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Une nouvelle découverte sur l’obésité réécrit des décennies de science sur le métabolisme des graisses

Publié le 24 novembre 2025 07:23:00. Des chercheurs toulousains ont découvert un rôle insoupçonné de la protéine HSL, essentielle non seulement pour la dégradation des graisses, mais aussi pour le maintien de la santé des cellules adipeuses, ouvrant…

Une nouvelle découverte sur l’obésité réécrit des décennies de science sur le métabolisme des graisses

Publié le 24 novembre 2025 07:23:00. Des chercheurs toulousains ont découvert un rôle insoupçonné de la protéine HSL, essentielle non seulement pour la dégradation des graisses, mais aussi pour le maintien de la santé des cellules adipeuses, ouvrant de nouvelles perspectives dans la compréhension de l’obésité et des troubles métaboliques.

  • La protéine HSL, longtemps connue pour son action sur la mobilisation des graisses, se trouve également au cœur des cellules adipeuses, dans le noyau.
  • Des personnes souffrant d’un déficit en HSL développent une lipodystrophie (perte de masse grasse) et non une obésité, remettant en question les idées reçues sur le rôle de cette protéine.
  • Les niveaux de HSL dans le noyau sont étroitement régulés et semblent perturbés chez les personnes obèses.

Les cellules adipeuses, ou adipocytes, ne sont pas de simples réservoirs de graisse. Elles constituent une réserve énergétique cruciale pour l’organisme, stockant les lipides sous forme de gouttelettes qui peuvent être mobilisées en cas de besoin, par exemple entre les repas. Pour libérer cette énergie, le corps s’appuie sur une protéine appelée HSL (hormone-sensitive lipase), qui agit comme un interrupteur activé par des hormones comme l’adrénaline lorsque les réserves d’énergie sont faibles.

Paradoxalement, le manque de HSL ne conduit pas à une accumulation de graisse, comme on pourrait le supposer. Des études menées sur des souris et chez des patients présentant des mutations du gène HSL ont révélé que ces individus souffrent au contraire d’une perte de masse grasse, une condition appelée lipodystrophie. Obésité et lipodystrophie, bien que diamétralement opposées en apparence, sont toutes deux liées à un dysfonctionnement des cellules adipeuses et peuvent entraîner des troubles métaboliques et cardiovasculaires.

Pour percer le mystère de ce comportement inattendu, une équipe de l’I2MC (Institut de mathématiques de Toulouse) dirigée par le professeur Dominique Langin, a étudié la localisation précise de la HSL au sein des adipocytes. Si son rôle à la surface des gouttelettes lipidiques, où elle favorise la dégradation des graisses, est bien établi, l’étude a mis en évidence sa présence également dans le noyau des cellules adipeuses.

« Dans le noyau des adipocytes, la HSL est capable de s’associer à de nombreuses autres protéines et de participer à un programme qui maintient une quantité optimale de tissu adipeux et maintient les adipocytes ‘sains’ »

Jérémy Dufau, co-auteur de l’étude

Les chercheurs ont également observé que la quantité de HSL présente dans le noyau est finement régulée. L’adrénaline, qui stimule l’activité de la HSL au niveau des gouttelettes lipidiques, favorise également son déplacement hors du noyau, un processus qui se produit naturellement pendant le jeûne. À l’inverse, les souris obèses présentent des niveaux élevés de HSL dans le noyau, suggérant une perturbation de ce mécanisme de régulation.

« La HSL est connue depuis les années 1960 comme une enzyme mobilisatrice des graisses. Mais on sait désormais qu’elle joue également un rôle essentiel au niveau du noyau des adipocytes, où elle participe au maintien du tissu adipeux sain », explique Dominique Langin. Cette nouvelle fonction contribue à expliquer pourquoi l’absence de HSL conduit à une lipodystrophie et offre des pistes de recherche inédites sur les troubles métaboliques, dont l’obésité et ses complications.

Cette découverte intervient à un moment crucial. En France, plus d’un adulte sur deux est en surpoids ou obèse, un chiffre qui atteint 2,5 milliards de personnes à l’échelle mondiale. L’obésité augmente considérablement le risque de maladies telles que le diabète et les problèmes cardiaques, et a un impact négatif sur la qualité de vie. La poursuite des recherches scientifiques est donc essentielle pour améliorer la prévention et la prise en charge des patients.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.