Publié le 23 décembre 2025 à 14h04. Une exoplanète découverte à plus de 2 000 années-lumière de la Terre défie les modèles classiques de formation planétaire, présentant une forme inhabituelle et une composition atmosphérique surprenante révélées par le télescope spatial James Webb.
- La planète PSR J2322-2650b, de la taille de Jupiter, est exceptionnellement déformée, avec un diamètre équatorial 38 % plus grand que son diamètre polaire, lui donnant une forme oblongue.
- Son atmosphère est dépourvue d’hydrogène, d’oxygène et d’azote, éléments communs aux géantes gazeuses, et est dominée par l’hélium et le carbone moléculaire.
- Les scientifiques envisagent deux hypothèses : soit il s’agit des restes d’une étoile dévorée par un pulsar, soit d’un type d’objet planétaire totalement nouveau.
Cette exoplanète, baptisée PSR J2322-2650b, a été initialement détectée en 2011 par le radiotélescope Parkes en Australie. Sa particularité réside dans son orbite autour d’un pulsar, une étoile à neutrons extrêmement dense en rotation rapide, vestige d’une supernova. La planète effectue une révolution complète en seulement huit heures, à une distance d’environ un million de kilomètres de son étoile hôte.
La forme inhabituelle de PSR J2322-2650b est due à la forte attraction gravitationnelle du pulsar, qui la déforme littéralement. Selon Michael Zhang, scientifique des exoplanètes à l’Université de Chicago et auteur principal de l’étude publiée dans The Astrophysical Journal Letters, il s’agit de la planète la plus déformable jamais observée.
« C’est la planète la plus élastique dont nous avons confirmé l’allongement. »
Michael Zhang, scientifique des exoplanètes à l’Université de Chicago
Les observations réalisées grâce aux capacités infrarouges du télescope spatial James Webb ont permis d’analyser la composition de son atmosphère, une première pour une planète orbitant autour d’un pulsar. Ces analyses ont révélé une absence surprenante d’éléments essentiels tels que l’hydrogène, l’oxygène et l’azote. À la place, l’atmosphère est constituée principalement d’hélium et de carbone moléculaire.
« Un monde dominé par l’hélium et le carbone est quelque chose que nous n’avons jamais vu auparavant. »
Peter Gao, scientifique des exoplanètes à la Carnegie Institution for Science
Cette composition atmosphérique particulière suggère la possibilité de nuages de graphite et même de diamants au cœur de la planète. Les scientifiques imaginent également des bandes de tempêtes violentes parcourant sa surface en forme de citron, lui conférant une couleur rougeâtre due à la présence de poussières carbonées. Emily Rauscher, astrophysicienne théoricienne à l’Université du Michigan, souligne l’étrangeté de cet objet :
« C’est une chose étrange, bizarre. Elle ne s’est pas formée comme n’importe quelle autre planète normale. »
Emily Rauscher, astrophysicienne théoricienne à l’Université du Michigan
Deux hypothèses principales sont envisagées pour expliquer les caractéristiques singulières de PSR J2322-2650b. La première est qu’il ne s’agit pas d’une planète à proprement parler, mais des restes d’une étoile qui a été progressivement dévorée par le pulsar, un phénomène observé dans les systèmes de type veuve noire. Dans ce scénario, la planète serait en train de disparaître, ayant déjà perdu 99,9 % de sa masse. La seconde hypothèse est qu’il s’agit d’un type d’objet totalement nouveau, qui pourrait rester en orbite stable autour du pulsar pendant des milliards d’années.
Les chercheurs espèrent découvrir d’autres objets similaires pour confirmer ces hypothèses et mieux comprendre les processus de formation et d’évolution des exoplanètes dans des environnements extrêmes. Selon Michael Zhang, la découverte d’un “frère” à PSR J2322-2650b serait cruciale pour déterminer si cet objet est un cas isolé ou le représentant d’une nouvelle classe de mondes.
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