule fois, au début de l’étude, et il est possible que leurs habitudes aient évolué au fil des décennies.

Une analyse complémentaire a révélé que remplacer la viande rouge grasse ou la viande transformée par du fromage était associé à un risque moindre de démence. Le Dr Tian-Shin Yeh, de l’Université médicale de Taipei à Taiwan, précise :

« Cela suggère que le fromage pourrait être une meilleure option que ces aliments moins sains, mais l’étude ne peut pas démontrer qu’il est intrinsèquement neuroprotecteur. »

Dr Tian-Shin Yeh, médecin et épidémiologiste nutritionnel à l’Université médicale de Taipei

D’autres études ont montré que les produits laitiers gras pouvaient être bénéfiques ou neutres pour la santé, mais elles ne tiennent pas toujours compte de l’ensemble du régime alimentaire des participants, selon Deirdre Tobias, épidémiologiste au Brigham and Women’s Hospital de Boston. Elle rappelle que, comparés à des aliments riches en glucides raffinés, les produits laitiers gras peuvent sembler plus sains, mais qu’ils restent moins bénéfiques que les céréales complètes, l’huile d’olive, les légumineuses ou les noix.

En conclusion, les chercheurs insistent sur le fait qu’il ne faut pas interpréter ces résultats comme une incitation à augmenter sa consommation de fromage. Le Dr Sonestedt recommande de consommer du fromage avec modération, dans le cadre d’une alimentation équilibrée. Le Dr Yeh souligne quant à elle l’importance d’un régime riche en plantes, comme les régimes méditerranéen ou MIND, pour préserver la santé du cerveau. Cet article a été initialement publié dans le New York Times.

Le HSE (Health Service Executive) recommande aux adultes de consommer trois portions par jour du groupe alimentaire composé de lait, de yaourt et de fromage. Une portion équivaut à 25 g de fromage.

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