Home Technologie et scienceUne semaine avec ChatGPT Atlas m’a convaincu de le désinstaller

Une semaine avec ChatGPT Atlas m’a convaincu de le désinstaller

by Thomas Caron

Publié le 10 novembre 2025 à 01h02. L’engouement pour les navigateurs intégrant l’intelligence artificielle est palpable, mais les promesses d’une expérience de navigation révolutionnaire peinent à se concrétiser. Après une semaine d’utilisation intensive de ChatGPT Atlas, un nouveau venu dans cette arène, l’auteur tire un bilan décevant, soulignant un manque de réelle innovation.

  • Les navigateurs dotés d’IA se résument souvent à un navigateur classique auquel on a ajouté un chatbot.
  • ChatGPT Atlas, malgré ses fonctionnalités attrayantes sur le papier, s’est avéré lent, imprécis et peu fiable en pratique.
  • Les risques de sécurité liés à l’automatisation de la navigation par l’IA sont une source de préoccupation majeure.

Ces derniers mois, une multitude de navigateurs se présentant comme des outils de navigation « intelligents », « rapides » et « automatisés » ont fait leur apparition. La plupart de ces solutions s’appuient sur l’intelligence artificielle pour améliorer l’expérience utilisateur. Cependant, après avoir testé la quasi-totalité de ces nouveautés, une tendance se dessine : beaucoup se limitent à intégrer un chatbot à un navigateur existant, sans pour autant proposer une véritable rupture.

L’espoir était grand qu’OpenAI, l’entreprise à l’origine de ChatGPT, propose une approche différente. C’est pourquoi le lancement du navigateur ChatGPT Atlas a suscité un intérêt particulier. Après une semaine d’utilisation quotidienne, l’auteur a cependant été déçu, rejoignant ainsi le constat fait avec Dia, Comet et d’autres navigateurs similaires. Le logiciel a finalement été désinstallé, la quête d’un navigateur véritablement innovant se poursuivant.

Les fonctionnalités d’IA, aussi séduisantes soient-elles, ne garantissent pas à elles seules un navigateur supérieur. ChatGPT Atlas promettait une nouvelle façon de naviguer sur le web, en intégrant directement ChatGPT à chaque recherche. Il propose une barre latérale omniprésente et un mode « Agent » capable d’effectuer des tâches à l’utilisateur. Sur le papier, l’ensemble est impressionnant. Mais après une semaine d’utilisation, l’enthousiasme retombe rapidement. L’IA seule ne suffit pas à améliorer un navigateur.

À l’heure actuelle, chaque nouveau navigateur (Dia, Comet, etc.) adopte la même stratégie : prendre Chromium, le moteur open source sur lequel reposent de nombreux navigateurs, et y superposer un chatbot. Cela ne rend pas l’expérience de base plus intelligente, plus rapide ou plus agréable. Cela ajoute simplement une interface utilisateur supplémentaire à un outil qui fonctionnait déjà bien. Au bout d’un certain temps, cela devient répétitif. L’ajout d’un simple accès à un modèle de langage étendu (LLM) ne justifie pas un changement de navigateur.

Arc, un autre navigateur, a compris cet impératif. Avant d’intégrer l’IA, il a apporté des améliorations significatives à l’expérience utilisateur, comme des onglets verticaux pour une meilleure organisation et des espaces de travail dédiés pour séparer les activités personnelles et professionnelles. Même lorsque Arc a ajouté l’IA, l’accent a été mis sur l’amélioration du navigateur lui-même, par exemple en organisant automatiquement les onglets.

Avec Atlas, rien de tout cela n’est présent. On a l’impression que le navigateur existe uniquement pour démontrer la présence omniprésente de l’IA. L’auteur exprime son agacement face à cette tendance à vouloir intégrer l’IA à tout prix. Il souhaite voir une véritable refonte de l’expérience de navigation, et non pas simplement une couche d’IA superposée à un outil existant.

Le mode Agent semble lent et décevant

J’ai fini par réparer son travail de toute façon

Le mode Agent est censé aller au-delà de la simple réponse aux questions. Il est capable d’ouvrir des sites web, de cliquer sur des liens, de remplir des formulaires et d’effectuer des tâches sans intervention humaine. Sur le papier, c’est exactement la direction que devrait prendre l’IA : un navigateur qui automatise les tâches répétitives.

En réalité, le mode Agent s’avère lent et maladroit. Il rencontre des difficultés même avec des tâches simples, comme reconnaître la présence d’une barre de défilement. Il peut également se bloquer à mi-chemin d’une action ou s’écarter des instructions initiales.

Ce problème est d’autant plus préoccupant que le mode Agent est censé faciliter les tâches quotidiennes, comme l’ajout d’articles à un panier d’achat ou le remplissage de formulaires. Mais si l’utilisateur doit finalement tout refaire lui-même, quel est l’intérêt de l’agent ?

L’auteur a abandonné l’utilisation du mode Agent après avoir tenté de récupérer des données d’une feuille Google Sheets et de les coller dans un document Google Docs. Une tâche qui aurait pris quelques secondes a nécessité plus de trois minutes. Au final, l’agent n’a pas collé les données, mais a créé un résumé de la feuille et généré un rapport sur son contenu.

Il existe des risques de sécurité assez importants

OpenAI admet même qu’il pourrait y avoir des problèmes

Le principal problème n’est pas seulement l’imprévisibilité du mode Agent. Lorsqu’un navigateur est autorisé à interagir avec des sites web en votre nom, des risques de sécurité importants apparaissent. Un site web peut manipuler le comportement de l’agent en masquant des instructions cachées.

Ce phénomène, appelé « prompt injection », permet à un site web de détourner l’agent de sa tâche initiale. Par exemple, un utilisateur pourrait demander à l’agent de comparer deux téléphones et d’ajouter le meilleur au panier, mais le site web pourrait contenir des instructions cachées lui demandant d’ajouter l’article le plus cher ou de naviguer vers une autre page.

OpenAI reconnaît d’ailleurs sur la page de téléchargement d’Atlas que l’utilisation du mode Agent comporte des risques et recommande la prudence.

ChatGPT Atlas n’a toujours pas maîtrisé les bases

Malgré l’engouement pour la navigation axée sur l’IA, ChatGPT Atlas peine à maîtriser les fondamentaux. En supprimant la barre latérale ChatGPT et les fonctionnalités de l’agent, il ne reste qu’un navigateur Chromium basique. Il manque des fonctionnalités essentielles, comme la prise en charge de plusieurs profils, des outils de gestion des onglets efficaces et même des onglets verticaux. L’intégration de l’IA a été privilégiée au détriment de l’expérience utilisateur de base. Un navigateur est un outil que nous utilisons quotidiennement, et l’expérience de base doit être solide avant d’ajouter des fonctionnalités futuristes. Atlas ressemble davantage à une extension Chrome qu’à un navigateur complet.

L’auteur a finalement abandonné l’utilisation d’Atlas et est retourné à Chrome, en attendant qu’un navigateur repense véritablement la façon dont nous naviguons sur le web. Il espère qu’un jour, un navigateur proposera une véritable innovation, au lieu de simplement ajouter un LLM à un outil existant.

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