Washington – Une crise politique majeure menace de paralyser les nominations bancaires de l’administration Trump, après une rébellion inattendue au sein du Parti républicain, déclenchée par une enquête judiciaire visant le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell.
- Des législateurs républicains clés se sont publiquement opposés à l’enquête contre Jerome Powell, la qualifiant de tentative d’ingérence politique dans l’indépendance de la banque centrale.
- Le sénateur Thom Tillis a annoncé un blocage de toutes les nouvelles nominations bancaires, ce qui pourrait conduire à une situation de blocage au sein du Comité des services bancaires du Sénat (12-12).
- Cette situation complique la confirmation d’un éventuel successeur à Jerome Powell dont le mandat arrive à échéance en mai prochain.
La tension monte à Washington après la décision de la procureure générale Jeanine Pirro d’ouvrir une enquête pénale contre Jerome Powell, une initiative qui a suscité l’indignation de nombreux républicains. Ils y voient une tentative de l’administration Trump de faire pression sur la Réserve fédérale pour qu’elle abaisse ses taux d’intérêt. Cette affaire a provoqué une rare fracture au sein du parti au pouvoir, avec des voix influentes qui dénoncent une atteinte à l’indépendance de la banque centrale.
Le sénateur républicain de Caroline du Nord, Thom Tillis, a été le premier à prendre position, annonçant clairement son opposition à toute nouvelle nomination.
« Nous n’accepterons aucune nouvelle nomination. »
Thom Tillis, sénateur républicain de Caroline du Nord
Tillis accuse directement l’administration Trump de vouloir « mettre fin à l’indépendance de la Réserve fédérale ». La sénatrice Lisa Murkowski de l’Alaska a également exprimé ses préoccupations, soulignant que « les risques sont trop grands pour être négligés ».
La position stratégique de Tillis au sein du Comité bancaire est cruciale. Avec une répartition actuelle de 12 républicains et 12 démocrates, son opposition pourrait créer une égalité fatale (12-12), paralysant ainsi le comité et rendant impossible l’examen de toute nouvelle nomination. Selon des sources au sein du Congrès, une telle situation rendrait légalement « impossible » de soumettre un candidat au vote de l’ensemble du Sénat.
L’enquête contre Powell, initiée par des accusations concernant l’utilisation de « coûts de restauration des bâtiments » comme prétexte pour des poursuites pénales, est perçue par de nombreux républicains comme un « mépris de la raison » et une forme d’« intimidation politique ». Même les critiques de Powell s’inquiètent de la nature de cette enquête. Le sénateur Kevin Cramer du Dakota du Nord, bien qu’il qualifie Powell de « président raté », a déclaré qu’il « ne croit pas que Powell soit un criminel » et espère que l’enquête sera rapidement abandonnée.
La Maison Blanche défend sa position. Le président de la Chambre, Mike Johnson, nie que le ministère de la Justice soit devenu une « arme politique ». Cependant, la représentante Ana Paulina Luna de Floride a adopté un ton plus agressif sur la plateforme X :
« Les bureaucrates non élus n’ont pas droit à un laissez-passer… Personne n’est au-dessus des lois. »
Ana Paulina Luna, représentante de Floride
Le mandat de Jerome Powell arrive à échéance fin mai prochain. Pour être reconduit ou remplacé, un candidat doit obtenir le soutien d’une majorité du Comité des services bancaires, puis d’une majorité des 100 sénateurs. Sans le soutien de Tillis, et potentiellement d’autres, ces nominations restent pour l’instant incertaines.
