Home MondeUne idée folle (ou deux) pour faire face à la «crise» des grains ukrainiens

Une idée folle (ou deux) pour faire face à la «crise» des grains ukrainiens

by Clara Dubois

Des propositions récentes visant à contourner le blocage russe des exportations de céréales ukrainiennes par un pont aérien militaire suscitent des inquiétudes quant à une escalade du conflit. Des experts remettent en question la pertinence et les risques d’une telle opération, alors que les prix mondiaux du blé ne sont pas en crise et que d’autres solutions sont possibles.

L’idée d’un pont aérien pour l’Ukraine a été avancée par Melvin Goodman, un analyste politique, comme un moyen de commémorer le 75e anniversaire du pont aérien de Berlin (1948-1949). Goodman suggère que l’armée américaine, avec ses plus de 200 avions C-17 et ses appareils de ravitaillement (KC-135 Stratotankers, K-10 Extenders et KC-46 Pegasus), serait capable de mener à bien une telle opération.

Cependant, cette proposition est vivement critiquée. L’espace aérien ukrainien étant contrôlé par les forces russes, un pont aérien impliquerait que des avions militaires américains volent en zone de combat pour atterrir et charger des marchandises. Un tel scénario, selon certains observateurs, rappelle les tensions de la guerre froide et pourrait être perçu comme une provocation.

L’amiral à la retraite James Stavridis a également proposé une solution impliquant des convois de l’OTAN pour protéger les céréales ukrainiennes. Ces suggestions interviennent après la suspension par la Russie de sa participation à l’accord sur les céréales de la mer Noire, négocié sous l’égide de l’ONU et de la Turquie.

Néanmoins, les prix mondiaux du blé sont actuellement inférieurs à ceux de l’année précédente, ce qui remet en question l’urgence d’une intervention massive. De plus, l’accord sur les céréales de la mer Noire reposait sur trois piliers essentiels : l’exportation des céréales ukrainiennes sous supervision internationale, l’inspection des navires par la Turquie et l’ONU (pour s’assurer qu’ils ne transportaient pas d’armes), et la levée des sanctions contre les exportations agricoles russes. La Russie a justifié sa décision de ne pas renouveler l’accord par le non-respect de ce dernier point.

Des questions subsistent quant à la manière de garantir l’inspection des avions entrant en Ukraine pour charger les céréales, ainsi qu’aux coûts financiers et environnementaux considérables d’un pont aérien. Certains suggèrent que les pays d’Europe de l’Est pourraient être encouragés à jouer un rôle plus important dans l’aide aux exportations de céréales ukrainiennes.

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