L’université de l’Utah va conclure un partenariat inédit avec une société de capital-investissement, une première dans le monde du sport universitaire américain. Cet accord, estimé à 500 millions de dollars (environ 460 millions d’euros), devrait être finalisé début 2026 et permettra à l’établissement de renforcer ses finances dans un contexte de mutations profondes du paysage sportif universitaire.
L’université a obtenu l’approbation de la NCAA (National Collegiate Athletic Association) pour cette collaboration, mais devra respecter certaines conditions pour conserver son statut au sein de l’organisation. Le président de l’université, Taylor Randall, et le directeur sportif, Mark Harlan, devront notamment conserver le contrôle majoritaire des décisions.
Ce partenariat donnera naissance à une entité à but lucratif, Utah Brands & Entertainment LLC, qui fonctionnera comme une filiale indépendante du département sportif, co-détenue par l’université et Otro Capital, la firme new-yorkaise. L’université conservera la majorité des parts et l’autorité décisionnelle concernant des aspects cruciaux tels que le calendrier des compétitions et les nominations d’entraîneurs, tandis qu’Otro Capital percevra un pourcentage des revenus annuels de la nouvelle société.
Un mécanisme de sortie est prévu dans les cinq à sept prochaines années, permettant à l’université de racheter les parts d’Otro Capital. Utah Brands & Entertainment sera également chargée de la répartition des revenus avec les athlètes de l’université. Mark Harlan présidera le conseil d’administration, qui désignera un président extérieur à l’établissement.
Les donateurs pourront également investir dans Utah Brands & Entertainment. Combinant les investissements des donateurs et l’accord à neuf chiffres avec Otro Capital, l’université pourrait ainsi lever plus de 500 millions de dollars, se positionnant favorablement dans cette nouvelle ère de partage des revenus pour les athlètes universitaires.
L’université de l’Utah est la première à s’engager dans une telle collaboration avec une société de capital-investissement. Cette initiative fait suite à la décision de justice dans l’affaire House v. NCAA (2024), qui a ouvert la voie à de tels investissements. Si d’autres universités et conférences avaient envisagé des options similaires, aucune n’avait jusqu’à présent conclu d’accord.
La Florida State University avait initialement exploré la possibilité d’investissements en capital-investissement, mais n’a pas donné suite. Des conférences entières, comme la Big 12, ont également étudié des propositions – une potentielle levée de fonds d’un milliard de dollars en échange de 20 % des parts – avant de finalement y renoncer. La Big Ten est actuellement en discussion pour un accord similaire, estimé à deux milliards de dollars, mais toutes les universités membres ne sont pas favorables.
Dans le nouveau contexte post-House v. NCAA, la capacité d’un département sportif à générer des revenus est directement liée à sa capacité à investir dans ses athlètes. Un financement accru permet d’attirer et de retenir les meilleurs talents, et donc d’accroître les chances de succès sportif. Si le modèle de l’Utah s’avère fructueux, les investissements en capital-investissement pourraient devenir une pratique courante dans le sport universitaire américain dans les années à venir.
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