Des chercheurs de l’Université de Caroline du Nord ont découvert qu’une protéine immunitaire innée, appelée cGAS, régule le cholestérol et influence la croissance tumorale ainsi que la résistance aux thérapies. Ces résultats, publiés le 2 novembre 2026 dans le Journal of Clinical Investigation, éclairent le métabolisme cellulaire.
La protéine cGAS agit dans le noyau cellulaire
Connue comme un rempart contre les infections grâce à sa capacité à détecter l’ADN étranger dans le cytoplasme, la protéine cGAS agit également au cœur du noyau des cellules. Des travaux menés à la Lineberger Comprehensive Cancer Center montrent qu’elle s’associe à des régions spécifiques du génome pour moduler la transcription des gènes.
Cette fonction nucléaire permet à la protéine de contrôler la copie de l’ADN en ARN, influençant directement le métabolisme du cholestérol.
Selon les analyses, cGAS active la production d’une protéine nommée LGALS3.
Cela réduit la quantité d’acétyl-CoA disponible pour la fabrication du cholestérol.

« Nous avons longtemps considéré la protéine cGAS comme un capteur immunitaire innée, mais elle peut également agir comme un régulateur qui contrôle la façon dont les gènes sont copiés de l’ADN vers l’ARN et aide ainsi à contrôler le cholestérol et le métabolisme cellulaire. Ce double rôle a des implications majeures pour la biologie du cancer », a déclaré Pengda Liu, professeur associé de biochimie et de biophysique au Lineberger Comprehensive Cancer Center de l’Université de Caroline du Nord.
Sous la direction de Pengda Liu, professeur associé de biochimie et de biophysique au Lineberger Comprehensive Cancer Center de l’Université de Caroline du Nord, l’équipe a cartographié la position de cGAS sur le génome à l’aide de techniques de pointe.
Cette cartographie sert à identifier les cibles génétiques régulées par cette protéine.
Une absence de cGAS accélère le développement tumoral
Lorsque la protéine cGAS fait défaut, le processus s’inverse.

Les cellules accumulent un excès de lipides qui modifie la structure de leur membrane et active un signal de croissance favorisant le développement tumoral.
Les tests réalisés en laboratoire et sur des modèles murins par les chercheurs de l’UNC confirment que les tumeurs privées de cette protéine progressent nettement plus vite. La réintroduction de cGAS ou de la protéine LGALS3 dans ces modèles permet de freiner l’accumulation de cholestérol et de ralentir la prolifération des cellules cancéreuses.
Le métabolisme lipidique influence la résistance à la chimiothérapie
La perturbation du métabolisme lipidique observée en l’absence de cGAS rend également les cellules tumorales plus résistantes à la chimiothérapie, notamment face à la doxorubicine.
Les expériences démontrent qu’il est possible de renverser cette résistance en restaurant l’expression de cGAS ou de LGALS3.
« Notre prochaine question consiste à examiner comment ce rôle régulateur évolue, en particulier lors des différentes étapes du développement tumoral et au cours de l’apparition de la résistance aux traitements. Actuellement, nous ne disposons d’aucune approche d’intervention pharmacologique pour cette signalisation, et nous espérons que des études de suivi permettront d’identifier de nouveaux modulateurs chimiques que nous pourrons faire progresser en vue d’essais précliniques sur différents modèles animaux », a expliqué Pengda Liu, professeur associé de biochimie et de biophysique au Lineberger Comprehensive Cancer Center de l’Université de Caroline du Nord.